CHAPITRE II
excellence, et le grand souvenir de l’apôtre saint Jean,
qui a si longtemps vécu à Ephèse continue à planer sur toutes les Eglises de ce pays. On garde son esprit: on reste fidèle à ses traditions; même lorsque ses disciples ont disparu à leur tour, on aime à rappeler l'enseignement qu'il leur donnait et dont on veut continuer à vivre. Cependant il n'est pas possible de sauvegarder partout l’orthodoxie de la foi : dès les jours de l’apôtre, des hérésies ont pris naissance dans la province d'Asie et dans les provinces voisines; elles se développent après sa mort. Durant la seconde moitié du 11° siècle, la Phrygie est violemment secouée par la crise montaniste: un peu plus tard, Noet enseigne à Smyrne. La paix semble renaître au INI° siècle: mais peut-être ne le croyons-nous que par suite de notre ignorance. Quelques noms surnagent à peine de l'oubli, qui nous font bien mal connaître les hommes et les œuvres des cent années antérieures à la paix de Milan.
| "ASIE Mineureest au second siècle la terre chrétienne par
Les disciples de saint Jean. — Des disciples de saint Jean, le plus célèbre est saint Polycarpe de Smyrne, qui fut martyrisé en 155 ou 156, à l’âge de quatre-vingt-six ans. Pendant de longues années, il fut à la tête de l'Eglise de Smyrne:il en occupait déjà la chaire épiscopale lorsque, vers
110, Ignace d’Antioche traversa cette ville: 1l noua alors avec lui des relations d'amitié qui trouvent leur expression dans deux lettres adressées par Ignace, l’une à la communauté smyrniote, l’autre à l'évêque lui-même. Après le séjour d’Ignace, il fut invité par les chrétiens de Philippes à leur envoyer une collection complète des lettres rédigées par l’évêque d’Antioche : à cette occasion, 1l écrivit aux Philippiens une Epiître pleine de conseils moraux et de recommandations pratiques, mais assez terne d'ailleurs. Beaucoup plus tard, en 154, nous retrouvons Polycarpe à Rome, où 1l était allé s’entretenir avec le pape Anicet de questions disciplinaires. Peu de temps après son retour à Smyrne, 1l était mis à mort. De son martyre, nous avons un émouvant récit dans une lettre adressée par « l'Eglise de Dieu qui pérégrine à Smyrne à l'Eglise de Dieu qui pérégrine à Philomélium et à toutes les paroisses en tout lieu de l'Eglise catholique ». Cette lettre, rédigée par des témoins oculaires, est un merveilleux témoignage de la piété chrétienne : la sobriété de son récit laisse transparaître des âmes ardentes et fières, et la vaillante personnalitédu vieil évêque y est mise en un saisissant relief.
Un ami de saint Polycarpe, Papias, évêque d'Hiérapolis en Phrygie, n'est guère moins célèbre. Sa célébrité d'ailleurs est faite presque tout entière du mystère qui l'environne. [I avait composé, paraît-il, un ouvrage en cinq livres, intitulé Exégèses des paroles dominicales, que citent saint Irénée et Eusèbe. Mais les fragments donnés par ces deux auteurs sont insuffisants pour nous faire connaître la véritable nature des logia qu'expliquait Papias, si bien que depuis de longues années les critiques font de l'ouvrage perdu du vieil évêque d'Hiérapolis le thème, assez peu varié, d'innombrables et vaines dissertations. Esprit étroit et borné, selon le témoignage d'Eusèbe qui avait lu ses ouvrages, Papias ne méritait peut-être pas tout le bruit fait autour de son nom.
D'autres disciples de saint Jean, mais anonymes, sont cités à plusieurs reprises par saint [rénée, qui aime à faire état de leur témoignage. L’évêque de Lyon leur donne le nom général de presbytres, qu'employait déjà Papias pour désigner ses propres informateurs. Il n’est pas sûr qu'aucun de ces presbytres ait jamais écrit. Les fragments qu'on en possède peuvent avoir été recueillis simplement par la
tradition orale.
