‹ Littérature orale de la PicardieChapitre 56 sur 67 · LA FILLE Q.UI TUE SON GALANT · texte numérisé non relu

LA FILLE Q.UI TUE SON GALANT

Derrière chez nous il y a un capitaine, Nuit et le jour qui m'entretient d'amour.

Belle, si, je vous aime et j'espère Un jour, belle, d'avoir vos amours.

Quand Tamant eut les amours de la belle, Ce malheureux va lui faire ses adieux.

— Adieu, amaat, et puisque tu me délaisses, J'irai vraiment te rejoindre au régiment.

La belle prit cent écus d'or à son père, Tout droit à Paris se ùîie des habits.

Elle s'habilla en dragon militaire, Rien de plus beau, la cocarde au chapeau.

Pendant sept ans, la belle suivit la troupe, Pendant sept ans sans revoir son amant.

Elle l'aperçoit, mit ses deux piedsrt-à terre. Et lui dit soudain : Prenons les armes à la main.

Bien résolus tous les deux de s'y battre, Bien résolus tous les deux se sont battus.

Mais la fillette, qu'elle est encore jeunette. Elle frappa si fort, mit son amant-z-à la mort.

Trois grenadiers, regardant la défaite, Trois grenadiers la:Conduirent en prison.

Mais le roi bon, lui accorda son pardon.

Monte à cheval comme un vrai chevalier, Monte à cheval comme un vrai général.

Elle retourna au logis de son père, Lui dit : Vaincu, mon amant ne vit plus.

(Chanté en 1882, par Madame E. Camoy, ma mère, d Warlo^Baillon {Sommi]).

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l'amant retrouva

En revenant de Saint-Q^ientin,

Passant par la Rochelle,

Tovis les nouvdles que j'ai reçus,

Cest ma maîtresse qu'elle n'm'aime plus.

Je me suis t-en allé promener

Tout le long du bois,

Où ma m^tresse elle est aussi.

Je lui découvre mon chapeau,

Lui tire ma révérence :

— Est-U bien vrai de ce qu'on m'a dit,

Qpe vous alliez t-avoir un mari ?

DE LA PICARDIE $$l

— Ah I oui, oui , me dit-elle, Malheureuse journée,

On fait dimanche mon premier ban.

N'y viendrez-vous pas mettre empêchement?

— Empêchement n'y mettrai pas, Je vous laisserai dans l'embarras.

Empêchement n'y mettrai pas.

Je vous laisserai dans l'embarras.

— Le dimanche de grand matin, Le curé monte en chaise (chaire) :

— Écoutez donc, petits et grands, Je m'en vais publier des bans.

Le galant qu'il n'était pas loin S'approchant de la chaise :

— Arrêtez là, monsieur le curé, Je viens ici pour vous empêcher.

— Q.ui était donc ce galant-là, Qyiï me parle de la sorte?

— Monsieur, ce n*est point un galant, C'est mon très cher, fidèle amant.

— Voilà sept ans que j'aime| la fille, Vrai Dieu, je l'aime encore !

— S'il y a sept ans que vous Taimez,

Il est*bien juste que vous l'eussiez (l'ayez).

{Chanté en septembre 1882, par Eugénie Darras, dgie de 72 ans, domestique che^ ma mère).

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