‹ Littérature populaire de NormandieChapitre 5 sur 22 · CYCLE DU DIABLE · texte numérisé non relu

CYCLE DU DIABLE

Le diable est la personniflcation da mal, dans la poésie et dans Tart ; il est représenté par le laid et ses diyerses formes sont des êtres hideux et malfaisants, mais doués d'une grande puissance.

La plus importante des traditions normandes sur le génie du mal, c'est l'histoire de Robert-le-Diable. Qui est historiquement ce Robert? La question, longuement débattue, spéc, par Edel. du Méril, est tranchée par la version populaire qui fait de son héros le fils du duc Aubert, bien antérieur à Roiion et le fait ainsi rentrer dans le cycle de Gharlemagne. Pour nous, Robert-le-Diable, par sa date et par l'impossiblilié d'expliquer son histoire par le Robert historique, duc de Normandie, personnifie le terrible pirate Scandinave pour l'imagination effrayée et vengeresse du peuple.

C'est un des plus beaux trésors du savoir populaire, de ce folk^ lore, d'où vient de sortir un groupe de conteurs, les Folkloristes. En effet, deux époques partagent la vie de Robert, celle où il est païen, celle où il se fait chrétien, C'est le Viking converti. Ce serait même de Rollon que ce type se rapprocherait le plus. Il s'appelle, dans la légende, Robert-le-Saint, et l'on sait que Robert fut le nom de Rollon baptisé ; Robert-le-Diable épouse la fille du roi de Rome ; Rollon épouse la fille du roi de France. Cf. ici la Vie du terrible Robertle-Diable^ lequel fut après nommé Lomme-Dieu, version eh prose du XV' siècle, qui est devenue le conte de la bibliothèque bleue. Notre histoire légendaire a donné aux pastorales basques Richard-sans- Peur^ duc de No7*niandie, (Vinson, Eléments des pastorales basques).

Le terme herbe à Robert, en angl. herb Robert, d'où le noin géranium Robertianum^ nous semble appartenir à cette légende, d'autant mieux que Mlle Bosquet signale l'herbe qui égare, en norm. qui égaire^ comme une des croyances attachées aux ruinés des Moulineux. Encore une étymologie fondée sur un calembourg; écrivez aiguaire^ l'herbe aquatique, et vous en avez le point de départ. Signalons encore le cri des Lubins : « Robert est mort t » La contre-partie du héros méchant est Richard-sans-Peur, l'idéal du chevalier, dans lequel on retrouve visiblement le Richard de rhistoire. Un trait de la légende/ c'est qu'il épouse un démon

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