C'est enfin à l’école de saint Jean que se rattache, à la fin du 1° siècle, l’évêque d'Ephèse, saint Polycrate, dont nous avons encore une lettre, fière et hautaine, adressée au pape saint Victor au sujet de la date de Pâques. Polycrate, dans cette lettre revendique avec assurance la légitimité des traditions asiates, et parle, avec une impressionnante sérénité, des six évêques qui ont été pris, avant lui, dans sa propre famille.
Lesadversaires de l’hérésie.— Peu après 160, toute l'Asie fut troublée par une erreur sortie de la Phrygie, et dont les chefs annonçaient la prochaine descente de la Jérusalem céleste. Montan, tel était le nom de l’hérésiarque, n avait sans doute pas écrit: il s'était contenté de prononcer des oracles que ses disciples recueillaient avec soin. Ses fidèles ne durent pas écrire beaucoup plus. Mais les orthodoxes se crurent obligés de réfuter par le menu les afñirmations de la nouvelle prophétie. Une littérature très riche se constitua de la sorte, dont les auteurs étaient les évêques des principales Eglises d'Asie. Il n’en reste plus que d’informes fragments, et nulle perte peut-être, dans le domaine de l’ancienne littérature chrétienne, n’est aussi regrettable que celle des apologies antimontanistes de ces vaillants évêques.
De Miltiade, dont nous ne savons même pas avec certitude s'il fut un AÂsiate, et qui dut écrire sous le règne de Marc-Aurèle, Eusèbe cite les titres de trois apologies :
Contre les Juifs, Contre les Grecs, Aux princes. Nous connaissons encore le titre d’un autre ouvrage : Qu'il ne faut pas qu'un prophète parle en exiase, évidemment dirigé contre Montan et ses adeptes.
Apollinaire d'Hiérapolis en Phrygie, n'est guère mieux connu. C'est toujours à Eusèbe que nous devons la liste de ses écrits : ure apologie à Antonin Pour la foi, un traité Contre les Grecs, deux livres Sur la vérité, dirigés peut-être contre les Juifs, et des lettres contre les prophètes montanistes. Mais il ne reste rien de tout cela, qui remontait au temps de Marc-Aurèle.
De Méliton de Sardes, l’une des gloires de l’Eelise d'Asie dans la seconde partie du II* siècle, nous avons du moins quelques fragments: débris informes d’une riche production littéraire, qui comptait au moins une vingtaine d'ouvrages : Sur la Pâque, Sur l'Eglise, Sur le dimanche, Sur les prophètes, Sur la nature de l'homme, Sur la création, Sur l'obéissance des sens à la foi, Sur l'âme et le corps, Sur le Baptême, À Antonin, La clef; bien d’autres encore, dont la seule liste est impressionnante et nous fait deviner, en l'auteur de tant de livres, un de ces esprits encyclopédistes qui s'intéressent à tout et dissertent avec une égale facilité de tous les grands problèmes. Comme on pouvait s'y attendre, le nom d'un écrivain si prodigieusement fécond a été exploité par les faiseurs d’apocryphes:; parmi les fragments mêmes qui nous sont parvenus sous le patronage de Méliton, beaucoup sont d’une authenticité douteuse, tandis que d’autres sont certainement des faux.
Apollonius, qui combattit le montanisme vers 195, n’est pour nous qu'un nom. Par contre nous ignorons le nom de l'écrivain à qui est dû le seul écrit antimontaniste dont Eusèbe ait copié d'importants fragments. Cet anonyme, très bien renseigné su: les débuts de la secte, très vivant, avait dédié son ouvrage à un certain Avricius Marcellus, évêque d Hiérapolis, dont, par la plus curieuse des coïnci-
CRE dences, nous possédons encore l'épitaphe, une des plus importantes inscriptions que nous ait léguées l'antiquité chrétienne.
