ESQUISSES DU 1«0RD
Avec le règne de Gastave-Wasa recommença son indépendance. Depuis ce grand homme, la cou* ronne cessa d'être élective , comme elle avait été jusqu'alors : elle est demeurée dans la famille des Wasa jusqu'au jour où elle a été placée sur la tête de Bernadette. Sous Gustave-Adolphe , on admit les femmes à régner. Durant la minorité de Christine, l'aristocratie devint puissante. Char* les XI porta les premiers coups à son ascendant , et dès lors commença entre elle et le trône une lutte continuelle. Sous la reine Ulrique , sœur de Charles XII, et son mari, Frédéric 1®', la prérogative fut limitée ,- c'était , me dit M. Geyer , l'époque où les diplomates français appelaient la Suède une république. Les états se rassemblaient tous les trois ans , et ne pouvaient être dissous. Tout était aux mains des états; ils faisaient la guerre et la paix , altéraient la monnaie , usurpaient le pouvoir judiciaire par des tribunaux temporaires , le pouvoir exécutif par le comité secret qui était le véritable gouvernement ; les actes législatifs devaient être signés par le roi , mais il ne pouvait refuser sa signature. £n 1756, la diète déclara que le nom du roi , en cas de refus , serait apposé avec un timbre, Gustave III voulut relever le pouvoir royal ; il fit un appel aux paysans de la Dalécarlie , qui le secondèrent contre les nobles ; le pistolet d'Ankastrom mit fin à cette lutte du pouvoir royal et de T aristocratie. Cette
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antipathie des grandes familles est un des garans les plus certains de Favenir de la race régnante.
Je fas accueilli à Upsal avec la plus franche cordialité pai' plusieurs jeunes gens de la nouvelle école. On sent qu'il doit exister une sorte de rivalité entre Stockholm , ville dont la culture est toute française; où prévalent encore, en philosophie et en littérature, les idées du dix-huitième siècle, où régnent les sciences physiques représentées par le grand nom de Berzelius , et Upsal ^ foyer d'une tendance spéculative critique et poétique analogue à celle de l'Allemagne. Il en est résulté , à Ce qu'il m'a semblé , dans les esprits contemplatifs d'Upsal , une sorte d'opposition à la direction positive de la capitale. Cette opposition a été accusée de mysticisme et même d'une sorte de prédilection pour les formes politiques et religieuses du moyen âge ; mais je crois qu'on l'a mal comprise. Si un certain libéralisme étroit a pu effaroucher des esprits étendus , c'est parce qu'il leur semblait despojtique et ignorant. Des novateurs ne peuvent être ennemis du progrès et de la liberté.
La bibliothèque d'Upsal contient un trésor qui pour moi était d'un prix infini, et que je ne négligeai pas de visiter, c'est le manuscrit fameux sou» le nom de Codex argenteus , le manuscrit d'argent.
Il contient une traduction en langue gothique d'une portion de la Bible. Cette traduction a été-