‹ Littérature populaire de NormandieChapitre 4 sur 22 · LE CHŒUR · texte numérisé non relu

LE CHŒUR

Taupes et mulots, Si tu viens dans men clios, J'te brûle la barbe et les os.

— 49 ~ Bien rares sont les ondiaes en Normaadie : Chahreiies dens le Calvados, Bétes Havettes dans la Manche. Nous en trouvons uoe dans la fée de la Fontaine, légende racontée en style très littéraire, par M. Boyer, de Domfront. Elle semble faite après coup, au service d'une étymologie de fantaisie. Elle se passe dans le château de Carrouges. Le comte Kalph avait épousé Louise de la Motte, personne accomplie. Elle devient mère ; Ralph invite les seigneura, ses voisins, à des fêtes, à des parties de chasse. Il arrive au bord d'une fontaine où il entend une voix de sirène et il tombe à genoux devant une beauté incomparable, mais sévère. Toutefois, devant un joli compliment, elle s'adoucit et puis engage avec lui une danse échevelée où la danseuse enlève son cavalier et lui fait faire avec elle un plongeon dans un monde mystérieux, mais de délices, puisque Ralph, quand tout dormait au château, allait au séjour de la fée. Comment il n'en sortait pas mouillé, trempé, l'histoire ne le dit pas. Mais sa jeune femme a des pressentiments. Elle découvre tout et se dispose à se venger. Un coup de poignard à la fée, mais elle plonge et n'a pas de mal ; or c'était une fée vindicative. Le lendemain on trouve le comte un poignard dans le cœur avec ce billet : « Je suis vengée... u puis on aperçut la comtesse étendue sur son lit, et une main imprimant uuo tache de sang à son front. Elle eût six enfants, tous stigmatisés au même endroit, aussi le nom leur fut donné de Carrouge, qui signifie car (chair) rouge.

Malgré notre richesse philologique en appellations diaboliques, nous n'avons pas gardé ce terme celtique de dusius, lutin, transmis par Isid, de Séville et resti3 dans le breton Teuz, et il est également usité en Suède et eu Islande sous la forme de Duis. Les Anglais l'ont aussi : deuce, deuse et dose. Saint Augustin l'emploie aussi sous forme de Dusius, dans la Cité de Dieu (Liv. 13, 23.) Noos avons ici un de ces rares vocables qui sont à la fois celtiques et germaniques, par communauté du point de départ des deux langues. C'est un gobelin breton qui nous donne l'expression ic courir le guildou » (litt. le chien noir.) Si les fées, qui sont des naines, se présentent en grand nombre en Normandie, les nains y sont aussi rares qu'ils sont abondants en Bretagne. Nous y signalerons on nain peu connu, le nain Cliethone, de tradition aocieniie, puisque Mme Ëvelyu Desormery en a publié une version du , XIII* siècle.

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