POUR VENGER DU PASSÉ
SONNET
Pour venger du passé la jalousie amère,
Souvent je me suis dit : Jeune fille n'est rien
(Si belle qu'elle brille aux côtés de sa mère),
Rien qu'un beau marbre blanc aux mains au praticien,
Qu'il mené à point, dit-on, mais que seul pousse à bien, Avant que dans Milo, déesse, on la révère, Le Sculpteur au génie amoureux et sévère. L'époux vient et se croit ce grand Corinthien :
lS'l LIVRE D'AMOUR
Il s'éprend du Paros, il arrondit l'ivoire,
Et dans son nom inscrit s'applaudit de sa gloire.
L'Amant, s'il vient plus tard, a tout fait en un jour :
Sans lui ce sein mourait; il met l'âme au sourire; Ce front dormait de marbre, un éclair le déchire. Mère, époux, vous serviez Polyclète et l'Amour !
(On n'oserait répondre que M. Quatreraère de Quincy ne trouvât rien à redire ici pour ce technique de l'art antique. Le poète a supposé que Polyclète travaillait le marbre d'après le procédé moderne.)