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autre caractéristique fondamentale de ces monomanes
sexuel s- sanguinaires.
Sa maîtresse, Séverine, voudrait lui persuader <Iltuer son mari : mais il ne veut pas, il ne peut pas. Son cerveau, qui est sans défense devant l'obsession homicide, se cuirnssi l s\irm.' de scrupules devant l'id de tuer par calcul. — « Il n*;i!irait Jamais tué par raisonnement, dit Zola. Il lui fallait l'instinct de mordre, lo sûuI avec lequel on fond sur la proie. » — Et c'est magnifiquement dit.
En effet Jacques Lantier, pendant lu nuit où il attend avec Séverine le mari de cette dernière pour le tuer, sent peu à peu que sa pensés homicide se tourne vers la femme plutôt qna vers la victime désignée.
Ils étaient dans une maison isolée, b la campagne. Séverine avait écrit à son mari pour lui donner un rendez-vous. Jacques devait le frapper dès qu'il serait entré. Mais tout son organisme se révoltait au meurtre d'un homme.. • Plus le temps passait dans l'attente i-l que, seul avec Séverittô, il la regardait, la fixait, plus le vertige orotique sanguinaire surgissait ol grandis. Bail en lui, lentement, avec une persistance invincible... c Jamais il ne l'avait vue ainsi, la chemise ouverte ; elle était toute nue, le cou nu, les Beins nus. Il étouffait, luttant, déjà emporté, étourdi par le flot de son sang, dans l'abominable frisson. Et il se souvenait que le couteau était là, derrière lui, sur la table ; il le sentait, il n'avait qu'à allonger la main... »
Vis-à-vis de cette femme demi-nue le mal ancien le ressaisissait ; son cerveau était vide, des crampons de fer le tenaillaient derrière les oreilles, son corps faiblissait sous le galop de la bête humaine qui revenait. Et cette chair blanche de Séverine, lumineuse comme dans une splendeur d'incendie, l'attira. Ses mains n'étaient plus à lui devant l'ivresse trop forte de cette nudité de femme. Et il leva le bras armé du couteau, et tandis qu'elle lui criait, folle d'horreur : Pourquoi, me tuestu, moi, et non pas lui... ? il étouffa d'un coup de couteau le cri sur sa bouche — et la vue du sang le soulagea et l'assouvit comme celui qui a satisfait son désir, comme celui qui a accompli ce qui était son destin. Il avait enfin tué, il s'était enfin délivré de ce cauchemar, de ce délire qui l'oppressait (1).