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11(018-818). AOC HAN
*épiT de Milan marque le début d’une période nouvelle dans l'histoire du christianisme. Libre désormais de toute préoccupation du côté de l'Etat qui la
protège, l'Eglise se développe dans des milieux qui étaient jusqu'alors restés réfractaires à son influence. Le monde intellectuel se décide à venir à elle, à mettre à son service les ressources de la rhétorique et de la littérature profane. De plus en plus, les écrivains chrétiens se montrent soucieux de la forme que leurs prédécesseurs avaient ignorée ou méprisée. Mais leur culte du beau langage n'est jamais si exclusif qu'ils consentent à parler pour ne rien dire, à couvrir le vide de la pensée sous des mots et des phrases artistement cadencés. Au moment même où les derniers écrivains païens s’épuisent à construire de belles œuvres creuses, les grands orateurs chrétiens déploient toutes les ressources de leur science du langage pour servir le dogme et la morale qu'ils sont chargés d'exposer aux fidèles. Si le IV€ siècle est l’âge d’or de la littérature chrétienne, c’est précisément parce qu'on trouve réalisée, dans les œuvres qu'il a produites, cette indispensable union d’une pensée vigoureuse et d’une langue riche et éloquente.
Plus que jamais se manifestent les divergences, parfois même les oppositions, d'écoles. [l y a un abîme entre Alexandrie et Antioche. L'Egypte est, jusqu’à la mort de saint Athanase et au delà, la citadelle de l’orthodoxie contre l’arianisme. Antioche au contraire, avec la Palestine et la Syrie, qui subissent l'influence intellectuelle de cette métropole, est la terre d'élection de l'hérésie, plus ou
moins ouvertement prêchée. Vers la fin du 1v° siècle seulement, elle donne à l'Eglise catholique un de ses plus grands orateurs, saint Jean Chrysostome. En Asie Mineure, la Cappadoce, illustrée naguère par saint Grégoire le Thaumaturge, reste le centre de la vie religieuse : après avoir été la pourvoyeuse de l’arianisme en sophistes, en prédicateurs, en évêques même, elle révèle, vers 360, ces incomparables docteurs qui sont saint Basile, saint Grégoire de Nazianze, saint Grégoire de Nysse.