‹ Littérature orale de la PicardieChapitre 59 sur 67 · S8 LITTÉRATURE ORALE · texte numérisé non relu

S8 LITTÉRATURE ORALE

Je crois vous n'êtes point fille, Nanette.

Vous me parlez trop d'amourettes.

— C'est votre amant, la belle.

Vous l'ai-j'ou t'y point toujours dit, Qjie je vous aurais à mon loisir ?

A mon loisir, belle de grâce.

Permettez-moi que je vous embrasse I

Quand c'est venu au point du jour, Belle Nanette elle s'y réveille.

Prend son manteau dessus son bras.

— Adieu, l'hôtesse, ah ! je m'en vas :

Votre fille elle n'est plus pucelle, J'ai passé la nuit avec elle.

(Chanté en septembre 1882, par M. Auguste Camojf agi de 82 ans, d Warîoy-BaiUon [Sommet).

Cf. Le Voltigeur Nannette^ chanson populaire du Nivernais, fol. 301, veraOy du t. VI des Poésies populaire de la France, vas. 3343 de la Bibliothèque nationale.

LE REMDEZ-VOUS ICANQJUÉ

Les garçons de chez nous, ils y font bien les drôles,

Nuit et le jour ne faisant que penser

D'aller voir leur maîtresse, le soir après souper.

Le galant il s'en va, frappe à la porte de sa maî-

[tresse :

— Ouvrez, ouvrez, ma mie, si vous m'aimez, Vous êtes à la chaleur, et moi à la gelée.

— Allez vous promener sur le bord de la mer.

Vous reviendrez à l'heure de minuit,

Papa sera couché, maman sera endormie.

Le galant il s'en va faire un tour dans la ville. Rencontra ses camarades. Camarades, leur dit :

— Je viens de voir ma mie, cette fois elle m'a pro-

[niis.

La belle n'étant pas loin entendit ce discours.

— Sainte-Vierge Marie, empêchez-iîioi d'aimer Un amant si volage qui ne peut se cacher.

Le galant il s'en va, frappe à la porte de sa mai-

[tresse :

— Ouvrez, ouvrez, ma mie, si vous m'aimez, Il est minuit sonné, l'avez- vous écouté?

— Si t'avais été secret comme un amant doit l'être, Taurais passé la nuit entre mes bras !

Mais là, je te jure, sur ma foi, jamais tu n'm'y

[retiendras.

(Chanté en 1882, par M. Th. C. Camayy lU Warwoy- Bailhn [SommeJ),

Cf. Smith, L'Indiscret puniy dans la Romania^ t. VIL

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