‹ Littérature islandaiseChapitre 19 sur 22 · HISTOIRE · texte numérisé non relu

HISTOIRE

Si les sagas ont comme documents historiques une valeur (M nsidërable, la plupart cependant sont eniremélées d une quantité de réciU étranges , qui leur donnent un caractère plus romanesque que sérieux. Souvent aussi on y chercherait vainement Tordre chronologique, base essentielle de la véritable relation liistorique. Mais avec leur amour de l'étude, leur ardent sentiment national , les anciens Islandais ont composé d'autres ouvrages plus graves et plus positif. Telle est la Heimskrmgla de Snorri-Sturleson. Tel est le petit livre d*Âre Frode que nous avons déjà mentionné , le plus ancien livre hbtorique de Fislaude. 11 commence à Tannée 870 et raconte Timmigration norvégieuue daus cette île» sa colonisation, et les événements qui 8*y sont passés jusqu*à Tannée 4 120. C'est un récit très-sec, comme les annales qu*on écrivait au moyen âge dans les couvents , mais un guide chronologique sûr et instructif.

De la fin du xiii' siècle date un autre ouvrage de la même nature , aussi peu attrayant à la lecture , aussi utile à consulter, c'est le Landmamabok , qui relate la découverte de l'Islande, les noms de ceux qui les premiers vinrent s'y établir, et le premier partage des terres.

A ces livres (riine (uriiie aride, mais précise, il faut joindre les ciu*oDique$ particulières qui s'écrivaient succinctement et successivement en diiîérents lieux.

Telles sont les Flateyan annal, qui s'étendent jus* fju 1 I année 1393; les annales de SUalliolt, de Holum, les annales désignées squs le nom d Annales vêtus- Hores, que Langebek a reproduites en partie dans sa collection des écrivains danois du moyen âge et d*autres encore qui se sont continuées après la réfor* mation.

Ces chronitjuos sont, vei*s la fin du moyen âge, les derniers restes de la iéconde littérature islandaise qui, par son caractère original , par les circonstances où elle se développe, peut être considérée comme un des phénomènes les plus curieux des œuvres littéraires de l'Europe, (.uuune tous les peu])les, la solitaire colonie d'isfende a en ses jours d t lau et de force, ses jours de gloire poétique^ son siècle d*Àuguste et ses siècles de décadence.

L^évéque Johnson divise l'histoire littéraire de son pays en cinq <'|)0(|ues qu'il compare aux cinq âges de la vie de rijimnne. « Son enfance, dit-il, s'étend jusqu'à l'année i 056, où le pays fut éclairé pai^ le christia-

ISLANDE ET AU 6R0ÊNLAin>. S39

nisme. De là jusqu'à 1100 , où des prêtres inslruits fondèrent sur plusieurs points des écoles, l'Islande passe par l'état d'adolescence. A partir du xn* siède , elle apparaît pleine de séve et de vigueur, e&altée par les

chants de ses scaldes, illustrée par ses héroïques sagas ; puis à la fin du xiv* siècle, tout en elle porte l'indice de la vieillesse, et au xv% l'indice de la aécrëpitude'. »

Son beau temps littéraire fut celui où, au milieu d'un cercle d'écoles et de gens lettrés, Snorri-Sturieson composait sa Heimskringla , et faisait dans son Ecida le manuel mythologique et la poétique des scaldes Sc andinaves. Mais la puissante famille à laquelle appartenait cet illustre écrivain a elle-même fatalement contribué k la décadence de rislande« Par ses longues guerres, elle dévasta le pays, et le fatigua de telle sorte que, pour mettre fin aux luttes incessantes, à r ambition désordonnée des chefs de son oligarchie, le peuple se réfugia sous l'autorité des rois de Norvège.

En se rejoignant à ce royaume , il recouvra, il est vrai , la paii intérieure qui depuis un siècle avait été

perpétuellement troublée, mais il perdait à celte conquête son indépendance, son fier sentiment de liberté répubhcaine , et il n'apportait plus le même intérêt à la discussion des affaires, aux événements de la vie publique. Les assemblées de TAlthing, les lois qui y étaient promulguées, lesdivers partis qui s*y formaient, occupaient autrefois Tattentiou générale et donnaient

' FSnm Jdiaïuun But, eceUnattiem itiandaimef t. lU, p* 164.

un amplf s\\\H de desc i ipiioiis pittoresques et de récits aux conteurs de sagas.

