AUX CHAMPS-ELYSÉES
SONNET
(aux champs-élysées)
Laisse ta tête, Amie, en mes mains retenue, Laisse ton front pressé ; nul œil ne peut nous voir. Par ce beau froid d'hiver, une heure avant le soir, Si la foule élégante émaille l'avenue,
Ne baisse aucun rideau, de peur d'être connue ; Car en ce gîte errant en entrant nous asseoir, Vois, notre humide haleine, ainsi qu'en un miroir, Sur la vitre levée a suspendu sa nue.
I"1» LIVRE OAMOUR
Chaque soupir nous cache, et nous passons voilés. Tel, au sommet des monts sacrés et recelés, A la voix du désir, le Dieu faisait descendre
Quelque nuage d'or fluidement épars,
Un voile de vapeur, impénétrable et tendre :
L'Olympe et le soleil y perdaient leurs regards (4).
(1) Homère, Iliade, xiv. Ceci est retracé sur un tout autre ton, il faut en convenir, que dans les vers connus de la jolie pièce de Voltaire à Philis, lorsqu'il lui rappelle ces bons jours où dans un fiacre promenée, etc., elc. : c'est pourtant le même souvenir.