CHAPITRE XIV
Les successeurs de l'abbé Primeau.—Un bref ‘‘interrégne”’— Les Révérends Pères Vignon, Leblanc et Beaudry, S. J— L'abbé Brouillet est nommé C'uré.—Ses œuvres. —Son caractère—Sa mort.
Après le départ de l'abbé Primeau la paroisse fut d’abord gérée par deux Jésuites de Montréal, le Révérend père Vignon curé et le Rév. Père Leblanc vicaire, puis quelques mois plus tard, le Père Vignon ayant été rappelé au Canada, il fut remplacé comme curé par un autre Jésuite, le Révérend Père Beaudry.
Mais cette gérance n'était que temporaire. Le 16 Juillet 1883, l'Ordinaire du diocèse plaçait à la tête de la paroisse, l'abbé Joseph Brouillet.
L'œuvre de l'abbé Brouillet à Worcester parle hautement pour lui.
Le nouveau pasteur se trouvait chef d’une population de langue française de 6,000 âmes. Cette population était dispersée aux quatre coins de la ville.
De suite il songea à faciliter à ses ouailles, l’accomplissement de leurs devoirs religieux.
Mais d’abord en 1885, il se rendit acquéreur de la propriété où se trouve actuellement le cimetière Notre-Dame.
11 fut assisté dans le choix de cette propriété par un comité, comprenant MM. J. B. Tougas, Auguste Charbonneau Prosper Pero, Timothée Goodney, Michel Girard, Pierre Fontaine, Alfred Dupré, Paul Langlois, Alexandre Belisle père, Camille Toupin, Joseph Hamel, F. X. Lucier, Napoléon P. Huot et Narcisse Boulé.
Le prix d'achat fut de $4,400—le terrain avait une supercie de 22 arpents. On avait perçu pour le monument central $280.
C'est le 30 mai 1885 que le cimetière fut béni.
Au mois d'octobre 1884 le curé achetait la propriété de M. Léon Robert, au coin des rues Southgate et Grand, au prix de $5,000. Une chapelle fut construite, et le 10 janvier 1886 il y célébrait la première messe. La chapelle était dédiée à Sainte-Anne, c'est aujourd’hui l'église Saint-Nom-de-Jésus. Les initiateurs étaient l'abbé Brouillet, J. O. Seymour, Charles Wilmot, Napoléon Lavigne, Antoine Plante, Joseph Tellier, Zéphirin Granger, Louis Lapierre, Nicolas Lamothe, Honoré Beauvais, André G. Lajoie, Moïse Allen.
Le 26 septembre 1886, la première assemblée des Canadiens de la côte (Oak Hill) eut lieu pour la fondation de la succursale Saint-Joseph. Les initiateurs étaient l'abbé Brouillet, Napoléon P. Huot, Samuel Pilet, Damase Lajoie, Pierre Hébert, J. Arthur Roy, Narcisse Lavigne. Il y avait alors 375 familles. La première collecte rapporta $305. Le 17 avril 1887 la première messe a été célébrée.
Le 26 août 1881, les religieuses de Sainte-Anne arrivèrent à Worcester, et les ler et 2 septembre avait lieu l'ouverture des écoles paroissiales. Il y avait sept sœurs, 552 enfants inscrits. En 1882 il y avait 10 religieuses et le nombre d'élèves allait en augmentant.
Le ler septembre 1885, l'abbé Brouillet fit l'ouverture des classes de South Worcester: 212 élèves fréquentaient cette école, dirigée par deux nouvelles religieuses.
Le ler septembre 1886, l'école Saint-Joseph a aussi été fondée par l'abbé Brouillet, sous la direction des sœurs de Sainte-Anne. A cette date, 14 religieuses formaient le personne! et 1682 élèves avaient passés dans les écoles.
En 1887, le recensement fait par l'abbé Brouillet donnait uue population de 7,900 âmes, dont 5,000 communiants. Pendans cette année la dette de l'église qui était de $22,000.00 fut réduite de $5,000.
Le 20 novembre 1887 les Canadiens de Stoneville furent
réunis à la paroisse Notre-Dame; l'abbé Brouillet célébra la première messe dans l'école publique de Stoneville, le dimanche, 27 novembre suivant.
Le 8 août 1889, l'abbé Brouillet autorisait des jeunes demoiselles du Tiers-Ordre de Saint-François d'Assises à fonder ‘‘L'Orphelinat Canadien de Worcester'', situé à l’encoignure des rues Southgate et Grand, dans la bâtisse qui servait de chapelle et d'école, à South Worcester. Trente-cinq orphelins et cinq vieilles personnes recevaient alors les soins de ces demoiselles.
Le 31 janvier 1891, les Sœurs Grises arrivèrent à Worcester et prirent la direction de l'Orphelinat Canadien-Français, situé au No. 76 de la rue Southgate, qui fut transféré le 30 janvier 1893, dans la bâtisse actuelle, sur la rue Granite. L'abbé Brouillet avait fondé l'orphelinat avec l'approbation de Mgr. P. T. O'Reilly.
