‹ Littérature orale de l'AuvergneChapitre 23 sur 73 · LES ENFANTS DES LIMBES · texte numérisé non relu

LES ENFANTS DES LIMBES

PUY-DE-DÔME

Un vigneron partit un matin de chez lui pour aller travailler à sa vigne ; un peu avant la pointe du jour, comme il arrivait à un endroit appelé Fontmort, il se vit entouré par une multitude d'enfants tout habillés de blanc: ils étaient encore plus petits que des enfants qui viennent de naître, et ils se pressaient autour de lui en criant de leur petite voix:

— Quoui pa le tieu, quoui le mieu ! Quoui pa ton pouiïre, quoui le mieu (Ce n'est pas le tien, c'est le mien! ce n’est pas ton parrain, c'est le mien).

Le vigneron comprit ce que demandaient les enfants ; il prit de l’eau dans un ruisseau qui coulait par là et les aspergea tous en disant:

— Je suis votre parrain à tous, mes enfants.

Puis, quand il eut prononcé les paroles du

baptême, les petits enfants disparurent en criant :

— Grand merci, parrain ! grand merci!

C'étaient des petits enfants qui sortaient chaque nuit des limbes et erraient sur la terre attendant, pour entrer en Paradis, qu'un chrétien voulût bien être leur parrain et les baptiser.

Paul SÉBILLOT, Contes des provinces de France, p. 194. (Récit fait par le D* Paulin.)

Le thème le plus apparenté avec ce récit vient du Limousin ; mais au lieu d’une multitude d'enfants, il n’y en a que deux. (Revue des Traditions populaires, t. IX, p. 413.) Dans un récit du Poitou : la (chasse galopine », c'est le diable qui poursuit les âmes des enfants morts sans baptême; un petit oiseau vient se poser sur le mouchoir qu'un soldat avait posé à terre en l’entourant d'un cercle, et lui demande d’être son parrain. (L. Pineau, Le Folk- Jore du Poitou, p. 118.)

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ÉHÉÉE EEE

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