‹ Littérature orale de l'AuvergneChapitre 32 sur 73 · SAINT AMABLE · texte numérisé non relu

SAINT AMABLE

Quand saint Amable était enfant, il servait la messe du pape à Rome. Durant l'office divin, il se mit à rire. et, après la cérémonie, le pape lui demanda pourquoi. Saint Amable lui répondit :

— J'étais en esprit à Riom, ma ville natale, et j'ai vu un maçon qui, en construisant une maison, s’est contusionné le doigt contre une pierre. Il a porté ce doigt à sa bouche, et c’est ce qui m'a fait rire.

Le pape répondit :

— Amable, tu es plus vertueux et plus saint que moi.

(Recueilli par le D' Pommerol.)

*k *X * Cf. les légendes de saints enfants qui en-

tendent ce qui se passe au loin, Paul Sébillot, Petite Légende dorée, p. 168 et 106.

SAINT PIERRE Puy-de-Dôme

Saint Pierre allait à une fête avec Jésus.

La route était longue et Pierre portait les provisions dans une besace. Il marchait derrière son maître. La faim le prenant et voyant que Jésus marchait toujours, il se mit à manger seul.

Au bout d’un certain temps, Jésus lui dit :

— Pierre, je crois que tu manges seul ?

— Non, Seigneur, répondit-il.

— Regarde dans mes reins, Pierre; je sens quelque chose qui me gratte, ôte-le.

Pierre regarda et aperçut un grand œil au bas de la nuque de Jésus. Il comprit alors qu'il avait été vu.

— Oh! Seigneur, le grand œil que vous avez!

— C'est celui qui t’a vu manger les provisions.

Saint Pierre confus demanda pardon à Jésus.

Jésus dit un jour à saint Pierre :

— Voici le temps des moissons ; si nous allions prendre du travail et gagner quelque argent ?

Et les voilà partis tous deux. Ils prirent chacun un champ de blé à moissonner. Jésus disait : « Coupe, lie, plaque (mets en meule)!» Et le blé de lui-même se coupait, se liait et se mettait en meule. Mais saint Pierre avait beau dire la même chose, le travail ne se faisait pas. Aussi, à la fin de la journée, Jésus toucha une certaine somme, et saint Pierre ne reçut que des coups.

Un jour saint Pierre vendait un âne à la foire :

— Achetez mon âne, disait-il, il ne vaut rien!

— Mais tu ne le vendras jamais, lui répondit Jésus, si tu es le premier à le déprécier.

mo

— Comment faire, je sais que mon âne a de mauvaises qualités, et je tromperais les gens si je le vantais.

— Imbécile que tu es, il n’y a pas de mal cela; on t'a bien trompé, toi, quand tu l'as acheté.

(Recueilli par le D' Pommerol.)

LA CHAPELLE D'ORCIVAL Limagne

Le maçon chargé des travaux de l'église d'Orcival ne savait trop où asseoir le plan et les fondations. [Il se demandait avec inquiétude quel était l'endroit préféré où la Vierge manifesterait avec le plus d'éclat sa puissance et sa gloire.

Il eut enfin une inspiration céleste : « Monte, lui dit une voix intérieure, monte sur la hauteur voisine et lance devant toi ton marteau ; où tu le verras tomber, tu édifieras le sanctuaire. »

Le marteau fut jeté; à l'instant, un ange l’'emporta et le laissa choir au fond du val, sur l'emplacement actuel de la crypte.

(F. PoMMEROL, Le Pèlerinage d’Orcival, L'Homme, 18806, p. 624.)

138 LITTÉRATURE ORALE DE L'AUVERGNE fans en ee CRU à UE NME

En Haute-Bretagne, saint Méen lance de même son marteau pour déterminer l'endroit où 1l bâtira son église (Petite Légende dorée, p. 56), saint Gobrien, sa bêche et sa faucille. (Herpin, Cathédrale de Saint-Malo, p. 42.)

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