‹ Littérature et moraleChapitre 5 sur 7 · M. MICHELET. — LA MER · texte numérisé non relu

M. MICHELET. — LA MER

pulaire et d'une histoire de France toute vivante de Tamour du pays, l'indulgence pour les poêles, à qui on pardonne beaucoup, la croyance à une certaine naïveté, qui semble seule expliquer des audaces et des élrangetés inconcevables; j'ajoute, en dernier lieu, le respect dû à sa situation. La disgrâce et Texil (M. Michelet n'a heureusement que la première), la disgrâce et l'exil sont perfides : ils créent autour d'un homme une illusion qu'il a bien de la peine à percer, illusion formée de l'enthousiasme des amis restés fidèles et des ménagements que s'imposent les indifférents ou les ennemis. Oui, souvent, à tous leurs autres maux la disgrâce et l'exil en ajoutent un fatal : ils vous enferment dans un monde artificiel, où vous vous sauvez du monde réel qui vous échappe; ils vous ôtent la vue nette de ce qui est, la vraie mesure des choses et votre vraie mesure. Eh bien ! plus cette illusion est forte, plus il faut se roidir contre elle, résister de tout son courage, et se conserver tel que le veut la cause à laquelle on s'est donné. Sans doute on n'est pas libre de servir son pays où il plairait de le servir ; niais on est toujours libre de fortifier en soi et autour de soi cette iiiison française, qui est aussi tine patrie.

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