Apocryphes.— Le peuple a toujours aimé ies belles histoires. Celui qui lui en raconte est sûr de lui plaire, et son succès est d'autant plus grand qu'il y introduit plus de détails merveilleux. À mesure que l’on s’éloignait du temps où avaient vécu le Seigneur et les Apôtres, on se prenait à regretter de savoir si peu de choses sur leur vie et de ne trouver que de si pauvres renseignements dans les livres authentiques des apôtres et de leurs disciples. [Il était facile d’ailleurs de remédier à cette ignorance : ne suffsait-1l pas de composer des livres nouveaux, où l'imagination suppléerait aux lacunes de l'histoire? L'esprit positif des chrétiens de Rome les protégea longtemps contre l'invasion des apocryphes: mais ailleurs on succomba à la tentation, et l'on se laissa aller d'autant plus volontiers, que l’on pouvait trouver ainsi une admirable occasion pour recommander aux lecteurs des doctrines plus ou moins orthoedoxes. Les grandes ofhcines d’apocryphes furent les communautés hérétiques, mais 1l serait faux de prétendre que, dans la grande Eglise, personne ne se prêta jamais à une telle fabrication.
Rien n'est plus obscur d’ailleurs que de suivre l’histoire de ces Evangiles ou de ces Actes imaginaires. Publiés sous des noms d'emprunt, très vite répandus loin de leur pays d'origine, sans cesse transformés par des lecteurs ou des traducteurs avides de nouveaux détails, le propre de ces livres est d'être un bien commun, d'exprimer un moment de l'âme populaire, et, sans avoir été jamais reçus par les autorités ecclésiastiques, d'exercer partout une influence invisible et profonde.
Le 11° siècle a vu naître ainsi beaucoup de ces merveilleux récits, et l'Asie n'est pas restée étrangère à leur publication
bien que d’autres provinces aient peut-être été plus audacieuses et plus fécondes. C’est à l'Asie par exemple, et aux environs de l’an 170, que remontent les Actes de Paul, rédigés à ce que nous apprend Tertullien, par un prêtre enthousiaste de Paul, qui fut déposé pour ce fait. Peut-être est-ce encore à l'Asie que se rattachent les rédactions originales des Actes de Pierre, des Actes d'André, des Actes de Jean, que nous lisons aujourd’hui en des adaptations secondaires, et maintes fois transformées.
Du plus haut intérêt est une Lettre des Apôtres, conservée en copte et en éthiopien, et qui, censée écrite après la Résurrection du Christ, donne à ses destinataires des conseils moraux, des instructions liturgiques, et même des renseignements sur le monde de l'au-delà. On peut la dater de la période 160-180 et y voir encore un écrit asiate.
Les Odes de Salomon, retrouvées dans une traduction syriaque et dont quelques-unes existent aussi en copte, peuvent également avoir l'Asie pour pays d’origine. Du moins leur style, leur vocabulaire, peut-être même leurs enseignements sont de nature à rendre cette conclusion vraisemblable. D'une théologie hésitante, sur le sens de laquelle les critiques ne se sont pas encore accordés, ces odes sont l'expression d’un mysticisme ardent; elles restent, à notre connaissance, un des plus précieux témoignages d'une prière chrétienne qui essaie de traduire le divin mystère.
Les Grecs. — D'Ephèse à Corinthe et à Athènes, la route est brève et facile. Les relations ont toujours été fréquentes entre les deux rivages de la mer Egée, et les chrétiens de la Grèce continentale ont gardé avec ceux d'Asie les relations les plus étroites. Aussi est-il naturel de signaler ici ceux d'entre eux qui, au second siècle,se sont distingués dans l’histoire littéraire.
La liste sera d’ailleurs brève. Elle peut s'ouvrir avec
Quadratus, qui, vers 125, adressa à Hadrien une Apologie
du christianisme, dont Eusèbe a conservé une phrase rela« tive aux miraculés du Sauveur. Elle se poursuit avec Aristide, philosophe d'Athènes, auteur lui aussi d’une Apologie dédiée à Antonin le Pieux : nous possédons cette apologie en syriaque et partiellement en arménien; nous la pos sédons même en grec, enchâssée par un compilateur peu scrupuleux dans la légende des saints Barlaam et Joasaph, où personne ne songeait à la rechercher; de nouveaux fragments en ont été découverts dans les papyrus.
