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avec personne. Il fit eaoore une pièce de vers pour son ami Arinbiorn , qui était établi en Norwège , où Ëgill ne pouvait plus aller parce qu'il s'y était fait trop d'ennemis.
Cependant les enfans d'£rik avaient été chassés de Norwège par le farouche Hakon Jarl. Un Scalde, nommé £inar, qui l'avait chanté ^ en reçut pour récompense un bouclier, ou d'anciennes traditions étaient peuites , et qui était orné d'or et dei pierres précieuses. Quant Ëioar revint en Islande , il fut visiter Ëgill t et ne le trouva pas chez lui ; après l'avoir attendu trois jours , il partit ; mais auparavant , il attacha le précieux bouclier à la muraille, et dit qu'il le donnait à Ëgill. Ëgill ne fut pastrès-touché de ce cadeau. Le misérable , s'écria-t-il, croit-il que je vais passer la nuit à faire des vers sur son bouclier ? Qu'on me donne inon cheval , je veux courir après lui , et le percer de part en part. Cependant il se radoucit, et composa même un chant sur le bouclier.
A la mort de sa femme , EgiJi laissa son habitation à son fils, et se retira chez un de ses neveux ; il ne revint plus vjers son fils. Biais celui-ci ayant une afiaire difficile à poursuivre devant le Thing , le vieil Ëgill s'y rendit avec une suite de^ quatrevingts hommes , et fit arranger l'affaire à l'avantage de son fils. Ëgill, agéde quatre-vingt-dix ans. avait perdu la vue et l'ouïe, mais conservait ses forces, et poète encore, déplorait en vers ses
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infirmités. On est touché d'une pitié profonde en voyant cet homme terrible, dont on a suivi, depuis l'enfance , la carrière agitée et sanglante, apprêter à rire aux servantes en trébuchant au moindre obstacle , ou leur demander dans un humble chant la grâce de rester auprès du foyer.
Toujours occupé des cofl'res pleins d'argent qu'il avait rapportés d'Angleterre , il forma le singulier projet de les porter à l'assemblée générale, de les répandre sur la montagne de la loi, et, par là, de mettre aux mains toute la population islandaise. Comme on l'en empêcha , il prit un matin avec lui les deux coffres et deux esclaves. Jamais on nerevit depuis ni coffres ni esclaves. Il mourut bientôt après.
La Saga se termine en nous apprenant que le fils et le neveu d'£gill se firent chrétiens ; elle finit ainsi avec l'époque payenne de Flslande dont elle décrit les mœurs avec une grande naïveté. Elle ajoute que les os d'£gill furent portés dans une église où on les retrouva plus tard , et où on l«^s reconnut à leurs graiïdes dimensions. i8on crâne était remarquable par son ampleur, son poids et sa dureté: un coup de hache, donné par une raain vigoureuse, ne put ni l'entamer ni le briser. Tel est le dernier trait que la tradition rapporte du célèbre Ëgill.
KRISTNI-SAGA-
3tUrobuctton bu ct|ri0tiam0me m Selanbt*
L'introduction du christianisme en Islande est réyénement général le plus important qu'offrent les annales de cette ile. L'histoire de son établissement présente plusieurs circonstances curieuses, qu'une Saga , nommée la Saga des chrétiens , a conservées.
£lle parle d'abord d'un Islandais nommé Thorvald , qui portait dans l'exercice de sa profession de Yiking des sentimens assez rares parmi cette classe d'hommes, et iqui le prédestinaient au christianisme : il employait à racheter des esclave» , une partie du butin qu'il faisait dans ses expéditions maritimes. Durant ses courses, il rencontra dans le pays des Saxons un évêque nommé Frédéric , qui le baptisa et l'instruisit dans la vraie religion. Thorvald resta quelque temps avecTévèque, puis lui demanda de le suivre en Islande , pour baptiser son père, sa mère et ses autres parens; Frédéric
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y consentit, et ils armèrent 4aas Tile cent ans après la colonisation. Frédéric ne savait pas la langue du pays, c'était Thorvald qui prêchait. Dans le commencement il fit peu de prosélytes. Thorvald engagea son père À se faire baptiser : celui-ci répondit qu'il voulait voir auparavant qui était le plus puissant de Févéque ou d'une pierre située dans son champ , à laquelle ses ancêtres adressaient des sacrifices, parce qu'ils croyaient qu'elle était habitée par leur génie familier. L'évêque s'approcha de la pierre et chanta sur.elle, de sorte qu'elle se brisa. Alors le père de Thorvald se fit baptiser avec toute sa famille , à l'exception d'un de ses fils. Puis les doux missionnaires continuent à parcourir le pays. Dans un de ces festins, qui en automne réunissaient un grand nombre de convives , ils trouvèrent deux hommes , de ceux nommés Bersekrs, qu'une sorte d'extase magnétique rendait insensibles aux coups , à Faction du feu, et dont elle triplait la force. Frédéric bénit le feu qu'ils devaient traverser, et ils furent brûlés misérablement. Les témoins de ce miracle se firent encore baptiser.
Enfin Thorvald et Frédéric parurent dans l'assemblée générale , et , du haut de la montagne de la loi (logbergi) , prêchèrent la religion chrétien ne au peuple.^ On les accabla d'outrages; Thorvald , qui n'avait pas encore fait de grands progrès dans la pratique de la patience chrétienne , punit une
c^nson satyrique, en tuant deux hommes. Quelque temps après , ayant appris qu'un de ses enne* mis était dans le voisinage , il s'y rendit avec son esclave et le fit mettre à mort. Quand Tévêque l'apprit, il menaça Thorvald de se séparer de lui , puisqu'il était si avide de vengeance. Le bon évê* que mourut bientôt , et Thorvald , depuis ce temps, ne s'oocupa plus que de commerce.
