‹ Littérature & philosophie mèléesChapitre 23 sur 26 · DISCOURS SUR LES LETTRES, ETC · texte numérisé non relu

DISCOURS SUR LES LETTRES, ETC

phes. On trouva à cette époque quelque exagération dans mes paroles.

Eh bien, messieurs, il m'est impossible de ne pas penser en ce moment, et c'est ici le lieu de le dire, à ce rare et célèbre artiste qui vient de disparaître si fatalement, qu'un secours donné à propos, qu'un travail commandé à temps aurait pu sauver.

PLUSIEURS MEMBRES.-» Nommcz-le!

M. VICTOR nuGo. — Antonin Moine.

M. LÉON FAUCHER. — Je demande la parole.

M. VICTOR HUGO. — Oui, mcssieurs, j'insiste, j'appelle votre attention sur ce point. Ceci mérite votre attention. Ce grand artiste, je le dis avec une amère et profonde douleur, a trouvé plus facile de renoncer h la vie que de lutter contre la misère. (Mouvement.)

Eh bien I que ce soit là un grave et terrible enseignement. Je le dépose dans vos consciences. Je m'adresse à la générosité connue et prouvée de cette assemblée. Je l'ai déjù trouvée, nous l'avons tous trouvée sympathique et bienveillante pour les artistes. En ce moment, ce n'est pas un reproche que je fais à personne, c'est un fait que je constate. Je dis que ce fait doit rester dans vos esprits, et que, dans la suite de la discussion, quand vous aures à voter, soit à propos du budget de Tintérieur, soit à propos du budget de l'instruction publique, sur certaines réductions que je ne qualifie pas d'avance, mais qui peuvent être mal entendues, qui peuvent être déplorables, vous vous souviendrez que des réductions fatales peuvent, pour faire gagner quelques écus au trésor public, faire perdre à la France de grands artistes (Seftsatîon,)

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