LE RETOUR DU FIAMC
Bonjour, belle Nanette, M'y voilà de retour.
Revenant de la guerre, J'y viens te dire bonjour.
Je reviens, ma brunette.
Auprès de toi.
D'une amité sincère.
Embrasse-moi,
— Monsieur, vous voulez rire.
Je ne vous connais pas.
Passez sans me rien dire Et ne m'insultez pas.
Celui que mon cœur aime
Depuis longtemps, Viendra finir mes peines
Dans peu de temps.
— Combien de fois, la bdle, Au fond de ce jardin,
Nous allions promener ensemble.
Cueillir les romarins.
Tu me disais sans cesse.
D'un cœur constant :
Je serai ta maîtresse
Et toi mon amant.
— Grand Dieu I serait-il possible ?
Pourrais-je me tromper?
Serais-je comme insensible ?
Pourrais-je me tromper ?
Embrasse ta maîtresse.
Mon cher amant.
Tu bannis ma tristesse
Et mon tourment.
— Apprends-moi donc, la belle.
Du fruit de nos amours,
S'il est vivant, la beUç, Voit-il encore le jopr ?
— H est beau comme un ange, Ce cher enfant ;
Il n'use plus de langes Depuis . longtemps .
— ^Marche-t-il sans lisières , Ce beau petit garçon ?
Ressemble-t-il à son père, Dis-moi, chère Manon ?
— Il ressemble à son père, C'est son portrait.
Va le voir chez ma mère, "S'il est bien fait.
— Bonjour, ma bonne m^rç.
M'y voilà de retour.
Revenant de la guerre,
Je viens vous dire bonjour.
— Ah I t'y voilà, mon gendrç, Q}iel agrément I
Viens voir sans plus attendre Ton cher, enfant.
— Très volontiers, ma mère.
Montrez-moi mon garçon.
Ressemble-t-il à son père , Comme elle m'a dit Manon ?
— Montez à sa chambrette.
Tout doucement.
Il dort dans sa couchette Tout doucement.
— Oh I dd, voilà l'âge Du fruit die nos amoUre ; n est grand pour son âge ; Demain il sera jour.
Sortons de sa cHahibrette
Tout doucement.
Il dort dans sa couchette.
Je SUIS content.
(Omié k 2) septembre i88a, fanmôM groMi-fire, M. Auguste Camoy, âgé de ti ans).