LES ÉTOILES
Quand la terre, emportant nos rapides journées,
Dérobe à son soleil Cette moitié du monde où passent mes années.
Et la livre au sommeil ;
Alors je me complais à tourner avec elle
Sur la pente du soir , A mesure que vient cette scène éternelle,
Toujours nouvelle à voir ;
Alors l'œil, se plongeant dans les plaines profondes
Et le bleu ténébreux, Voit scintiller au loin les innombrables mondes,
Les innombrables feux ;
Mondes si reculés que rien que leur lumière
Ne parvient ici-bas; Feux si resplendissants que l'immense carrière
Ne les amortit pas.