ACHÈVEMENT DU LOUVRE
DISCOURS PR0KO:fCB A L*ASSIMBLBS CORSTXTUAMTB BV FBTRIEB 4849.
Je suis favorable au projet. J'y yois deux choses : l'intérêt de l'État, l'intérêt de la ville de Paris.
Certes, créer dans la capitale une sorte d'édifice métropolitain de l'intelligence y installer la pensée là où était la royauté, remplacer une puissance par une puissance, où était la splendeur du trône mettre le rayonnement du génie, faire succéder à la grandeur du passé ce qui fait la grandeur du présent et ce qui fera la beauté de l'avenir, conserver à cette métropole de la pensée ce nom de Louvre, qui veut dire souveraineté et gloire; c'est là, messieurs, une idée haute et belle. Maintenant, est-ce une idée utile?
Je n'hésite pas; je réponds : Oui. .
Quoi! vivifier Paris, embellir Paris, ajouter encore à la haute idée de civilisation que Paris représente, donner d'immenses travaux sous toutes les formes à toutes les classes d'ouvriers, depuis l'artisan jusqu'à l'artiste, donner du pain aux uns, de la gloire aux autres, occuper et nourrir le peuple avec une idée, lorsque les en-
Demis de la paix publique cherchent à Foccaper, je ne dis pas à le nourrir, avec des passions, est-ce que ce n'est pas là une pensée utile?
Mais Fargent ? cela coûtera fort cher. Messieurs, entendons-nous, j'aime la gloire du pays, mais sa bourse me touche. Non-seulement je ne veux pas grever le budget, mais je veux, à tout prix, Talléger. Si le projet, quoiquUl me semble beau «t utile, devait entraîner une charge pour les contribuables, je serais le premier à le repousser ; mais, Texposé des motifs vous le dit, on peut faire face à la dépense par des aliénations peu regrettables d'une portion du domaine de TÉtat qui coule plus qu'elle ne rapporte.
. J 'ajoute ceci : cet été, vous votiez des soounes considérables pour des résultats nuls, uniquement dans Vmtentioo de faire travailler le peuple. Vous compreaiez st bien la haute importance moiale et politique du travail, que la seule pensée d'en donra»* vous sufûsait* Quoi! vous accordiez des travaux stériles, et aujoopd'hui vous refoseiiez des travaux utiles ?
Le projet peat être améli(n*é. Ainsi, il faudrait oonserver toutes les menuiseries de la bibliothèque actuelle, qui sont fort beUes et fort précieuses. Ce sont ià des détails. Je signale une lacune plus importante. Selon moi, il faudrait compléter la pensée du projet en instal* lant l'Institut dans le Louvre, c'est-à-dire en faisant siéger le sénat des inlèlligences au milieu des produits de l'esprit humain. Représ^tez-vous ce que serait le Louvre alors 1 D'un côté une galerie de peinture coi¶ble à la galerie du Vatican, de l'autre a ne bë)liothèque comparable à la bibliothèque d'Alexandrie ; tout près cette grande nouveauté des temps, modernes, le oa-.
lais de rindustrie ; toute connaissance humaine réunie et rayonnant dans un monument unique, au centre Tlnstitut, comme le cerveau de ce grand corps.
Les visiteurs de toutes les parties du monde accourraient à ce monument comme à une Mecque de rintelligence. Vous auriez ainsi transformé le Louvre. Je dis plus, vous n'auriez pas seulement agrandi le palais, vous auriez agrandi l'idée qu'il contenait.
Cette création, où Ton trouvera tous les magnifiques progrès de Vart contemporain, dotera, sans qu'il en coûte un sou aux contribuables, d'une richesse de plus ]a ville de Paris, et la France d'une gloire de plus.
J'appuie le projet.