‹ Littérature et criminalitéChapitre 9 sur 38 · E. Sue, Les Mystères de Paris, p. G, I. t · texte numérisé non relu

E. Sue, Les Mystères de Paris, p. G, I. t

EUGENE SUE

exercent le métier de voleur et d'assassin et. les hommes qui tAchent de lutter dans la vie avec des moyens honnêtes et normaux. Il eut aussi l'intuition de la cause de cette différence : un arrêt de développement, qui maintient le délinquant dans un état de brutalité sauvage, tandis qu'autour de lui le monde avance vers des méthodes «le jour en jour plus douces.

Et les types qu'il nous présente ne répondent pas seulement aux caractéristiques extérieures du type criminel et dégénéré (qu'il était déjà assez facile d'ébaucher alors sur les traces de Gall, de Lavater, d'Àttouryr et de leurs disciples), mais ils répondent aussi aux caractéristiques du tempérament criminel, que les savants reconnurent bien plus tard en examinant les condamnés dans les prisons et dans les bagnes.

Ainsi, le Maître rf/îcofe (voleur et assassin) est décrit avec une exactitude lonohrosienne, comme si Eugène Sue l'eût vraiment observé dans une prison : « ... Ses yeux gris, très clairs, très petits, très ronds, étincelaient de férocité ; son front, aplati comme celui d'un tigre, disparaissait à demi sous une casquette de fourrure ; sa tète, démesurément grosse, était enfoncée entre ses deux épaules larges, élevées, puissantes, charnues... Il avait les bras longs, musculeux. les mains courtes, grosses et velues jusqu'à l'extrémité des doigts, o

Bil nous présente un portrait analogue du Gros r (assassin) : «... sa physionomie bestiale, comme

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fa plupart do celtes de *<■* compagnons, se rapprochait beaucoup du type du bouledogue : son front déprimé, ses petits yeux fan w s, ses joues retombantes, ses lourdes màidioinrsdoiit l'inférieure très saillante était armée de longues dents, rendaient cette ressemblance animale plus frappante encore ».

Ainsi il décalque à peu près la même physionomie à propos d'un escarpe surnommé Le S que. le Ue à cause de sa maigreur : «... il avait le front fuyant en arrière, les mâchoires osseuses, plates, allongées. Les plus robus- ! t: i rut difficilement, à rétreinte de ses longs bras, de ses longs doigts décharnés... »

Et après nous avoir décrit d'autres types, qu'il feint d'avoir étudié à la Force, dans la salle où étaient enferles criminels los plus terribles et qui était surnommée à cause de cela La Fosse aux lions,\l ajoute : « un phrénologisto aurait attentivement observé ces figures baves et tannées, aux fronts aplatis ou écrasas, aux regards cruels on insidieux, à la bouche méchante On stupide, à la nuque énorme ".presque toutes offraient d'ellçayantcs ressemblances bestiales ».

Dnncles yeuxpetitset faux, le front fuyant, la longueur iIhs bras poilus, la tête grosse, et surtout les mâchoires très développées qui imprimaient à l'homme une ressemblance bestiale, — voilà quelques-uns des principaux caractères des criminels, qui sonteonfirmés aujourd'hui par des milliers d'observations et qu'Eugène Sue a eu lu talent de distinguer et de saisir dès cette époque

EUGENE SUE

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