DE L'USAGE PRATIQUE
PAR
M. GUSTAVE D'EIGHTAL»
Un homme qui s'est occupé de plus d'un sujet philosophique, et qui vient de marquer sa trace dans l'étude toujours ardue des Évangiles, remet sur le tapis (on verra plus bas à quelle fin) la question, souvent débattue entre les érudits, de la prononciation du grec ancien. On sait que les nations littéraires de l'Occident, chez qui le grec fait plus ou moins partie de Téducation classique, le prononcent chacune suivant le son qu'elle attribue aux consonnes, aux voyelles, aux diphthongues, sans compter que chacune aussi accentue le mot suivant les règles d'accentuation qui lui sont propres. Comme très-certainement le grec n'a pas été fait pour être prononcé à la française, à l'italienne, à l'allemande, à l'anglaise, à l'espagnole, il est clair que toutes ces prononciations sont vicieuses, ce n'est pas assez dire, sont détestables. Mais elles se recommandent par leur commodité; car elles n'obligent à aucun exercice, à aucun elfort, puisqu'elles ne sont que la prononciation de la langue nationale appliquée au grec