‹ Littérature et voyagesChapitre 15 sur 53 · I8QU1S8B8 DD NORD · texte numérisé non relu

I8QU1S8B8 DD NORD

Quand il me quitte , Flots , pourquoi rentrainer si vite ?

Astres , protégez le sentier

Du nautonnier.

L^été ramène Le voyageur ; mais sur Taréne Je ne pourrai pas m^élancer

Pour t'embrasscr.

Car sous la terre On me couchera solitaire ^ Ou près d'un autre époux j'irai

Et languirai.

Aigle quMl aime , Reste , je t'aimerai de même.

Par moi chaque jour tes petits

Seront nourris.

Laisse mon voile :

Je te broderai sur la toile Des ailes d'argent, puis encor

Des serres d'or.

Aigle rapide , Regarde avec moi la mer vide ^ Monte sur mon épaule.... Hélas !

Il ne vient pas.

Je serai morte Quand il reviendra ; mais n'importe.

Et quand ton cri le saluera ,

Il pleurera.

156 B8QDISSB8 W KOaS.

n ne faut pas faire pleurer un héroiscandinaTe; c'est-à-dire quelque chose de fort semblable à Un pirate.

Quoi qu'il en soit de ce reproche, le poème est plein de beautés dans des genres très-divers ; il a eu un succès de vogue , un succès tout national. Ce qu'il y a de piquant, c'est que l'auteur a été ré* compensé de cette œuvre païenne par un évéché. En Suède , où l'état des finances ne permet pas un grand luxe de pensions.et de sinécures, tel estra<» vancement qui attend souvent des littérateurs et des savans^ distingués par un tout autre mérite que le talent de la prédication ou la science théo-' logique.

Du reste, la querelle entre les deux partis litté* raires, décidée par le meilleur argument, par de bons ouvrages, vient d'abputir à l'entière victoire du parti révolutionnaire. Atterbom a même eu avec le vieux Léopold une entrevue touchante , dans laquelle le jeune romantique s'est accusé de quelques vivacités de critiqué dont il avait été coupable dans le Phospkoros, et le vénérable patriarche de Técole classique, devenu aveugle par les années, s'est réconcilié avec son jeune adversaire. Ainsi il y a eu entre les deux camps guerre, triomphe et pacification.

Upsal était un des points qu'il m'importait le plus de visiter, surtout à cause des homme qu'elle renferme. Dans mon impatience d'ariver à Stock*

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holm , je n*aTua fait que la traverser. J'y retouroai bientôt.

£n arrivant à Ilpsal «j'éprouvai une impression profonde de tristesse et de solitude; c'était le temps des vacances. Les étudians, qui seuk animent d'ordinaire une ville d'université, étaient absens, et un silence absolu régnait dans les rues désertes. Rien ne fait mieux concevoir les travaux patiens des savans du Nojrd , que cet aspect studieux et recueilli de leurs universités.

L'organisation de l'université d'Upsal est celle des universités allemandes , modifiée à peu près comme à Copenhague; on y est de même exempt de cette fureur de duel, si générale en Allemagne parmi les étudians ; de même encore , au lieu de leur interdire de se réunir par nations , et de former ces associations nommées landmannschafi , qui ont tant effrayé la Prusse et l'Autriche , on exige que tout étudiant se fasse inscrire parmi ceux de sa province , et s'il est étranger, parmi ceux de sa nation. Il n'est jamais résulté aucun inconvénient de ces réunions , auxquelles l'université va jusqu'à fournir un local.

Je visitai M. Geyer et fis tomber d'abord la conversation sur V Histoire de Suède dont ^eVet" vais occupé dans le moment.

Le temps de l'union des trois royaumes , consommée sous Marguerite de Valdemar , fut pour la Suède une ère de servitude et d*oppression.

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