Après la réunion de l'Islande à la Norvège | on oe trouva plus dans les annales qui s'élaboraient encore ça et là dans divers districts qu*UDe sèche nomenclature des principaux fonctionnaires , un exposé de leurs actes administratifs, et de temps à autre la relation d un mariage riche , et d'un combat entre quelques individus.

A ces causes de décadence dans le mouvement historique de Tlslande , il faut joindre les fléaux qui auxiv' et au w* siècle dévastèrent la contrée : 1 épidémie de la petite vérole qui enleva un grand nombre d'habitants y la peste noire plus cruelle encore, les hivers rigoureux qui enfantaient la famine , les érup* tions de volcans qui couvraient de laves des champs de gazon*.

Les Islandais affaiblis, apjiauMis, ne voyageaient plus, et les navires qui arrivaient sur leurs eûtes u étaient plus ces intrépides navires du temps passé, ces navires de viking;r apportant avec le butin des ré* gions étrangères une aventureuse odyssée , un rédt de courageux combats. C'étaient de pacifiques marcliandî» (jui venaient tout suiiplemeut échanger les denrées de leur pays contre les produits de la pèche et des pâturages de Tile.

Les Islandais n^avaient point encore cependant

* Vo>. la première partie de cet ouvrage, tfû/oùv de l'Islande, p. 8.

EN ISLANDE ET AU GROJùMLAI^D. Ui

perdu le goi^t de la lecture . Dans Tisolement de leurs

habitations y ils se réjouissaient de posséder un manuscrit pour ai)régcr Irs longueurs de leurs soirées d'hiver. Mais au lieu de se passionner comme autrefois pour leurs tradilions nationales» pour les chroniques de leurs pères, ils lisaient des romans de France, d* Allemagne , d*Ângleierr«> , traduits d*Angleterre. La t( iuIk (iriseldis, la l)iaii( lie Iseult, les merveilleuses expeditiuus des douze pairs de France, de Perceval, de Lancelot du Lac, leur faisaient oublier ce que leurs scaldes et leurs historiens racontaient autrefois des blondes filles Scandinaves et des luttes frénétiques des Berserkir^

Peu à peu cas liabitutles , rjui avaient encore une apparence d'habitudes studieuses» s'eflacèrent. Les élèves, puis les maîtres, disparurent des écoles. Le latin» qui y avait été enseigné d'une façon remarquable, devint une science si rare que beaucou|) de prêtres le savaieiii a peine assez pour comprendre leur bi t viau e.

Le souvenir des sagas ne se conserva que par les compositions de quelques versificateurs qui découpaient en mauvaises stances vulgaires la prose du xiu* siècle, et par 1 orgueil héréditaire de certaines familles dont ces sagas constituaient la généalogie. La réformalion , avee son élroil et dogmatique esprit , frappa d*un arrêt de proscription ces clu:oui([ues iraditiouneiies entachées, disait-elle, de superstitions

* P. L Millier . Om den islandske Hàtorie skrivnings Oprindclst ^ Ftor ng undtn^a/ig.

LUUrature u^andaicf. ' IS

24i VO\AGi:

claustrales et d'erreurs papistes ^ Ce n*est qu^au xvn' siècle que nous verrous les hommes du Nord revenir à ces précieux documents et en comprendre riinpuiiancc.

De la réformatiou date pour 1 Islande une nouvelle ère d'études. £n 4387, cette lie avait été, avec la Nor> végc, réunie au royaume du Danemark, sous la régence de riiabile Marguerite. Pendant le cours des orageuses disseusiuns et des guerres eiilautées par le fameux traité de Calmar, la pauvre terre des scaldes ne pouvait qu'être fort négligée par ses souverains. Ce fut pour elle un malheur de plus à joindre aux fléaux des épidémies et des volcans. Christian 111 fut le premier (|ui se souvînt d*elle et essaya de la relever de la décadence intellectuelle où elle était tombée. En 1542, il prescrivit la création d'une école latine dans le cloître de Helgafeldr ; en 1 552, il établit deux autres écoles près des sièges épiscopaux de âkalholt et de Holar*. Dès Tannée 1530, comme nous Tavons dit dans le livre historique qui précède celui-ci, Timprinierie avait été apportée en Islande*.

