LE ROI STANISLAS PO N I ATOWSKI , ETC
de Madame Geofïïin pour que l'amour de tous les deux soit resté, dans le moins platonique des siècles, un pur platonisme et un platonisme sans platitude, comme le platonisme l'est souvent. Stanislas- Auguste était bien charmant pour faire un Numa Pompilius, qu'on se représente toujours un peu pataud (est-ce parce qu'il fut un législateur ?), et elle bien vieille pour faire l'Égérie, mais ils furent cela pourtant tous les deux, en plein xvmc siècle, et le xvme siècle l'accepta. Elle fut le conseil de ce Roi qui n'eut que le cœur de royal et ne put jamais être Roi comme Numa et donner des lois à son peuple ; et elle le poussa, mais en vain, à être un grand homme, cet homme pour qui la gloire fut la seule femme qu'il ne pût séduire. Il y a tant de malechance dans les choses humaines que, sans faire une faute, il périt à l'œuvre, la conscience pure. Elle lui donna pour dernier conseil de laisser là la couronne qu'une femme lui avait mise sur la tête, et une femme (on sent le trait jaloux) qui n'était pas elle!... C'est le seul conseil qu'il ne suivit pas ; mais ill'eût suivi, qu'il n'eût pas effacé la faute de l'avoir acceptée.
Les femmes ne doivent nous faire que comme nous font nos mères ; autrement, c'est pour les hommes — les fissent-elles Rois !— une indignité.
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Le portrait gravé par Rajon à la tête du volume, et qui représente ce Roi de beauté créé-Roi politique par une femme, nous le montre avec son cou nud de taureau adouci découvert jusqu a la poitrine, et ses magnifiques épaules pleines de promesses viriles et nonobstant d'une grâce tombante d'épaules de femme. Le visage est si correctement beau qu'on en dirait une au lieu d'un homme, sans la coiffure, qui est celle des hommes de ce temps.
Les orbes des yeux ont l'éclat et la largeur de deux astres... Le front, carré, qui est le front de la sagesse selon Lavater, a, chose singulière ! les lignes rectes du front de Catherine IL Est-ce pour cela qu'elle l'a couronné ?... Assis négligemment devant une table et dans un somptueux négligé de satrape, — tout soie et fourrures, — il a devant lui sa couronne, dans le cercle de laquelle l'article, mélancolique fantaisie ! a placé un sablier, qui soutient une de ces belles mains tant embrassées par Madame Geoffrin dans ses lettres. Vu de trois quarts, il tourne vers une fenêtre ouverte ces yeux lumineux qui ue sont pas