‹ Littérature et histoireChapitre 20 sur 78 · PAU MI&UEL DE CERVANTES SAAVEDRA · texte numérisé non relu

PAU MI&UEL DE CERVANTES SAAVEDRA

Traduit et annoté par LOUIS VIARDOT Vignettes par T. JOHÂNNOT'.

(( J'imagine, dit Cervantes, dans la deuxième partie « de son Don Quichotte, qu'il n'y aura bientôt ni peu- « pie ni langue où l'on en fasse la traduction. » (T. H, p. 33.) L'augure de l'immortel écrivain s'est vérifié. Les deux siècles qui se sont écoulés depuis la publication de son œuvre en ont consacré et augmenté la gloire; et il n'est ni peuple ni langue du cercle européen qui n'ait adopté, autant que faire se pouvait, le livre de Michel Cervantes : succès mérité, merveilleux, et dont rien ne peut faire prévoir la limite dans les temps futurs. Et cependant, si, par la pensée, on présentait le livre de Cervantes aux générations mortes au lieu de le présenter aux générations qui naissent, nul doute ([u'il ne fut ni compris ni goûté, et qu'il ne parût le jeu d'une imagination vagabonde, sans charme, sans profondeur, sans utUité. Écrit en grec ou en latin, ces langues reines des autres, comme dit Cervantes

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