Avec ce puissant moyen de propagation intellectuelle, avec ses écoles, l'Islande sortit enfin de sa lon-

* En iliVt , (llii islian VI faisait encore pultlit:i en Islande une ordunnancc dans laquelle il esi dit : (jue l'un doit éviter, sous peine de punition, de s'occuj>er de ces contes, de ces prétendues hnloires désignées sons le nom de sagas, qui ne ccMmennent point k des diréUens.

* Hisioirt de VlsUmde, p. 349.

* Histoin de VliUmde, p. 348.

gue loqH'iii • ^oiLs lie icirouverons plus, il tsl vrai, en elle, cette féconde ardeur du temps passé, celte poésie d*un monde mythologique et d*un monde de guerriers aventureux ; celte poésie est morte avec sa verte jeunesse, elle ne reparaîtra plus que de loin en loin dans les œuvres de quelques écrivains avec 1 accenl élégiaque d'un regi*et.

Mais le goût des études classiques s'est ravivé dans cette patrie des Are Frode, des Saemunde , des Snorri. Des maîtres zélés donnent une nouvelle vie aux institu* lions abandonnées dans ces temps de înall leurs, et, de ces institutions, il sortira des iiommes sérieux qui appliqueront leur esprit critique et leur savoir à d'utiles travaux historiques.

Le premier en date est Âmgriror Johnson. Né en 1508, dans le gard de Vidalin, il prit de cette liabliation le siirnoni de Vidalin, qu'il a transmis à une des plus honorables familles de Flslande. H fit ses études à Holar, puis y remplit les fonctions de recteur et ensuite celle d*évéque. Mort à Tâge de quatre-vingts ans, Il a, dans le cours de sa longue carrière, composé en latin plusieurs ouvrages presque tous lelatifs à rislaude. Vn de ces ouvrages est très-connu en Europe: cesl sa Cr/mogeu, l'un des meilleurs guides que Ton puisse avoir dans Tétude de l'histoire islandaise*. On lui doit en outre un traité de morale intitulé : Idea veri ma* gistratus (Copenhague, 1 589); une esquisse historique

' Crj mngaen sit e rerum istamiicarum l&ri très, Uamboiirgf 1609, 1614, 1630,

du firoënlaïui , une îellrr siii les anciens dieux scan- (iuiaves% un spécimen géograpiiique île 1 Islande' el quelques livres de piété ^

Le second de ces écrivains est Biôru de Skaardra, en i 574, mort en 1655. il employa sa vie à Télude de rhisloire c l du droit, et composa plusieurs ouvrages dans lest|utlh on trouve d'utiles notions, d'abord ses Àuuales de Si<aardrâ , qui embrassent un espace de temps de près de deux siècles et demi (de 1 ^00 à 1 644) O/ws haud contemnendum, dit Fëvéque Johnsen, sedin veteri chronohgia stppe hallucinans*. Nous devons sipnaler ensuite son (jUnsariiirn jnridicu/n . dans lequel il duiiuc 1 explication des anciens termes de législation, puis un traité sur le Groenland, dont ToHesen s est servi pour écrire sa Grônhndia anttqua.

Au XVIII* siècle vécut un homme qui devait, dans celle hislorio^^inpliie d'Islande, effacer tous ses prédécesseurs par la sagacité de sa crilicjue et 1 étendue de son érudition, c'est Tevèque Finn Johnson, auteur de VHùloria ecclesiastica. Né en 1704à Hitardal, il reçut les premières leçons de son père qui était un prêtre instruit, puis entra à Fécole de Skalholt^ et de là se

• GrUnlandia, traduit en îsludais par BjolfsoD. Skalholt, 1688,

" Epistola de fiiis populomm boreaUuw*

' Spécimen islandiœ historicum et magna ex parte get^mphieum. Amsterdam, 1643, m>4*.

* Notamment Fiorcs ex psaftcrio Da*'ùlis collccti.

' Annnfnn; Btnriis a S^nr/n/ni, publiées avec une Uraduction latine. Iliapprey, "1 vol. in-4'*, 177i, 177Î5. ' Finni Johannsei Hist. ecclesUut., t. 111, p. 583.