Durant l'année 1892, sur l'invitation de l'abbé Brouillet, Mgr. Emard, évêque de Valleyfeld, officiait pontificalement à Notre-Dame à l'occasion du quatrième centenaire de la découverte de l'Amérique par Christophe Colomb.
Le 30 mai 1893, eut lieu la bénédiction de l'Orphelinat Sainte-Anne, œuvre de l'abbé Brouillet, par sa Grandeur Mgr. T. D. Beaven, et la bénédiction d’une statue de Sainte- Anne, don des paroissiens de Notre-Dame, qui fut transportée solennellement à l'Orphelinat, à la clôture de la neuvaine à Sainte-Anne prêchée par le Rév. Père Caron, rédemptoriste, de Montréal.
Bientôt un magnifique terrain de 90,000 pieds fut mis en vente et on put l'acheter pour environ 40 cents du pied. Sur ce terrain se trouve l'église Saint-Antoine; c'est une grande et solide construction en briques à quatre étages, valant de $10,000 à $12,000. Ces avantages furent soumis à l'autorité diocésaine qui, après de longues et mûres réflexions, signa le 20 mars 1895 les actes qui mirent la paroisse en possession d’un terrain d’une grande valeur, borné par les rues Green, Harding, Bradley et Lamartine. Grâce à cette acquisition, la paroisse Notre-Dame se trouvait en possession d'un terrain
même plus spacieux que celui qu'il lui fallait pour l'établisse. ment de ses écoles. La dette, il est vrai, était de $66,000, de. puis l'acquisition de ce terrain, qui a coûté $55,000.
Le 9 janvier 1901, l'abbé Brouillet célébrait le 25ième anni. versaire de son ordination à la prêtrise. Dès la veille, les enfants des écoles avaient réuni leurs hommages et leurs souhaits de bonheur aux pieds de leur bon père spirituel. Mgr. Beaven avait voulu honorer la circonstance de sa présence. Cette fête fut suivie d'une autre démonstration à l'orphelinat Sainte-Anne, laquelle démontra encore les sentiments de dévouement et d'amitié que l'abbé savait inspirer à tous.
Le 30 mai le clergé du diocèse de Springfeld et les paroissiens de Notre-Dame donnèrent à leur estimé pasteur et confrère, une marque tangible de leur affection, de leur reconnaissance et de leur respect. Une messe solennelle, un diner au Café Rebboli, et une séance le soir au Mechanics Hall, voi. là le bilan de la journée. M. le curé Brouillet officia lui. même à la messe. M. l'abbé Louis David Grenier, vicaire au nom du clergé, présenta au héros de la fête, un chèque de $525.
L'événement le plus important de l'année 1902, pour les paroissiens de Notre-Dame, a été l'acquisition pour cette pa-
jusqu'à la rue Trumbull Pour une somme totale de $85,200. M. Alexandre Belisle fut le courtier chargé de ces achats. Cette acquisition assurait l'existence de l'établissement reli. gieux de la paroisse Notre-Dame au centre de la ville; et permettait de loger les classes de l’école paroissiale dans un local plus hygiénique.
Les terrains ainsi achetés avaient une superficie totale de 30,000 pieds carrés. Le contrat pour l'achat de la propriété, occupée par l’église fut signé le 9 juillet, et celui pour les propriétés Clark, Kendrick et Flagg trois semaines plus tard.
La bénédiction solennelle de la nouvelle église fut faite le dimanche le 19 juillet par Mgr. T. D. Beaven, en présence d'un nombreux clergé et des délégués de toutes les sociétés
canadiennes de la ville. Le sermon du jour fut prononcé par l'abbé C. H. Crevier, curé de Holyoke. Après le sermon il y eut dévoilement d'une statue de Saint-Antoine de Padoue.
Trop tôt le dévoué et bien aimé pasteur qu'était l'abbé Brouillet fut ravi à l'affection de ses paroissiens. Il succomba peu de temps après son retour d'un long voyage qu'il avait entrepris précisément dans le but de récupérer sa santé.
L'abbé Brouillet mourut à l'hôpital Saint-Vincent de Paul de Worcester, le 9 mai 1904, à la suite d'une opération pour l'appendicite. Ce fut l’une des plus courtes opérations de ce genre, qu'on ait enregistrées; quelques minutes avant sa mort, il était encore en pleine possession de ses facultés mentales mais il tomba tout-à-coup dans un état comateux et ce fut la fin. Il expira paisiblement en prononçant ces paroles: ‘Je crois que vais mourir et je suis prêt. Que la volonté de Dieu soit faite’.
Ses deux vicaires, MM. les abbés L. D. Grenier et Adélard Landry, ainsi que les abbés Gagnon et Jules Graton de Gardner, et J. E. Marcoux de Fitchburg, étaient au chevet du moribond. Comme il était encore sous l'effet de l'éther, l'abbé Landry, pour qui le défunt avait toujours manifesté un intérêt tout paternel, s'approcha du curé mourant et lui administra l'Extrême-Onction, immédiatement après le Dr. Michael F. Fallon annonçait qu'il n'était plus.
