‹ Livre d'or des Franco-américains de Worcester, Massachusetts [microforme]Chapitre 22 sur 159 · SEPTEMBRE 1869, 17 JANVIER · texte numérisé non relu

SEPTEMBRE 1869, 17 JANVIER

‘Si l'on m'enterre à Châteauguay, je préfère reposer dans le lot de ma famille et non dans l'église. Si je meurs curé de n’importe quelle paroisse, qu'on m'y enterre, à moins toujours qu'on ne me transporte chez moi à ‘‘Notre-Dame’’.

‘Dispositions de mes biens :—

‘‘1°.—$500 (cinq cents piastres) seront données au Séminaire de Saint-Hyacinthe, à la condition d'y célébrer mille messes à mon intention.

‘‘2°.—$500 (cinq cents piastres) au Séminaire de Sainte-Thérèse, à même condition.

‘‘4°.—$2000 (deux mille piastres) seront données à Notre- Dame-des-Canadiens de Worcester, à condition que le curé d'’icelle emploiera, chaque année, les intérêts légaux de cette somme à aider des petits Canadiens de la paroisse, filles et garçons, à aller étudier dans les couvents et les collèges. N. B.—Les religieuses et le curé choisiront les sujets les plus dignes d’encouragement. Les proches parents du curé seront toujours hors du concours. Faute de sujets, les intérêts seront capitalisés au profit des enfants toujours.

‘‘5°.—$500 (cinq cents piastres) pour l'œuvre de la ‘‘Société de la Sainte-Famille’’ de Worcester, Mass., ou toute autre s0ciété spécialement chargée de prendre soin des pauvres de ‘‘Notre-Dame’’. N. B.—A moins qu’une très grande misère ne nécessitât l'emploi de cet argent, je désire que les intérêts seuls soient distribués aux plus nécessiteux, afin de créer un fonds de réserve.

‘‘8°.—$250 (deux cent cinquante piastres) seront données à l'orphelinat catholique de Worcester, Mass. Celui tenu par les Sœurs Grises’’.

Après le sermon, tous les pères de famille se présentèrent, sur l'invitation du prédicateur, pour recevoir un souvenir du défunt, sous forme d’une carte funéraire. Cette carte porte sur un côté le portrait de feu M. Primeau, avec les quelques paroles: ‘‘A la mémoire de Jean-Baptiste Primeau, prêtre, mort à Montserrat, Petites Antilles, le 3 juin 1899, à l'âge de 63 ans”. ‘‘Mes amis, je vous prie de ne jamais m'oublier: que votre foi ne soit jamais ébranlée; nous nous reverrons dans l'éternité’’.

Comme on a pu le voir, c'est Notre-Dame-des-Canadiens—sa chère Notre-Dame-des-Canadiens, comme il l'appelait—qui reçut la dernière pensée, le vœu suprême de l'abbé Primeau. Quoi

l'histoire de cette paroisse. Notre-Dame était son œuvre et il

était juste que ce fût son sort qui le préoccupât le plus à l'heure de la mort.

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