LA MULE ET LES BOEUFS DE CHAMALIÈRES
Haute-Loire
Chamalières est un village du Velay, situé sur la rive droite de la Loire. Il est bâti autour d’une église romane que desservait un prieur dépendant de l’abbaye du Monastier. Une légende raconte ainsi la part que prirent les animaux à la construction de l’église.
Quand on la bâtit, on allait chercher la pierre dans une carrière de la montagne d’Archiac. Une grande mule et deux bœufs blancs, attelés à un char, transportaient cette pierre. Ils faisaient le trajet sans conducteur. Ils montaient d’eux-mêmes de Chamalières à Archiac, et la pierre chargée, ils descendaient sans guide d'Archiac à Chamalières. Ils firent ainsi jusqu'à ce que l’église fût
achevée. à (V. SMmiTH, Mélusine, t. 1, c. 406.)
On raconte en Haute-Bretagne que deux bœufs noirs allaient porter, de la carrière à l'église, les matériaux dont saint Armel avait besoin pour la bâtir. (E. Herpin, La Cathédrale de Saint-Malo, p. 470.) |
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LES BOEUFS D'AURIOL Haute-Loire
Près de la vieille tour d’Auriol était, dit-on, un ermitage où vécut et mourut saint Simon, qui fut enterré au pied de la tour. ù
La possession du corps du saint excita la convoitise des habitants d'Aurec, bourg des bords de la Loire, qu'une montagne sépare d’Auriol. Le seigneur d'Aurec voulut enlever le corps du saint et le faire transporter dans son église. Il envoya des hommes et un char attelé de forts bœufs. Les hommes ouvrirent la fosse, en retirèrent le corps et le fixèrent sur le char.
Quand tout fut prêt, les bœufs se mirent en marche. Ils allèrent sans difficulté tant qu'ils aperçurent la tour d’Auriol, mais dès qu'ils la perdirent de vue, ils s’arrétèrent. On les excita de la voix, de l’aiguillon, on les
frappa. Peine inutile ! les bœufs restèrent immobiles. [ls semblaient pétrifiés. On comprit qu'ils refusaient de transporter le corps en dehors du domaine qu'embrassait la tour d'Auriol, au pied de laquelle le saint avait été inhumé.
Ils obéissaient à l'inspiration du saint qui ne voulait pas quitter le lieu où il avait jusque-là reposé. Le char revint sur ses pas et les hommes du seigneur d’Aurec remirent le corps où ils l'avaient pris.
(V. SmiTx, Mélusine, t. I, c. 406.)
Cf. sur une statue que des bœufs ne peuvent emmener de l'endroit où elle veut être honorée, Paul Sébillot, Légende dorée, p. 103, et diverses autres légendes apparentées.
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LES VACHES MIRACULEUSES Cantal
Jadis les paysans de Vèze racontaient que six vaches venaient clandestinement nourrir de lait les ouvriers qui bâtissaient l'église, maintenant détruite, de Chanet.
(DURIF, p. 22.) *
Pendant que l’on bâtissait la chapelle de Kernascleden, une vache fournissait miraculeusement le lait et le beurre aux ouvriers (Fouquet, Lévendes du Morbihan, p. 148). La Vierge envoya aussi une semblable vache aux maçons de sa chapelle de Lannelon, près Montauban. (Semaine religieuse de Rennes, 26 septembre 1874.)
LE SAUT DU DIABLE Puy-de-Dôme.
On ne pouvait faire de pont sur la Dore; le prêtre dit au maçon :
— Quand bien même tu devrais prendre le diable pour t'aider, il faut que tu réussisses à bâtir le pont.
Le maçon s’adressa au diable et lui dit :
— Que demandes-tu pour construire le pont ?
— L'âme de la première créature qui y passera.
— Marché conclu.
La nuit suivante, le pont fut fait, à l’exception d’une pierre du parapet qui ne put être mise avant le jour.
Le matin, le prêtre vint en procession, et son sacristain portait un sac où étaient un chat et un chien. Le diable était déjà content
d’avoir l'âme d'un vivant. Mais le curé dit au sacristain :
— Donne le sac.
Le chat sort; le chien le poursuit et lui fait passer le pont. Le curé dit au diable :
— Voici l’âme de la créature que tu demandes.
Le diable ne put finir le pont, et nul n’a pu remettre la pierre qui manque.
(Recueilli par le D' F. Pommerol.)
Sur les légendes similaires, voir Paul Sébillot, Les Travaux publics et les Mines, p. 145 et suiv,
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XX III LA STATUE MIRACULEUSE Puy-de-Dôme
La statue de Notre-Dame de Layre est très vénérée à Ambert. On prétend que pour la soustraire aux profanations des Huguenots, un dévot à Marie la cacha et la fit murer dans un coin de sa maison, située au lieu de Layre. Il mourut avec son secret, et l’on ne savait ce qu'était devenue la statue, lorsqu'une inondation abattit la muraille où elle avait été cachée, Elle fut précipitée dans les eaux, et y surnagea un temps considérable sans jamais s'éloigner. Quand les eaux eurent baissé, on la plaça au coin d’une maison, et comme elle faisait des miracles, on voulut la transporter dans l'église paroissiale d’'Ambert; mais on fit de vains efforts pour l’enlever, car ceux qui avaient été choisis pour la déplacer et la transporter devinrent tout à coup immobiles, sans pouvoir avancer ni reculer.
(GRIVEL, p. 329.)