EN ISLANDE ET AU GHOËNLAiND 149

rendit, à TAge de vingt et un ans, à rUniveraité deCopenhague, où il acheva ses études.

De retour en Islande, il fut d'abord placé à la tèie d'une paroisse et en 1754 investi de révéclié de 'Skalholt. £n remplissant dignement ces hautes fonctions, en s*occnpant avec zèle de Tamélioration de récole latine confiée à sa surveillance, et de la direction de son clergé, il poursuivait avec ardeur les recherches dont son ami, Fillustro Arne Mas:niissen lui avait donné le goût. 11 écrivait une vie de Snorri>Slurleson, une dissertation sur la chronologie de la saga de Gunnlaugi, et enfin il composait son Histoire ecclésiastique. Cet ouvrage n'est pas seulement, comme son titre pounnit Ii taire supposer, un tableau des difTorentes piiases par lesc|uelles a passé TÉglise d'Islande depuis la conversion do Tile an christianisme jusqu a la réformation^ et depuis la réformation jusque vers le milieu du xviif siècle. Johnson y a fiût entrer un récit souvent très-animé et toujours très-judicieux des événements politiques de Tile, et de ses divers modes d'administration. 11 y a joint la description des mœurs de la population à diverses époques, et des notions assez détaillées sur l*écat des écoles en différents temps, sur le progrès ou la décadence des sciences et de la Utrature.

C'est donc une histoire complète de l'Islande , une histoire qui ferait honneur à un savant d'Allemagne, et dont la rédaction, dans une pauvre demeure solitaire de la solitaire Islande, est une œuvre presque in* croyable. Commencée en 1746, la première partie de

2IC VOYACK

celte histoire ne parut qu*en 1 7729 la seconde en 1 774, la troisième en 1775, la quatrième en 1778*.

Son fîls lean, qui lui succéda dans ses fonctions

(l\'\è(jiie, se distingua aussi par dUntércssaïUes publications. Jl Iraduisit en latin le Lcuidrianuibok^, écrivit une dissertation sur le droit ecclésiastique de Norvège, une autre sur le Spéculum régale^ et prit part à la rédaction de [)Uisieurs recueib scientifiques.

Dans le même lemps, un jeune professeur de Holar, II. iiinarsoii , composait sa ^viagrdjthia hisiui tu' litte' rarim. Ce n'est qu'une espèce de manuel chronologique, sec et sans développement. Mais on y trouve, par ordre de matières et par ordre de dates, les noms de tous les écrivains islandais avec rindicatîon de leurs (e livres.

Nous avons à signaler encore au x\ nf siècle plusieurs écrivains du nom d'Olafson. L'un d'eux , qui était à la fois un érudit et un naturaliste distingué, Eggert Olafson, né en 1726, mort en 1768, a écrit en lalin deux dissertations intéressantes : Enarrationés Iiistoriav île Islandur ntitura et coiistttuUoite (Copenhague) , 1749, et Disputnth de ortu et progressa supersUtionis circa ignem Islandim suhtsrraneum (Copenhague), 1 751 • 11 a fait avec un de ses amis, Biarne

* Sa bi<^raphie de Snorri-Sturleson a été placée en tète de rédition deSnorri, publiée par Schôning. Ck^tenhajpje , 1777. Johnson a écrit plusieurs autres diasertations qui n'ont pas été împrimées, entre autres un traité sur la jurisprudence chrétienne de l'Iiklande : Um kristmrett Istandingn.

* lÀberonginum IstantUte» Copenhague, 1774, in-4*.

E?i ISLANDE ET AU GRO£i>LAND. 147

PaiilseD) un long voyage à travers sa contrée ualale.

lecit de cette explora Uoii est , sans contredit , la description la plus complète et ia plus exacte qui existe des difTérents districts et des phénomeDes uaturels de risUmie'.

SoD frère, Jean OlaCsoD, a publié i outre plusieurs dissertations d'une importance secondaire , le meilleur

traité que nous ayons sur l'ancienne poésie Scandinave et sur ses règles de versincaliuu

Un autre Olafson, né à Orumaik, a éciit la biographie de révèque Ogmundr, de Skalbolt.

