SAINT JEAN ET LE TONNERRE
Puy-de-Dôme
AINT JEAN demanda .un jour à Dieu la permission de voir letonnerre.
— Je ne le puis, répondit ce dernier, tu en mourrais de frayeur.
Saint Jean répliqua qu'il avait vécu au désert parmi les bêtes sauvages et que jamais la peur ne l’avait fait trembler.
Cédant à ses instances, Dieu lui montra enfin ce qu'il désirait, et saint Jean fut foudroyé au même moment. Il eut le bonheur de
n'en pas mourir, mais toute sa vie durant, il
fut atteint du mal caduc, appelé depuis le mal de saint Jean.
(F. PoMMEROL, Le culte de Taranis, dans L'Homme, 1887, p. 461.)
Cette légende, recueillie au village de Cabezat, canton de Courpière, se retrouve à peu près exactement en Nivernais. (Revue des Traditions populaires, t. Il, p. 260.)
SAINT LAURENT ET BORÉE Cantal
On raconte que saint Laurent rencontra Borée couvert de haillons, qui, dépossédé de ses autels, retournait dans le Nord; le saint se mit à causer avec lui, et ils firent route ensemble. Quand ils arrivèrent au Puy-Saint- Laurent, le saint lui dit : & Attendez-moi, j'ai à prier dans cet oratoire. » Il n'en est pas sorti, et Borée qui l'attend toujours à la
porte, traduit son impatience par ses rugissements.
(F, De Lanoye, Tour du Monde, t. XIII, p. 66.)
La chapelle de Saint-Laurent, placée au nord du bourg de Saint-Mamet,se trouve très haute, et partant, fort exposée à la bise. Voici comment la légende explique la présence continuelle du vent sur ce sommet :
Un jour saint Laurent et le Vent se promenaient ensemble. Ils vivaient bons amis et s'étaient promis de ne jamais se quitter. Parvenu au pays dont nous parlons, le saint dit à son camarade :
— J'ai à prier dans cet oratoire, attendezmoi.
Depuis le saint n'est plus sorti et le Vent attend toujours à la porte. |
(Duritr, Le Cantal, p. 268.)
Cette légende est extrêmement répandue; voir pour les similaires, Romantia,t. IX, p. 443 (Chartres, Langres, Florence, Copenhague, Rome); Revue des Traditions poputaires, t. [I, p. 137 (église Saint-Sulpice, Paris); t. X, p. 223 (Autun), 450 (Coutances) ; t. XI, p. 554 (Strasbourg).
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