‹ Littérature grecque chrétienneChapitre 13 sur 29 · DA DU · texte numérisé non relu

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n’a soutenues afin de pouvoir compléter le chiffre symbolique qu'il doit atteindre. Saint Hippolyte, est, en bien des cas, son guide préféré, sinon unique. Son érudition n'est pas àla hauteur de sa bonne volonté. Mais pour le IV® siècle, il est un témoin admirablement renseigné: et son zéle pour la défense de la foi l'amène souvent à reproduire des documents ou des traditions dont la connaissance nous est précieuse : nous lui devons des textes importants sur le schisme mélitien, sur le parti homéousien, sur l’anoméisme, bien d'autres encore.

C'est le Panarion surtout qui a rendu le nom de saint Epiphane familier à tous les historiens. Deux petits traités d'archéologie biblique, Sur les mesures et les poids, et Sur les douze pierres sont assez oubliés. Mais l'ouvrage sur les hérésies ne saurait être assez consulté. Il est mal écrit, et mal composé; les réfutations, longues et banales, des diverses erreurs sont généralement assez insignifiantes. Epiphane n'est décidément pas une intelligence de tout premier ordre. Du moins est-il sincère et c'est beaucoup: il aime profondément l'Eglise et c’est mieux encore. Il n’est pas sûr, qu'il ait, durant sa vie, rendu à l'orthodoxie tous les services qu'il s’est imaginés, et l’on ne saurait approuver en tout sa conduite. Depuis sa mort, il a été l'indispensable introducteur des historiens dans l'étude des hérésies. À ce titre du moins, il n'est pas un travailleur qui ne lui doive sa reconnaissance,

Les Constitutions apostoliques. — Bien d’autres écrivains de la Palestine et de la Syrie pourraient encore être cités, si du moins il s'agissait ici de fournir des listes complètes, plutôt que de donner une exacte vue d’ensemble. Il serait pourtant injuste de passer sous silence les Constitutions apostoliques, qui sont une des œuvres les plus caractéristiques de la Syrie vers la fin du 1V° siècle.

On a déjà vu que la Syrie est le pays des règlements litur-

giques et disciplinaires. Les Constitutions ne sont autre chose qu’un de ces règlements, adapté auüx conditions houvelles de la vie. Les six premiers livres reproduisent, dans une édition notablemént corrigée ét remaniée la vieille Didascalie des apôtres; les chapitres 1-XXxI1 du septième livre sont de même un remañiement de la Didachè, tandis que les chapitres XXXIHI-XLIX contiennent dés formules dé prières et des ordonnänces évidémment anciennes. Seul lé huitième livre est original et fournit une intéressante description de la liturgie en usage dans le milieu où a vécu lé compilateur. Il semble bien que celui-ci n'était que médiocrernénit orthodoxe : après en avoir fait un semi-ärien, la critique y voit actuellement un apollinariste, le même qui a refondu les lettres de saint Ignace pour en donner üne recénsion plus longue et plus riche. Les Constitutions apostoliques n'en sont pas moins précieuses à consulter pour les cäñonistes et les historiens, qui y trouvent des renseignements de prermier ordre. Leur auteur, semble-t-il, aurait voulu davantage, car le soin avec lequel il cherche à accréditer sa compilation, en là plaçant sous l'autorité vénérée des apôtres et de sairit Clément, permet de croire qu'il sé proposait de rédiger un véritable code à l'usage des Eglises syriennes. Nul ne l’a pris au sérieux : le concile quiniséxte de 692 accepta bien les quätre-vingt-cinq canons qui terrinent l'ouvrage, mais repoussa le reste comme aÿant été corrompu par les hérétiques. L'Occident ignora les Conistitutions. Il était réservé à notre époque de s'intéresser à elles et d'étudier avec soin la littérature touffue dont elles font partie.

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