DEPARTEMENT DE VAUCLUSE
EXTRAIT
DU REGISTRE DES DÉLIBÉRATIONS DU CONSEIL GÉNÉRAL
2 e session de 1878.
Séance du 21 août 1878.
PORT SAINT-LOUIS-DU-RHONE
NAVIGATION ET CHEMIN DE FER DE SAINT-LOUIS A ARLES
A la reprise de la séance, M. Morard, au nom delà Commission des travaux publics, présente le rapport suivant :
« Les travaux du port Saint-Louis, dans le bas Rhône, sont à peu près terminés; ils ont déjà coûtée l'Étal la somme de 20 millions (1); et ce port, qui intéresse la France en général, mais plus particulièrement les départements qui forment les bas-
(1) Ce chiffre représente le prix coûtant du canal; mais, en y ajoutant les intérêts, le coût total, ainsi qu'il a déjà été expliqué, s'élève aujourd'hui à plus de 26 millions.
sins du Rhône et de la Saône, n'atteindrait jamais toute l'importance à laquelle il est appelé, si Ton ne créait le chemin de fer d'Arles à Saint-Louis, Mais ce chemin de fer déjà concédé, ne peut être construit qu'avec l'aide et le secours de l'État, à cause de exigences de la C>mpagnie Paris-Lyon- Méditerranée qui ne veut consentir à accepter le transit des marchandises venant de port Saint-Louis qu'au prix du parcours kilométrique de Marseille à Arles, bien que Saint-Louis offre un avantage de 51 kilomètres, et, partant, une économie considérable sur les frais de transport.
« D'un autre côté, on ne peut espérer de longtemps de voir s'exécuter les travaux destinés à assurer la navigation du bas Rhône.
« Cet état de chose? a ému les Chambres de commerce de Constantine (Algérie) d'Avignon, de Saint-Étienne, de Chalon-sur-Saône et de Lyon, et les Conseils généraux des départements qui avoisinent les bassins du Rhône et de la Saône. Leurs délibérations témoignent de leur intérêt à la construction du port Saint-Louis.
» Le Conseil général de Vaucluse est invité, à son tour, à donner son avis sur la prompte exécution du chemin de fer d'Arles au port Saint-Louis, en demandant l'aide et le secours de l'État en faveur de cette entreprise, corollaire indispensable du port Saint-Louis.
« Votre Commission des travaux publics, m'ayant confié le dossier de cette affaire, a pensé que la réponse du Conseil général, à l'appel qui lui est fait, devait être la même que celle, fortement motivée, de la Chambre de commerce d'Avignon, qu'elle vous prie d'adopter. »
«, Le Conseil général,
a Adoptant les vues de la Chambre de commerce d'Avignon ainsi que les considérations énoncées dans les documents rappelés dans le rapport qui précède,
» Emette vœu que le Gouvernement vienne en aide à la Compagnie du chemin de fer d'Arles au port Saint-Louis, afin que ce chemin de fer soit terminé à bref délai, et que les travaux destinés à assurer une bonne navigation dans le Rhône soient également poursuivis avec activité. »