VRAISEMBLANCE
Les œuvres auxquelles on a successivement proposé d’attacher le nom de Jean Foucquet, comme étant leur auteur, comprennent des miniatures de manuscrits, des tableaux sur panneaux, des dessins et des émaux. Pour ne pas surcharger le présent volume, je laisserai de côté les tableaux, les dessins et les émaux, me permettant de renvoyer le lecteur qui voudrait être plus informé à ce que j ’ai eu l’occasion d’imprimer ailleurs.* Je me contenterai d’envisager les miniatures de manuscrits.
En réalité, il n’y a qu’une seule série de miniatures qui puisse être donnée à Foucquet d’une façon absolument certaine, sur la foi d’un document. Ce sont les miniatures, de grande proportion, contenues dans le tome ier du Josephe de la Bibliothèque Nationale et authentiquées pas la note de François Robertet.
Je rappellerai brièvement que ce Josephe comprenait deux volumes, copiés originairement pour le duc Jean de Berry et passés ensuite par héritage à l’arrière-petitfils du duc de Berry : Jacques d’Armagnac, duc de Nemours. Lors de la chute du duc de Nemours en 1476, suivie de sa mort tragique en 1477, sa bibliothèque fut dispersée. Le tome ier du Josephe passa à la fille du roi Louis XI et au mari de cette fille, Pierre II, duc de Bourbon. En 1 5 22 ou 1 5 23, époque de la confiscation des biens du connétable de Bourbon, il entra dans les collections de la Couronne de France, d’où, dès lors, il n’eSt plus sorti. Quant au tome 2, il paraît avoir été séparé du tome 1 er, au temps même de la ruine et de la mort du duc Jacques de Nemours.
En 1750 ou 1756 (le dernier chiffre d’une note manuscrite qui donne cette indication étant douteux) il se trouvait passé à Londres dans une certaine bibliothèque Palmer. En 1814, on le revoit, toujours à Londres, inscrit dans le catalogue de la vente Towneley, où il figure sous le N° 8 8 8 . A cette date, le manuscrit était encore orné de plusieurs miniatures. Puis, nouvelle éclipse de près de quatre-vingt-dix ans jusqu’en 1903, où M. Henry Yates Thompson eut le mérite de reconnaître, et la bonne fortune d’acquérir le volume dans une vente faite, toujours à Londres, du 16 au 21 mars 1903. A ce moment, le manuscrit ne renfermait plus qu’une seule miniature placée au début du texte et de la même dimension que les images du tome ier. Un examen attentif permit de reconnaître que douze feuillets avaient été coupés, pris chacun à un endroit où une division du texte appelait la présence d’une illustration. Des recherches furent entreprises et, en 1905, le savant conservateur au Musée Britannique, qui eSt devenu Sir George Warner, correspondant de l’InStitut de France, découvrit dix de ces feuillets au château de Windsor, dans les collections du roi d’Angleterre.
S. M. le Roi Edouard VII voulut bien se prêter alors à une combinaison, à laquelle acquiesça de son côté M. Henry Yates Thompson. Les dix feuillets retrouvés à Windsor furent réintégrés dans le volume acquis par M. H. Yates Thompson en 1903, et, le 4 mars 1 906, S. M. le roi d’Angleterre vint en personne à Paris offrir le manuscrit, ainsi restauré, à la nation française.
* Les Antiquités Judaïques et le peintre Jean Foucquet, p. 1 04- 107 ; et chapitre sur La Peinture en France de 1422 4 1589, fourni par moi à P Histoire de l’Art, publiée sous la direélion de M. André Michel, t. 2, 2ème partie (Paris 191 1, gr., in-8°), p. 723-730.
Ces faits sont connus et je les ai exposés ailleurs plus en détail.* Mais je crois devoir les rappeler comme un juste hommage rendu à une généreuse libéralité de l’Angleterre envers la France.
