III
Oh ! que son jeune cœur soit paisible et repose, Que rien n'attriste plus ses yeux bleus obscurcis ! Pour Elle le sourire ou les larmes sans cause ! Pour moi les vrais soucis !
Pour moi le sacrifice et sa brûlante veille, Le silence et l'ennui de ne rien exprimer, Comme au novice amant qui croit que c'est merveille Qu'on puisse un jour l'aimer !
Pour moi, lorsqu'en passant son frais regard m'attire, Et dit avec bonheur : A?nit ne viens-tu pas ? Pour moi, comme un fardeau, d'hésiter à lui dire Mon cœur et ses combats ;
(1) Fait non pour elle directement, mais dans sa pensée, et en déguisant la couleur de ses yeux ; ce devait être mis dans un roman.
Du moins souvent mêler mon haleine à la sienne, El le soir, à L'abri du monde et des rivaux, De n'oser éclairer sa tendresse ancienne A des rayons nouveaux !
Pour moi de ne plus lire à sa face pâlie Les signes orageux d'un céleste avenir ! Pour Elle les trésors de la mélancolie, La paix du souvenir ;
Le bonheur souverain de gouverner une àme, De la sentir à soi, muette, à son côté ; Des gazons sous ses pas, et son pur front de femme Dans la sérénité ;
Un sommeil sans remords avec l'essaim fidèle Et les songes légers d'un amour sans eflfroi ! Amour ! abeille d'or! ô tout le miel pour Elle, Et l'aiguillon pour moi !
l'enfance d'adèle 31