Un quatrième traduisit en latin plusieurs chants de FEdda de Saemunde et TEdda de Snorri-Sturleson.

Ce qui contril)ua puissamment à irveiller le goùl des études historiques eu Islande , ce fui 1 intérêt qui, au xvii* siècle, commença à se manifester en Dane* mark et en Suède pour les sagas. Longtemps oubliées ou méconnues , puis proscrites , comme nous Tavons dit, par les prédicateurs tle la réforniation , ces cliruniques précieuses devaient enfin prendre leur place dans les bibliothèques, attirer les regards des savants et Tattention des philologues.

Dès Tannée 1630, Tévéque Svendson , de Skalbolt, envoyait au roi de Danemark, Frédéric III, avide d'instruction, plusieurs anciennes sagas. En 1G61,

* Traduit en français par M. Gauthier de Lapeyronie. 5 vol.

Paris, 18i»d.

* Om de/i ^, aille mordiske Digte Koast, dens Gnutdregtert f>nester. Copenhagne, i786, iii-4.

rislandais Rugman fut cbai^^ de faire dans Tile un achat de manuscrits pour le roi de Suède. D*autres

personnes ayatil reçu une mission semblable, Chiis lian V rendit un arrêt spécial j)Our iléfendre aux Islandais de veudre leurs œaouâcrits à des étrangers.

Grâce à cette ordonnance et au zèle actif des savants danois, la plupart des richesses historiques et philo* logiques de l'Islande furent peu à peu réunies à Copenl)a«,Mie'. F.n 11)63, Torfesen en avait déjà recueilli un assez grand nombi e , et uon>seulenient il les recueillait , mais il montrait par ses écrits quel usage on pouvait en fiiire* On doit à cet érudit, qui appartient à rislande par sa naissance *, plusieurs ouvrages qui ont pins d'une fois servi de base aux travaux des éciivains de France, d'Allemagne et d'Angleterre'.

Les acquisitions entreprises par Torfeseu turent poursuivies avec une plus grande ardeur par Ârne Itfagnussen , qui était aussi un enfant de Flslande V li passa dix ans de sa vie à s'en aUer dans Tlle , de

* Il en existe air^si une certaine quantité en Suède. M Arvidson a public un catalogue dos manu'irr'f^ islamlais (|ui se trouveui a !a Bibliofhèfjue royale de Slockliulin. On n'y compte pas moina de deu\ ceut seize articles.

* Ne eu 1(j3(), t ifvé h SIcalholt, il vint en Danemark iinu Nt's études et y passer le reste de sa vie.

* Historia rerum nofvegietÊrum, 4 vol. in-folio, 1 7H . Séries dywutantm etrqgum Jht^of, Copenhague, 1 m^,*, Sistwùi yitUandiœantiquœ. Copenhague, 170t(, ÎD-8*. GrSnlan^ tmtiqua. Gopealuigue, 4706, in-8.

Historia Onadum. Ca|ienhagtie, 1 607, iii-rottn.

* Né en i633 dans le DaleSyssel. U étudia d'abord à Skaiholt,

EN ISLANDE ET AU GROÊNLAlfD. S40

montagne en montagne, de gard en ^ u d, recueillant toutes les chartes , tous les documents historiques , tous les manuscrits qu'il trouvait çà et là dans la maison du prêtre , ou la cabane du pêcheur. 11 en amassa une telle quantité, qu'à la fin de son explo> ration il chargeait de son butin une frégate* L'incendie de 1728 , qui dévasta la moitié de la ville de Copenhague, consuma une partie de ses richesses. Heureusement il s'en trouvait une bonne partie en lieu de sûreté. Arne Magnussen a peu écrit*. Mais il a, par ses recherches, puissamment aidé aux travaux des autres écrivains et donné une vive impulsion à Tétude de 1 ancienne laiiL,ne et des anciens monuments historiques de la Scandinavie.

