DU REGISTRE DES DÉLIBÉRATIONS
Séance du 29 novembre 1878
NAVIGATION ET CHEMIN DE FER DE SAINT-LOUIS A ARLES
M. Xardel, Président, lit le rapport suivant sur les demandes d'amélioration de la navigation du Rhône, et la création d'une voie ferrée entre Arles et le port Saint- Louis- du -Rhône.
Messieurs, J'ai l'honneur de vous soumettre le rapport dont vous m'avez chargé, relatif à la demande de la Société de Saint -Louis -du -Rhône, tendant à ce que les travaux pour
(1) Il y a ici sans aucun doute une erreur de copiste.
Le rapporteur du Conseil général n'a certainement pas voulu parler du chemin de fer d'Arles à Marseille qui existe déjà depuis longtemps, mais de celui de Saint-Louis à Marseille, qui mettrait cette dernière ville à une heure du port Saint- Louis, et transformerait en un de ses faubourgs ce nouveau port que Marseille a lui-même demandé avec instance pour ouvrir le Rhône à la grande navigation maritime, et assurer ainsi à son commerce, mieux que par tout autre moyen, les immenses avantages qu'il est appelé à retirer de l'amélioration de notre grand fleuve méditerranéen.
l'amélioration de la navigation du Rhône, ainsi que le chemin de fer d'Arles à Saint- Louis soient exécutés dans le plus bref délai.
Vous savez, Messieurs, que les travaux pour l'amélioration de la navigation du Rhône sont décrétés. Il importe qu'ils soient poursuivis avec ceux que réclament nos autres voies navigables.
Notre contrée, en particulier, a le plus grand intérêt à ce que le canal de l'Est, dont l'exécution marche avec activité, puisse aboutir à la mer par les améliorations (lue nécessitent la Saône et le Rhône. Ces travaux, qui vont mettre la Méditerranée en communication avec nos diverses voies navigables, peuvent, nos chemins de fer aidant, nous assurer le transit avec l'Angleterre, la Belgique et une partie de l'Allemagne»
En présence d'un intérêt national, vous déciderez que, sans prétendre vouloir donner la préférence à une voie plutôt qu'à une autre pour aboutir par eau d'Arles à la mer, nous devons nous associer aux divers corps délibérants qui demandent une prompte exécution des travaux nécessités pour la navigation de Lyon à la Méditer ranée.
Mais, quelles que soient les facilités accordées à la navigation, une partie des marchandises, et peut-être la plus grande, qui entreront ou sortiront par la Méditerranée, devront avoir recours à la voie de fer. Le Port- Saint- Louis, placé à la fois sur le Rhône et sur la mer, doit être relié avec Arles par un chemin de fer décrété d'intérêt général depuis 1873; il aura 38 kilomètres de trajet pour emprunter à Arles le chemin de fer de Paris* Lyon- Méditerranée, dont le parcours de cette dernière ville à Marseille est de 89 kilomètres. Ce nouveau chemin de fer est donc destiné à abréger de 51 kilomètres le trajet d'une masse considérable de marchandises qui emprunteront la voie ferrée pour aboutir à la mer ou de la mer au continent.
Cette différence de trajet représente une économie de transport qui ne doit pas être évaluée à moins de 2 fr. 50 par tonne; car il n y a pas à faire entrer en ligne de compte la différence de fret en mer. Ce fret est le même, que les marchandises empruntent le port de Marseille ou celui de Saint-Louis.
Par ces considérations, il importe de ne plus mettre de délai à la construction du ch?min de fer qui doit relier Port -Saint -Louis à Arles. Cette amélioration sur les transports s'impose au plus haut degré parmi celles que nous devons attendre des chemins de fer.
J'ai l'honneur, en conséquence, de vous proposer d'adopter le vœu :
1° Que les travaux nécessaires sur le Rhône et la Saône, pour permettre la navigation de ces rivières à la Méditerranée, reçoivent une prompte exécution;
2° Que le Gouvernement veuille bien intervenir pour l'exécution prochaine du chemin de fer projeté d'Arles à Saint-Louis-du- Rhône.
La Chambre adopte les conclusions du présent rapport.