Dans le tome 2, désormais réuni au tome ter à la Bibliothèque Nationale de Paris, f après une séparation de plusieurs siècles, seule la miniature initiale, qui eSt de grande dimension, peut être donnée à Jean Foucquet, par confrontation avec les peintures du tome 1er qu’authentique la note de Robertet. Les autres miniatures, beaucoup plus petites de format, sont l’œuvre d’un collaborateur, s’efforçant de se rapprocher de la manière de Foucquet, mais bien diStinft de lui. J:
Ce n’eSt pas ici le lieu de m’attarder à examiner, en détail, les peintures de Foucquet dans le Josèpbe. J’y signalerai seulement un seul point qui offre cet intérêt de se rattacher à un des rares épisodes connus de la vie du maître. C’eSt ceci qu’on y rencontre des souvenirs du voyage fait par Jean Foucquet en Italie et des monuments qu’il avait pu y voir de ses yeux. Ainsi, dans la miniature initiale du livre XIV de Josèphe, Foucquet, ayant à représenter l’intérieur du Temple de Jérusalem, y a introduit la reproduâion des fameuses Columnœ vitineœ% qui se trouvaient de longue date dans l’antique Basilique de Saint-Pierre à Rome, passant, suivant la tradition, pour provenir effectivement du Temple de Jérusalem, et qui, dans la suite des temps, ont servi de modèle au Bernin lorsqu’il imagina le gigantesque baldaquin de bronze qui surmonte, depuis le dix-septième siècle, l’autel papal, dans la basilique actuelle de Saint Pierre. [|
Pour une miniature peinte dans un autre manuscrit, nous avons, je ne dis pas une attestation formelle comme pour le Josèphe, mais du moins une sorte de commencement de preuve par écrit.
Un des documents d’archives cités plus haut nous montre Jean Foucquet employé par le roi Louis XI pour des travaux concernant l’Ordre de Saint-Michel, que le monarque avait créé par ordonnance du 1er août 1469. Le document en question parle de “ tableaux.” Mais l’ordonnance de création prescrivait au greffier de l’Ordre, de faire exécuter pour le roi un exemplaire des Statuts de l’Ordre, illustré d’une “ histoire,” c’eSt-à-dire d’une miniature, représentant le roi entouré des quinze premiers chevaliers nommés. J’ai retrouvé cet exemplaire de Louis XI à la Bibliothèque Nationale de Paris, ms. français 19819. En tête apparaît une admirable miniature représentant le roi tenant un chapitre de l’Ordre de Saint-Michel, entouré des premiers chevaliers et des quatre officiers de l’Ordre, et cette miniature, qui a la valeur d’un précieux tableau historique, offre, sous le rapport du Style et de l’exécution, de si frappantes analogies avec les peintures de Foucquet dans le Josèphe qu’on ne peut pas hésiter à y reconnaître
* P. Durrieu, Les Antiquités Judaïques et le peintre Jean Foucquet, p. 20-21.
t II y constitue maintenant le N° 21013 du fonds français des nouvelles acquisitions.
t Toutes les miniatures du Josèphe en question ont été reproduites, en héliogravures et de grandeur exaéte, dans mon livre sur les Antiquités Judaïques et le peintre Jean Foucquet. Mon si érudit confrère et ami Henri Omont les a également publiées (en réduétion pour les grandes peintures) dans un album in-8° de 25 planches en phototypies, exécutées par la maison Berthaud Frères. Celles du tome 1er avaient été antérieurement données en chromolithographies (avec forte réduétion) dans l’Oeuvre de Jehan Foucquet de Curmer.
§ Ainsi appelées parce que, dans leur ornementation, on voit sculptés des pampres de vigne (en latin : vitls), au milieu desquels se jouent des petits génies nus et ailés.
|| Cf. Durrieu, Les Antiquités Judaïques et le peintre Jean Foucquet, p. 35.
la main de Jean Foucquet.* Cette page se rattache donc à la participation que Foucquet a prise, en qualité de peintre, à l’organisation matérielle de l’Ordre de Saint-Michel.
