GLOIRE A JÉSUS, AU TRÈS-SAINT SACREVENT
7 octobre 1661 ', MONSIKIR,
Encore que los consolations soient importunes dans It^ grandes afflictions comme est la vôtre, je me promets que vous recevrez ce billet comme une marque du respect qui me porto à vous rendre mes très-humbles devoirs dans une occasion où il est impossible que vous ne croyez pas que je suis extraordinairement touchée, notre perte nous étant commune, et, si je Tose dire, plus grande pour les personnes qui avoient à passer leur vie avec celle chère sœur. Feue notre mère l'eût extrêmement regrettée, el cependant elle Taura reçue avec joye, parce que ses pensées ne sont plus nos pensées, et qu'elle regarde nos intérêts d'une autre manière qu'elle ne le faisoit étant avec nous ; el cette même chère sœur que nous pleurons ne peut plus pleurer nos perles, mais elle désire seulement que nous nous perdions entièrement dans la volonté de Dieu comme elle a fait. L'évangile que Ton disoil le jour de sa mort nous a mar({ué ce que nous devons faire dans cet événement et dans tous les autres qui sont si contraires à notre raison, dans les attaches les plus justes qu'on puisse avoir, quand Jésus-Christ nous apprend cà consentir à toui
' Rec. de M. Périep. p. 137.
ÉCRITS ET LETTRES DE JACyt'ELINE. ïll. 1652 A 1661 . 345
ce que Dieu fait, parce qu'il lui a semblé boft d'en user de la sorte. C'est la seule parole quenous avons à dire en celte occasion, et, pour rendre à cette chère défunte ce que nous devons à l'extrême charité qu'elle a eue pour nous, de remercier Dieu, pour elle et avec elle, de ce qu'il lui avoit fait connoitre le mystère de l'humilité de Jésus-Christ, en sorte qu'elle fût dans ses qualités naturelles du nombre des sages, lui ayant fait la grâce de renoncer entièrement à tout ce qu'il avoit mis d'excellent eu elle, et de ne s'en servir que pour l'abaisser plus que toutes celles qui n'avoient pas tant de connoissance de Dieu et de soyluéme qu'elle en avoit. Vous connoissiez son mérite, monsieur, beaucoup mieux que nous ne le faisions; et étant aussi chrétien que vous l'êtes, vous ferez un présent à Dieu, qui sera tout volontaire, encore que vous soyez tout pR'venii de la nécessité que Dieu nous impose, afin que lions ne nous éloignions pas de l'acceptation de ses dessiMi]s. Je le supplie, monsieur, qu'il vous donne tout ce qu'il vous demande, et qu'il me rende digne de vous rendre devant lui tout ce que je dois à votre charité et à la mémoire d'une personne qui vous étoit si intime comme à nous.
C'est, monsieur, votre très-humble et très-obéissante servante en Jésus-Christ ,
Sœur Catherine Agnès De Saint Paul, Religieuse indigne.
Terminons toutes ces citations par cette lettre de Nicole ' à madame Périer.
' Communiquée par M. Hecquet d'Orval.