Un peu plus récente est l’Apologie d'Athénagore, quiest appelée Supplique pour les chrétiens, et qui fut adressée en 177 aux empereurs Marc-Aurèle et Commode. Athénagore est également un Athénien. Mn lui doit, outre son apologie, un traité De la résurrection des corps. La conservation de ces deux ouvrages est pour nous une bonne fortune, car ils nous font connaître un véritable philosophe, instruit, méthodique, clair; l’un des premiers parmi les chrétiens qui sache composer un livre et faire valoir un argument. Ses preuves ne sont pas neuves, pas plus d’ailleurs que les accusations auxquelles 1l se propose de répondre. La rigucur, un peu sèche, de son exposé lui mérite une place de choix parmi tant d’autres apologistes, qui, au If siècle, se sont efforcés, avec plus ou moins de succès, de défendre devant les empereurs la religion chrétienne.
Le seul évêque de Grèce qui, au 11° siècle, doit être cité ici est Denys de Corinthe, un contemporain du pape Soter (166-175). Eusèbe possédait un important recueil de ses lettres écrites aux Eglises de Lacédémone, pour la paix et l'unité; d'Athènes, sur la foi et sur la vie selon l'Evangile: de Nicomédie, sur le canon de la vérité contre Marcion:; de Gortyne en Crète, contre les hérétiques: d'Amastris, sur le même sujet, spécialement contre les Encratites: de Cnossos, de même; de Rome, celle-ciadressée nommément au pape Soter; enfin à Chrysophora, dame chrétienne. Le
LT
nombre de ces lettres, la variété de leurs destinataires, mettent en un saisissant relief l’activité d'un grand évêque à cette lointaine époque : on découvre admirablement par là la puissante réalité de l'unité chrétienne.
Le III° siècle. -- L'Asie Mineure, qui avait fourni à l'Eglise tant de grands écrivains au II siècle, est à peine représentée dans l'histoire littéraire du 111€ siècle. Il faut se rappeler d'ailleurs que nous connaissons très mal, et seulement par des épisodes détachés, les événements de cette longue période. Notre ignorance est ainsi la véritable explication d'une apparente stérilité.
Firmilien, évêque de Césarée en Cappadoce, exerça de son temps une très profonde influence. Il était en route pour Àntioche où il devait prendre part à un concile contre Paul de Samosate, lorsqu'il mourut en 268 : il y avait près de quarante ans qu'il exerçait l'épiscopat, et il s'était intéressé à toutes les grandes affaires de l'Eglise. 1] est surtout connu par une lettre extrêmement violente qu'il écrivit à saint Cyprien à propos de la validité du baptême des hérétiques, lettre que l'évêque de Carthage trouva bon de traduire en latin et d'insérer dans sa propre correspondance. C'est une pièce curieuse, pleine de renseignements sur l’histoire des chrétientés asiates au 11° siècle, en même temps que la révélation d'un caractère entier, absolu, intraitable. La thèse de Firmilien est fausse, ses arguments mauvais: mais sa lettre, comme document psychologique, garde une inestimable valeur. L'évêque de Césarée avait composé d'autres écrits, spécialement sur Ja question du Saint-Esprit : il ne s'en est rien conservé.
Saint Grégoire, évêque de Néocésarée dans le Pont, est d'une autre grandeur que Firmilien. I} fut dans sa jeunesse l'un des plus illustres disciples d'Origène, dont il suivit les leçons pendant cinq ans, de 233 à 238: esprit cultivé, intelligence ouverte: avec cela, une âme d'apôtre dévorée de zèle
ns de DNS RS EN
un cœur rempli de foi et d’une foi capable de transporter les montagnes. Sa longue carrière épiscopale, qui se prolongea jusque vers 270, est remarquable par le grand nombre des conversions qu'il opéra dans son diocèse et par les miracles dont Dieu se plut à récompenser sa foi. Au milieu de ses occupations, Grégoire trouva pourtant le temps d'écrire; mais la plupart de ses ouvrages offrent un caractère pratique très prononcé et répondent à des préoccupations actuelles.