C’était le greffier de l’Ordre qui avait dû, forcément, d’après ses fondions, se mettre alors en rapport avec Foucquet. Ce greffier était Jean Robertet, père de François Robertet, auteur de la note du fosèphe ; nous touchons ainsi à une particularité qui se révèle à nous, et à laquelle j’ai déjà fait allusion, de la vie de Foucquet : l’exiftence de relations entre lui et la famille des Robertet. A l’arrière plan de la peinture des Statuts de l’Ordre, Foucquet a placé un petit portrait, plein de vie et d’expression, de Jean Robertet. Celui-ci était digne d’ailleurs d’être lié avec Foucquet. Il n’était pas seulement un lettré, qui correspondait avec les beaux esprits de son temps, c’était encore un amateur de peintures, suivant le mouvement des arts jusqu’en dehors des limites de la France, et sachant apprécier à leur valeur Roger Van der Weyden et le Pérugin.
Une dernière considération achève de donner un prix particulier à la page initiale des Statuts de Saint-Michel peinte pour Louis XI. Forcément postérieure à l’ordonnance de création de l’Ordre, qui est du ier août 1469, elle a été terminée assez tôt pour qu’on ait pu en faire une copie avant le 20 mai 1 472 . f Ceci nous donne, pour l’exécution de la précieuse miniature, une limite de date comprise dans un écart de moins de trois ans.
Pour aller au delà du Jos'ephe et de la miniature initiale des Statuts de l’Ordre de Saint-Michel , nous n’avons plus le fil conducteur d’un rapprochement à établir avec un texte écrit. Il faut recourir à la voie de la méthode comparative, se pénétrer, par une longue et minutieuse étude, de toutes les particularités de Style et des moindres procédés de fa&ure propres à Jean Foucquet dans ses œuvres certaines, et rechercher ensuite, au moyen de ces données acquises, s’il n’y a pas d’autres miniatures dans lesquelles on puisse constater rigoureusement l’application des mêmes principes et procédés.
Cette méthode comparative n’a rien d’illégitime. Si l’on scrute les choses un peu à fond, on reconnaîtra qu’elle eSt, en somme, le fondement d’une très grande part des attributions qui sont acceptées pour les tableaux anciens, dans les musées et les plus riches colleâions particulières . Ce n’eSt pas autrement, par exemple, que, vers la fin du XVIIIème siècle, on s’eft accordé à attacher le nom de Raphaël à un tableau qui venait seulement alors d’émerger de l’ombre, non signé, sur lequel on n’avait aucun document antérieur, et qui cependant eft considéré aujourd’hui dans tout l’univers comme une des créations les plus indéniables du maître d’Urbin : la “ Vierge du Grand Duc ” du Palais Pitti.
Pour les miniatures de Foucquet, un piège e$t à éviter. Le talent exceptionnel du “ bon peintre du roi Louis XI ” a suscité de nombreuses imitations de ses créations, imitations poussées parfois jusqu’à de véritables démarquages. J’ai vu un jour, par exemple, chez un libraire de Paris, un manuscrit du tome xer des Antiquités Judaïques de
* Pour plus de détails, voir P. Durrieu, Une peinture historique de Jean Foucquet, Paris, 1891, in-4°, avec planche (extrait de la Gazette Archéologique, année 1890) ; du même, les Antiquités Judaïques, etc., p. 98-99 et planche XIX; du même, Les Manuscrits des Statuts de l’Ordre de Saint- Michel, Paris, 19 1 1, in-40, extrait du Bulletin de la Société française de reproduAtons de manuscrits à peintures, 1ère année, p. 18-20, et planche I.
f En effet, la copie en question a été exécutée pour le frère de Louis XI, Charles de France, duc de Guyenne, lequel est mort le 20 mai 1472 (Cf. P. Durrieu, Une peinture historique de Jean Foucquet, et Les Manuscrits des Statuts de l’Ordre de Saint-Michel, planche II).
Josephe, dont toutes les miniatures, peintes auXVème siècle, étaient, bien que relativement assez médiocres, des copies flagrantes des chefs d’œuvre contenus dans le Josephe de la Bibliothèque Nationale. Mais si des imitateurs se sont souvent inspirés des œuvres de Foucquet, ils n’ont pas pu s’assimiler entièrement ses qualités d’exécution, marquées au sceau d’une grande personnalité.
