LA BELLE ET LE DRAGON
Dites, ah ! saint Pierre, ça m'fait pitié De voir tout' les jeunes filles pleurer ; Ils pleurent leur pucelage Qiie les dragons ont pris ; Ils ont laissé pour gage.
Un petit canonnier,
— Adieu, la belle, ah 1 je m'en vas.
Puisque mon régiment s'en va ;
Je m'en vais à Compiègne Rejoindre mon régiment.
Si ttt deviens enceinte, La belle tu m-'écriveras.
— Enceinte, ah! je la suis ausâ, Car je suis prête d'accoucher.
Nous la laisserons à ma mère, te petit innocent ;
Va, j'irai te rejoindre A ton beau régiment.
bE LA PICARDIE 363^
— La belle, ah ! si tu m'en croyais, Dans ton pays tu resterais.
Le sort viendra peut-être, QjLielques pauvres nigauds, QjLi'ils seront assez bêtes Pour prendre ce fruit nouveau.
— Quand je vivrais encor cent ans, Jamais T dragon n*sera mon amant; Il a gâté ma taille,
A pâli mes couleurs, Et moi, pauvre fillette, Qja'a perdu son honneur I
— Si ton honneur elle est perdue, La belle, c'est que tu l'as bien voulu.
Tu n'avais qu'à me suivre Partout, de pas à pas;
T'aurais encor, la belle.
Tous tes brillants appas.
(Chanté par M. J. B. Delacroix, d Warloy \Somtne\).
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