Ce singulier missionnaire eut pour successeur Thang-Brand , fils d'un comte de Brème , qui avait reçu, dans sa première jeunesse , d'un certain Ugbert, évéque de Cantorbéry , un bouclier sur lequel était peinte une croix. Malgré ce don pieux dont le jeune Thang-Brand aknait à se parer , et qu'il vendit cependant au roi Olaf Trygvason, l'apôtre futur continua de mener une vie toute payenne. Il eut d'abord .un duel en Danemark pour une jeune fille Islandaise qu'il avait achetée du prix de son saint bouclier. Obligé de quitter le pays , il se réfugie vers ce roi , qui lui donne à desservir la première église chrétienne qu'il eut construite , mais Thang-Brand n'en continuait pas moins ses courses et ses pirateries. Le roi Olaf le fit venir, et lui déclara qu'un homme de pillage ne pouvait continuer à exercer son ministère. Thang-Brand demanda au roi de le charger de quelque mission difficile ; le roi dit : Nous serons réconciliés si tu passes en Islande , et si tu y établis la religion chrétienne; Thang-Brand
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dit : Je ressaierai; et il partit Tété suivant.
L'assemblée générale de File avait rais les chrétiens hors la loi, et ordonné à leurs parens d'instituer contré eux une accusation pour mépris des divinités nationales.
Quand Thang-Brand aborda en Islande , per« sonne ne voulut le voir ni lui parler. Peu à peu cependant il fit quelques conversions, malgré les embûches qu'on lui dressait et les outrages qui pleuvaient sur lui ^ les poètes surtout , intéressés plus particulièrement à la cause de l'ancienne religion , exerçaient leur verve satyrique contre le nouveau culte. Thang-Brand et ses amis répondaient à ces injures par des meurtres: dételle sorte qu'il fut accusé d'homicide, dans l'assemblée populaire. 11 ne s'y rend point , et continue le même genre de vie ; tantôt préchant , disant la messe ; tantôt se battant avec ses ennemis. Enfin il retourne en Norvfège, auprès d'Olaf , sans avoir entièrement réussi.
Ce roi , irrité des mauvais traitemens qu'on avait fait subir en Islande à ses envoyés , garde en otage quelques Islandais appartenant aux principales familles de l'île, qui étaient venus près de lui , et les menace de la mort , si deux chefs islandais, qui étaient chrétiens , ne parviennent à convertir leurs compatriotes. Ceux-ci , qui se nommaient Hialti et Gissur , se rendent à l'assemblée générale , avec leurs parens et leurs amis bien
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armés. Le parti des payens en &it autant , et toat annonçait un combat; mais le lendemain on voit s'arancer yers la montagne de la loi sept bommes en habits pontificaux, portant des croix etbràbnt de l'encens. Hialti et Gissur parlent ; leor éloquence frappe la multitude, les deux partis se séparent , et conviennent de vivre chacun suivant ses lois. Un incident remarquable se présente en ce moment : un homme accourt, hors d'haleine; il annonce que le feu souterrain vient de faire éruption. Les payens s'écrient qu'il n'est pas sur- ]>renant que de -tels discours irritent les dieux. Mais un chrétien qui ne manquait pas de présence d'esprit et de quelques connaiie^iamces géologiques, répond : £h I qui donc irritait les dieux , quand le rocher sur lequel nous sommes était embrasé ?
Les payens prennent la résolution d'immoler deux hommes par province , et d'obtenir ainsi de leurs dieux d'arrêter les progrès du christianisa me. D'autre part, les deux missionnaires chrétiens s'écrient : « Les payens immolent des coupables qu'ils précipitent des montagnes ou des rochers ; mais nous choisissons parmi les meilleurs d'entre nous des victimes pour les immoler à notre seigneur Jésus-Christ. lious nous offrons tous deux pour notre province. » £t aussitôt chaque autre province offre ces étranges martyrs, qui ne sont point acceptés.
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Cependant Thorgeir , Thomme de la loi, le chef de ]a république Islandaise, fait assembler tout le peuple : il dit que l'État est en danger si les habitans suivent des lois diverses; il dissuade de la guerre, il engage à la paix et à la modération. Je pense , dit-il , qu'il ne faut pas écouter ceux qui sont le plus violemment opposés ; qu'il faut plutôt tenir le milieu; de sorte que chacun obtienne une partie de ce qu'il réclame , et ainsi avoir une seule loi ,' un^ seule coutume : car , qui divise la loi , brise la paix. Tout le peuple, persuadé par Thorgeir , lui crie de prononcer, qu'on se soumettra à sa décision.
Alors il prononça :
Que tous les Islandais devaient être baptisés et adorer le même dieu ; que quant à Tusage d'exposer les enfans , et de manger de la chair de cheval , il serait conservé ; qu'on pouvait sacrifier en secret ; mais que si on sacrifiait devant témoins, on serait exilé pour quel(|ues années. Cette singulière convention fut acceptée en l'an 1000. Toute l'assemblée se fîtbaptiser , la plupart dans des sources thermales ; et quelques années après il n'y avait plus de payons avoués en Islande.
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