Chez Jean Foucquet, nous pouvons retenir, comme traits dominants, un art d imaginer des compositions, d’en grouper les aéteurs, de disposer des tableaux, en particulier des tableaux de batailles pleins d’animation, poussé à un degré de maîtrise que les plagiaires n’ont pas égalé ; une science consommée de la perspeftive ; un sentiment exquis du paysage ; une connaissance digne d’un technicien dans le rendu des morceaux d architeéîure. Ses personnages sont élégants, mais simples et naturels dans leurs geftes. Leurs visages très fins, variés, et remplis d’expression, peuvent justifier, malgré la petitesse relative des proportions, les éloges que Francesco Florio accordait à Foucquet, considéré comme portraitiste. La facture eSt légère, spirituelle. Le maître de Tours procède par petites touches, habilement jetées, mais se fondant dans un modèle savant qui satisfait pleinement l’œil le plus exigeant. Pour accentuer des détails, rendre le moelleux des plis dans les étoffes, Foucquet fait un très grand usage de hachures d or. Ces hachures sont aussi employées par lui pour faire apparaître, aux arrières plans, en quelques coups de pinceau, des figurines traitées comme des espèces de camaïeux, sur un fond brun ou quelquefois bleu.
La supériorité du maître éclate encore dans le coloris, tantôt brillant et gai, tantôt se maintenant dans une gamme plus sombre de tons fauves ou brunâtres, mais toujours d une rare harmonie dans l’ensemble. Très en avance à cet égard sur son temps, Foucquet sait rendre les jeux de l’atmosphère et de l’atmosphère propre à la France, de cette lumière moins brillante que celle d’Italie, faisant moins vibrer les tons que l’air plus humide de la Flandre ou de la Hollande, mais si délicate dans ses demi-teintes et que des brumes légères rendent encore plus séduisante.
Parmi les couleurs qu’affectionne Foucquet, il convient de noter spécialement un beau bleu, de “ fin azur ” comme disent les textes du Moyen-Age. Ce bleu eft employé en particulier pour la peinture des ciels, qui dominent les paysages, d’une valeur soutenue à la partie supérieure, et se dégradent peu à peu en descendant, de façon à arriver presque à un blanc bleuâtre sur la ligne d’horizon. Chez Foucquet, quand la scène se déroule en plein air, le ciel a toujours le beau bleu profond comme note dominante. C’ea là ce qui ressort de l’ensemble de toutes les constatations pouvant être faites, et qu’il convient de signaler comme un important élément de critique.
En faisant état de toutes ces considérations, il eSt certains manuscrits, dans lesquels on a proposé jadis de reconnaître des peintures de la main même de Jean Foucquet, qu’il faut délibérément écarter de notre chemin comme ne répondant pas, en ce qui concerne leurs miniatures, aux données voulues. C’eSt le cas, par exemple, pour deux exemplaires de la traduâion française de Tite-Live par Pierre Bersuire, tous deux à la Bibliothèque Nationale de Paris, le Tite-Live dit de la Sorbonne ou de Rochechouart * et le Tite-Live dit de Versailles. f Ces deux manuscrits sont très beaux ; la majeure partie de
* MSS. français 20071 et 20072. Voir sur ce manuscrit: P. Durrieu, le Tite-Live delà Sorbonne et le Forum romain. Paris, 1913, in-40, avec planches, extrait du tome XXI des Monuments et mémoires de la Fondation Piot, publiés par l’Académie des Inscriptions et Belles-Lettres.
t MSS. français 273 &274. J’ai donné quatre des images de ce volume, en héliogravures, dans mes Antiquités Judaïques, p. 25. La série entière vient d’être publiée en phototypies, par les soins deM. H.Omont, dans un album in-8°, éditée chez Catala Frères (ancienne maison Berthaud Frères).
leurs miniatures, surtout dans le Tite-Live de la Sorbonne, trahissent une influence très accentuée des œuvres de Foucquet ; cependant la facture n’est pas celle du bon peintre de Louis XI et, en outre, dans le Tite-Live de Versailles nous rencontrons constamment, pour le rendu du ciel dans les paysages, un gris-violacé tout différent du beau bleu des ciels de Foucquet.
