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Didyme.— Comme Evagrius, Didyme a été après sa mort, compromis par l'origénisme de certains de ses ouvrages. Aussi beaucoup de ses livres n'ont-ils pas été conservés, et nous n'avons qu'un petit nombre d’entre eux dans leur texte original.
Didyme avait dû naître vers 313. Il devint aveugle de très bonne heure, ce qui ne l’empêcha pas d'étudier avec tant de zèle qu'il fut l’un des plus savants hommes de son temps. Parmi ceux qui reçurent ses leçons, l’histoire rappelle les noms d'Evagrius, de Palladius, de saint Jérôme. Lorsqu'il mourut en 398, il avait accompli une tâche considérable et composé des ouvrages sur toutes les questions intéressant la théologie et l’exégèse.
Théologien, Didyme avait écrit Sur les sectes, Sur le Saint-Esprit, Sur la mort des enfants, Contre les Ariens, Contre Eunome, Sur la Trinité, Commentaires sur le De principiis d'Origène, Contre les Manichéens, De l'âme, De la foi, et d’autres encore. De tout cela, il nous reste le traité sur le Saint-Esprit, dans une traduction latine de saint Jérôme: le traité sur la Trinité, dans un seul manuscrit mutilé; peut-être les livres contre Eunome conservés sous le nom de saint Basile; et une partie du traité contre les Manichéens.
Exégète, Didyme avait commenté une grande partie des livres de l’Ancien et du Nouveau Testament. Les chaînes nous ont transmis sous son nom de nombreux fragments, dont la critique est loin d'être aisée et qui sont certainement d'origine très mélangée. Une explication des Epîtres catholiques, traduite par les soins de Cassiodore, renferme certains passages de Didyme, mais d’autres aussi qui appartiennent à des auteurs différents. |
Une œuvre aussi étendue et aussi variée suppose, chez son auteur, une remarquable application au travail. De fait Didyme nous apparaît comme un esprit assez peu original, incapable d'invention, mais fidèle interprète de la tradi-
tion. Il cite beaucoup d'auteurs, surtout des auteurs profanes, dont il devait emprunter les textes à des florilèges et parfois des écrivains ecclésiastiques, tels que saint Basile. Il imite aussi beaucoup, sans le dire: et s’il rejette d'Origène tout ce qu'un catholique de la fin du 1v° siècle était obligé de rejeter, il conserve ce qu'il peut de la doctrine d'un maître qu'il vénérait. Son style sans éloquence, est monotone dans sa correction; son esprit lent n’aboutit qu'à force de répétitions. Du moins ce parfait honnête homme est bon, doux, patient, généreux. Il cherche à convaincre plutôt qu’à condamner. Il est pieux et parsème ses ouvrages de tendres invocations à la Trinité, au Christ, aux Anges. Il reste un bel exemple de zèle pour l'étude, et ses livres nous permettent de dresser un bilan assez exact de la pensée théologique au lendemain des grandes controverses trinitaires, à la veille des grandes controverses christologiques.