‹ Littérature orale de la PicardieChapitre 54 sur 67 · LA BELLE ET LE ROSSIGNOL · texte numérisé non relu

LA BELLE ET LE ROSSIGNOL

Rossignol du vert bocage, Toi qui sâis si bien voler, Va-t'en porter une lettre A ma charmante maîtresse, Qu'elle est dans son lit couchée.

L'orsignol (i) a pris son vol, Au jardin d'Amour s'envole; Sur le blanc sein de la belle, En câantant des airs nouvelles, La belle die s'y réveilla.

Où sont-ils ces mauvais gens, Qyà font des chansons sur moi?

(i) Ortignol Ott orsigntm, rossignol.

— Oui ; c'est votre amant, la beUe, Qjie vous croyez si fidèle,

Qui £dt des chansons sur vous.

— Si c'est mon amant que j'aime, En fera tant qu'il voudra;

Il m'a cueille une rose,

La plus belle de toutes mes roses,

La plus belle de mon rosier.

— Si je t'ai cueille une rose.

Elle m'a été bien chère vendue.

Elle m'a été vendue le double, La valeur de cinq cents doubles, La monnaie de cent écus.

— Cent écus n'est pas grand'chose ; Voilà mon honneur perdu ;

Mon honneur, mon pucelage.

Pour une fille à mon âge.

Vaut bien mieux que cent écus.

{Chanii en s^iembre 1882, par M. AvgusU Cantej, agi dt quatre'Vingi-deux ans, d Warloy- Bâillon [Somme]").

Ce rôle de messager d'amour donné ici au rossignol est un thème fort commun dans, la chanson populaire. Cf. à ce SQ|ct :

£. RotUa4» FoniM populaire de la FroMU^ t. II, p. 27$ : Lt Rossignol nussageTf chanson des environs de Lorient ; p. 277, une chanson des environs de Bourges; p. 278, une ronde de la Meuse et des Vosges; p. 279, une ronde de la Cliarente-Infèrieure . Cf. ^paiement Lf Message du Rossignol y chanson du Velay, pu> blièe en 1&7S dans le tome VII de la Bomania, par M. Victor Smhh; le recueil des Poésies populaires de la France, mss. de la Bibl. nat., 3343, fol. 65, donne une variante de cette chanson au point de vue de la rose perdue pour cent icus par la belle.

LES FZIJ^S A ICAJtlER

Voilà le mois d'avril, Ran tan plan, tireli ; Voilà le mois d'avril, Il faut marier notre fille.

Laquelle marierons-nous ?

Ran tan plan, tireli; Nous marierons la p'tite, Elle est la plus gentille.

Quand la grande entend çà, Ran tan plan, tireli ; Quand la grande entend çà.

Elle se mit à pleurer.

349 LOTéKATURB ORALE

— Qji'avcB-vous donc, ma filk?

Ran tan plan, tireli ^ Qu'avez-vous donc, ma ^e,

A pleurer, à gémire?

— Vous mariez ma sœur, Ran tan plan, tireli; Vous mariez ma sœur.

Et moi je reste ûlle.

— N*y pleurez pas, ma fille, Ran tan plan, tireli;

N'y pleurez pas, ma fille.

Nous vous marierons riche.

Nous vous marierons riche, , Ran tan plan, tireli; Avec un gros marchand d'oignons, A six liards le quarteron.

(Chanté en i88a, par Mademoisdle Clémentine Fêrei, âgée de reuU^s^ anSf bonne che\ mon péré).

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