Tel eSt le cas aussi, quoique nous ayons là plus que des imitations, de vrais “ pastiches ” de Jean Foucquet, pour quelques miniatures très jolies et très fines, qui se rencontrent, mélangées à quantité d’autres images de mains différentes, dans les Heures de Louis de Laval (ms. latin 920 de la Bibliothèque Nationale).
N’a-t-on même pas été jusqu’à vouloir donner à Jean Foucquet des peintures de manuscrits qui datent seulement du XVIème siècle,* très postérieures par conséquent à la mort du maître !
Après avoir préalablement mis hors de cause ce qui n’a été attribué qu’à tort à Jean Foucquet, il reste une remarque générale à faire sur les suites plus ou moins nombreuses de miniatures de manuscrits, où tout eSt bien d’accord avec ce que la critique vient révéler du Style et des procédés propres au maître.
Dans plusieurs de mes publications antérieures, je suis revenu à diverses reprises sur ce fait, attesté par des documents d’archives, que, en France, au XlVème et au XVème siècles, les artistes qui parvenaient à la notoriété, peintres et enlumineurs de manuscrits, avaient auprès d’eux, pour les seconder, des auxiliaires et des élèves, des “ varlets,” des “ apprentis ” disait-on en français, des “ famuli ” écrivait-on en latin. Un miniaturiste en vue ne se bornait pas à travailler de sa propre main ; c’était encore un chef d’atelier dirigeant de haut une besogne dont il laissait une partie plus ou moins importante à ses aides, opérant sous son inspiration. J’ai comparé le cas de ces artistes chefs d’atelier à celui d’un Raphaël au XVIème siècle, d’un Rubens au XVIIème. Eux aussi étaient entourés d’un cortège d’élèves et de collaborateurs, et dans la série des créations auxquelles on attache leurs noms glorieux, les “ Loges ” du Vatican pour Raphaël, la “ Galerie de Marie de Médicis ” autrefois au Luxembourg, aujourd’hui au Musée du Louvre, pour Rubens, il y a bien des parties auxquelles ni Raphaël ni Rubens n’ont pas touché personnellement de leurs propres pinceaux.
Jean Foucquet a très certainement suivi l’habitude de son temps et qui devait se perpétuer plus tard. Dans les manuscrits à peintures auxquels il a prêté son concours, on rencontre, à côté de pages d’un ordre tout à fait supérieur, des morceaux moins bien réussis, moins soignés, d’un faire plus lâché. Ce sont évidemment de simples produirions d’atelier, mais des produirions d’atelier dérivant direiTement du maître, qui reflètent ses principes individuels, reproduisent l’esprit de ses compositions, ses notes de coloris, ses types de personnages, sa façon de modeler les détails par hachures d’or, etc., etc.
Tout en reconnaissant que ces produirions d’atelier n’ont qu’une valeur relativement secondaire, par rapport aux purs originaux, il convient malgré tout de ne pas les distraire de l’ensemble de l’œuvre du maître, de la même façon que nous continuons à faire toujours honneur à Raphaël des “ Loges ” du Vatican et à Rubens de la totalité de la “ Galerie de Marie de Médicis,” encore que nous sachions parfaitement quelle part y revient à l’intervention de collaborateurs divers.
• Sur ces miniatures indûment attribuées à Jean Foucquet, voir mes Antiquités Judaïques, p. 103, note 6.
Après plus d’un tiers de siècle de recherches et d’études critiques cffcâués à peu près dans toute l’Europe, voici à quels résultats je crois être arrivé en ce qui concerne la détermination des manuscrits dans lesquels Jean Foucquet a peint un plus ou moins grand nombre de miniatures.
Ces manuscrits peuvent se partager en deux catégories, d’une part les volumes qui renferment des textes d’ouvrages profanes ; d’autre part, les Livres d’Heures.
MANUSCRITS D’OUVRAGES PROFANES (en sus bien entendu du Josèphe de la Bibliothèque Nationale et de l’exemplaire peint pour Louis XI des Statuts de l’Ordre de Saint-Michel) :