‹ Littérature et criminalitéChapitre 4 sur 38 · ET CUMIN · texte numérisé non relu

ET CUMIN

ceux dont il* voudraient être les disciples et dont ils ne sont que la caricature.

La science coupe 1rs a'iles ù l'orgueil de ces médiocres, car elle démontre qu'il y a deux espèces de dégénérescence et d'anormalité : l'une propre aux hommes' de génie bu aux apôtres qui entrevoient une vérité nouvelle ou qui ae sacrifient pour un idéal ; l'autre propre

aux demi-fous qui exagèrent cette vérité avec les con-* torsions les plus comiques ou <pii profanent Cet idéal par les applications les plus odieuses. Certains symbolistes, certains esthètes, certains tmtauiques sont aussi éloignés de leurs modèles, que le crime d'un Rnvacliol est moralement al politiquement éloigne «lu crime d'une Charlotte Corday. Ils sont tous des i

B, c'est certain : mais les uns le sont au delà, les autres en deçà de cette invisible ligne de démarcation qui sépare le sublime du ridicule et l'héroïsme de l'infamie.

Non seulement on voudrait parfois contester aW savants le droit d'analyser l'individualité d'un artiste ; mais on voudrait aussi leur contester le droit d'analyser sociologiquement ses œuvres. Caci est une erreur, parce que l'art est une fonction sociale, et par conséquent, si les artistes peuvent juger delà beauté d'une œuvre d'art, les philosophes peuvent juger de son utilité. C'est une erreur encore, parce que l'art et la science sont deux fleuves majestueux, lesquels, tout en

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ayant un 1:0111s dillerent, jaillissent pourtant d'une même source et tendent vers une seule — invisible et peut-rire inaccessible — embouchui

Si nous jetons un coup d'œil sur la littérature moderne, cette communauté d'origine entre l'art et la science nous apparaît avec une indiscutable évidence

Qu'est-ce que cette lit t- le caractôris-

tiqui

Elle a de caractéristique le fait que chaque roman et chaque drame est plutôt une élude de vices qu'une étude de vertus, une un. dv.se de sentiments iinorm plutôt que de sentiments normaux, une œuvre qui décrit tout ce qui est méchant, morbide ou laid, au lieu de chanter tout es qui est beau et bon.

Prenez le roman naturaliste d'Emile Zola ou le roman psychologique de l'uul Hourget, prenez le symbolis septentrional ou ces expertises de l'ame humaine que sontles livres de Dostojewski, examinez enfin Coùn complète de Gabriele d'Annuozio, et voyei si toutes

ces formes littéraires — avec des moyens et des Lmls différents — ne traduisent pas la pathologie plntôt que lu physiologie du corps social.

Ceci ne dépend sûroment pas — contrairement à ce (pie Pierre Loti prétend ingénument — ^'nn eapri spontané du cerveau anormal des auteurs; mais la conséquence naturelle du mouvement de la pensée moderne dans le domaine de l'art.

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