NANETTE LA NONNETTE
C'était un jeune canonnier.
Faisant l'amour à une brune.
Je lui ait dit plus de cent fois :
Belle aimez-moi, belle aimez*moi 1 Je t'y donnerai ma ceinture, Mon anneau d'or, ma garniture.
Le jeune canonnier un jour S'étant habillé en nonnette.
En nonnette il s'est habillé.
Giez rh6tesse il s'en fut aller.
C'est en disant : Bonjour l'hôtesse, Pouvez-Yous bien loger Nanette ?
— Puisque Nanette vous vous nommez, Où est-elle votre compagnie ?
— J'ai passé dans un bois si grand»
Tant de voleurs que de bringands M'ont tué ma compagnie.
Pour Dieu, logez-moi cette nuit.
— Entrez, entrez, belle Nanette, Vous coucherez avec ma fiUe, Vous coucherez de deux à deux.
— Ah I oui, madame, ça vaudra mieux !
— Voici le temps de la froidure, Nous doublerons la couverture.
Qjiand c'est venu pour y souper, Nanette elle n'y veut point manger.
N'y voulant ni manger, ni boire, Disant qu'elle était fatiguée.
Baissant la tête, fermant les yeux, Craignant qu'on la reconnaisse.
Qpand c'est venu pour y coucher.
L'hôtesse allume une chandelle.
— De chandelle, il nous en faut pas, Car au couvent n'en usons pas ;
De chandelle il nous faut guère.
Car au couvent n'en usons guère.
Qjiand c'est venu envers minuit, La jeune hôtesse elle se réveille En disant : Nanette, qui étiez-vous ?
Je n'y puis dormir auprès de vous*