Le plus ancien de ces ouvrages est un Discours de remerciement à Origine, prononcé en 238, au moment où l’étudiant, devenu maître à son tour, allait quitter l’école. Il y a là beaucoup de rhétorique, un enthousiasme juvénile qui prête parfois à sourire, mais tant de vraie reconnaissance, tant de fidélité émue, qu'on finit par se laisser prendre à ce beau morceau d'allure classique, où l’on trouve par surcroît de précieux renseignements sur les méthodes employées à l'école de Césarée.
Viennent ensuite un symbole de foi, une lettre canonique, une paraphrase de l'Ecclésiaste, un livre à Thécpompe Sur la passibilité et l'impassihilité de Dieu: pour ne rien dire des ouvrages perdus tels qu'une Discussion avec Aelien. Tout cela est intéressant pour l'historien, plus encore que pour le littérateur. Grégoire, s'il l'avait voulu, aurait pu être un rhéteur. Il préféra être un évêque et n'écrire qu’en cas de nécessité, pour exposer sa foi, pour indiquer les mesures à prendre à l'égard des pécheurs, pour combattre les païens. Il est permis de croire qu'il fit bien.
On trouve beaucoup plus de littérature dans l’œuvre de saint Méthode, évêque d'Olympe en Lycie, martyrisé vers 311 sous Dioclétien. Nous re savons rien de la vie de Méthode : c'était un adversaire d'Origène; pour se venger de ce qu'il regardait comme une trahison, Eusèbe n’a pas parlé de lui, et personne n’a pu réparer cette omission. Du moins beaucoup de ses ouvrages sont conservés, les uns
en grec, d'autres dans des traductions slavonnes, qui témoignent le succès prolongé de l'évêque d'Olympe.
Dans ses écrits exégétiques : De la distinction des aliments et de la génisse dont le sang purifiait les pécheurs, De la lèpre: De la sanssue et sur ces paroles : les cieux racontent la gloire de Dieu, Méthode ne craint pas d'employer les procédés allégoriques chers à Origène et à l’école d'Alexandrie. Par contre, 1l les combat sans pitié dans ses livres philosophiques et théologiques : le traité Sur la résurrection est une réfutation impitoyable, mais habituellement juste, du spiritualisme exagéré du maître égyptien: l'ouvrage Sur le libre arbitre est dirigé contre surtout le dualisme gnostique et les thèses valentiniennes relatives à l’origine du mal.
Le plus curieux des écrits de Méthode, le plus lu et le seul dont nous ayons en grec le texte complet, est le Banquet des dix Vierges, qui constitue une apologie de la virginité. Le titre en est déjà caractéristique et manifeste à lui seul l'intention que poursuit l’auteur d’imiter Platon. Cette intention se révèle tout le long de l'ouvrage, rédigé en forme de dialogue, un dialogue assez terne qui se ramène presque à une série de longs discours. Îl est bien remarquable qu'à la fin du 11 siècle, un évêque asiate éprouve le besoin de développer les thèmes de la morale chrétienne, en employant les moules traditionnels de la pensée antique. Nous sommes, avec Méthode, bien loin du temps où les premiers fidèles écrivaient sans aucun souci de la forme et laissaient leurs mes s’épancher librement. Déjà l'Eglise se rend compte de la puissance que possède la magie des mots et elle prétend l'asservir. Méthode ne suit que de très loin son grand modèle: son style, assez fluide, n'évite pas Ja banalité. Mais il cherche à bien écrire, et cette préoccupation lui mérite une place à part dans une histoire littéraire.
DUOLE A .
TT RU STE Re