L'Islande s'honore encore d'avoir donné le jour à l'un des hommes les plus savants de notre époque^ H* Finn Magnussen (Finnœus Magnaeos)*. C*est un fait merveilleux que la quantité de dissertations, de notices produites par cet iniaii^able écrivain. Dans

puU se rendit en Danemafk , vojagee en Allemagne, ei à son retour à Copenhague fut nommé professeur d'antiquités danoises. Envoyé en Islande en 470t , il en revint en i7iS, et mourut en

* Il est l'auteur de la Vie de Saemunde imprimée en tète de l'édition de l'Edda, dont le premier volume parut à Copenhague en 1787. Il a écrit quelques autres traites et publié deux onvr-i^Ts historiques: Tnccrtl aiitnrts > hmnîi a Dnnantm, ft Tt-stuinentmii ituigni rc^is Nnn'cçiif^' Ces deux on \ rages se trouvent dans la c4»IU ctioQ <ies Scripturcs rrnim dortrnntm de Langebek.

• Né à Skalholt en 1781, il se rendit à Copenhague en 17*Mi, y revint apiè:» un court voyage en Islande, et depuis longtemps y

soD incessante activité, dans son amour ardent pour tout ce qui tient aux régions du Nord, il est succès-

siveiiient entré dans toutes les questions d'archéologie, d'elhnograpiiie, de poésie et d'histoire, et partout il a porté un nouveau rayon de lumière et développé les ressources d*une admirable érudition. Ses principales oeuvres sont le Dictionnaire mytholot^ique qu'il a joint à l'édition in-A" de TElddade Saenuiiicie',sa traduction en danois de cette même Edda*, et le large Traité de mythologie , d'histoire, de linguistique qui en estrindispensable complément'. Il a pris en outre une très-grande part aux publications de la société des antiquaires de Copenhague , et enrichi (rariicles excellenti» une foule de recueils littéraires et scienliiiques \

I^s travaux de cette société des antiquaires de Co* penhague dont M. Finn Magnussen est Tun des directeurs, doivent être comptés aussi dans les annales littéraires de Tlslande. Beaucoup d'Islandais ont donné des traductions ou des mémoires à cette société, qui a

esi resté, vivant d'une vie d'i ludes perpctuclles, entouré de témoignages de distinction, consulté par les savautâ de l'Europe entière, aimé de tous ceux qui le connaissent.

' Edda Hirthinica srii antiquior. Copenhague, 1828, in-4.

» Den a-hiic Ldda. Copenhague, 1821, 1823, 4 vo). in-tî.

* Ldda Luvren ogdens Opniuiilsc , Ouvrage couronne par l'Académie de* àdeoces de Danemark. Copenhague, 1824, 1826, -4 vol. in-lS.

* La nomenclature de ces opuscules n'occupe pas moins de cinq pages in-4* de Touvrage de H. Petursson, Hia, eeetenàstica. Copenhague, 1841.

déjà rendu d'éminents services à la science et qui poursuit avec un zèle et une intelligence des plus louables ses utiles publications.

Dans les derniers temps, les études liistori(|ues se sont conliimées en Islande d'une façon sérieuse et digne d^tntérét. M. Stéphensen a écrit en allemand, sous le titre de Philasophische SchUenmg des gegeti" vmrtig Verfassung von Island (Description philosophique de la constitution actuelle de Tlslande)', un ouvrage où d'ingénieuses considérations se mêlent à de recommandahles documents.

M. Ëspolin*, qui était un homme très-laborieux et d*un grand savoir, a écrit dans sa langue maternelle les annales de son pays depuis le xiv* siècle jusqu'en 1

Un jeune prêtre d'Islande, M. Petursson, a continué jusqu'en 1840 l'Histoire ecclésiastique de l'évéque Johnson. Il a suivi le même plan que son prédécesseur et a, comme lui, écrit son livre en latin. C'est un précieux complément à joindre à une oeuvre qui est devenue classique ^

' Traduit en anglais dans k relfttioii de Hooker. A Tum m Ice-

land. Londres, 1813.

• Né en 1760, mort en ISIJG.

• Islanris Arbaekur. Copenhague, \ , 1833, 3 vul in-i".

• Hifttorin fcrfennstica Islandiœ ab anno 1740 ad annum 184U. Copenhague, 1841,

VOYAGE EN ISLANDE El AU GROENLAND. S53

>ivvvv^%An>vwvv-/vvvvvvvvvvv\nnniVvv\vwvk-vwwv«ivvvwvvvuwvvw^A^^

Page 1