Les docteurs Napoléon Jacques, Michael F. Fallon, Stephen A. Bergin, J. F. Kenney, Arthur Barnes, Joseph Charbonneau et Timothy J. Foley assistaient à l'opération.
Le bon père Brouillet étant mort, les glas funèbres des églises Notre-Dame et Saint-Antoine annoncèrent la triste nouvelle à toute notre population et les regrets furent universels. Un homme de bien, un homme d'action dans le silence venait d'être couché dans la tombe. C'était à lui surtout que le Worcester franco-américain comptant déjà alors plus de 20,000 âmes, devait ses temples, ses communautés et ses institutions scolaires.
Les restes du curé Brouillet furent exposés trois jours durant dans une chapelle ardente, simple et modeste, au presbytère Notre-Dame, et le troisième jour, on fit la translation, au
milieu d’une foule impressionnée qui se pressait au-devant du cortège funèbre. Durant tout le temps que dura l'exposition de la dépouille, au presbytère et à l'église, ce fut une procession continuelle, de personnes de tout rang, de tout âge et de toute nationalité. C'était un spectacle empoignant, de voir les petits enfants, les jeunes gens que le curé chérissait tant, s'agenouiller tout en pleurs devant la couche funèbre. M. l'abbé Victor Campeau, de Three Rivers, Mass. officiait à la translation des restes, et M. le curé J. E. Perreault, du Saint- Nom-de-Jésus présidait la cérémonie des vêpres des morts. Les membres du clergé qui assistaient à la cérémonie étaient MM. les abbés Robert Walsh, de l'Immaculée Conception; J. F. Boland, de Saint-John; J. Moneta, L. D. Grenier, A. Landry, le Père Laity, A. A. et MM. les abbés Brochu et Mighirian.
MM. Alexandre Belisle, Félix J. Charbonneau, Napoléon Dubois et J. B. N. Soullière, agissaient comme suisses à cette cérémonie, ainsi qu'aux funérailles.
Les obsèques du curé Brouillet, à l'église Notre-Dame, furent solennelles et imposantes. Rarement on avait vu dans la ville, semblable déploiement funèbre à la mort d’un prêtre. Le concours immense de la ville éplorée autour du catalfalque, les chants superbes d'un chœur puissant de voix d'hommes, les paroles touchantes du prédicateur, bref, tout ce que la mort à de triste et de grandiose, avait trouvé une expression digne de respect dans le temple de Notre-Dame.
Dès 7 heures du matin, la foule encombrait les abords de l'église, dont le frontispice était décoré de violet avec portrait du regretté curé. Le temple tait beaucoup trop petit pour renfermer tout le monde et seuls les délégués des sociétés et les porteurs de cartes ont été admis.
Monseigneur Beaven, évêque de Springfield, officiait à l'autel. Sa Grandeur était assistée de Mgr Dugas, de Cohoes, N.-Y. Le diacre d'honneur était M. le curé J. E. Perreault, du Saint- Nom-de-Jésus; le sous-diacre d'honneur, M. l'abbé Victor Campeau, de Three Rivers, Mass. ; le diacre d'office, M. l'abbé J. Marchand, de Manchaug; le sous-diacre, M. l'abbé J. M. A.
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Genest, de Mitteneague, Mass. ; le cérémoniaire, M. l'abbé Daignault, du Vermont; le thuriféraire, M. l'abbé Hamelin, de Willimansett, les acolytes, MM. les abbés Louis Thomas Rodier, d’Adams, et J. E. Chicoine, de Southbridge; les chantres, MM. les abbés Albert Brault, de Fitchburg, et M. J. Bissonnette, de Gardner.
L'affluence de prêtres, venus de toutes les parties du diocèse et de la Nouvelle-Angleterre, était un éclatant témoignage d'estime suprême rendu à la mémoire de feu M. le curé Brouillet. Le sanctuaire, ne pouvant contenir tous les membres du clergé, la plupart d'entre eux avaient pris place dans les bancs de la nef.
Voici une liste à peu près complète des prêtres présents: Mgr L. M. Dugas, de Cohoes, N.-Y.; Mgr G. E. Brochu, de Southbridge, Mgr Thomas Griffin, curé de Saint-John, Worcester, Mgr Pierre Hévey, de Manchester, N.-H. et Mgr J. A. Prévost, de Fall River.
Dans la nef: MM. les abbés Georges Lavallée, Cohoes, N.-Y.; Moneta, Worcester; Francis Chalupka, Webster; Louis Thomas Rodier, Adams; James J. Tyrell, Southboro; I. H. C. Davignon, Manchester, N.-H.; J. O’Leary, prêtre jésuite du collège Holy Cross; Onésime Desrosiers, Suncook, N.-H.; H. A. Lessard, Nashua, N.-H.; J.-Bte Parent, Lynn; J. J. Donnelly, North Adams; J. M. A. Genest, Mitteneague; J. E. Perreault, du Saint-Nom-de-Jésus, Worcester; Adélard Langevin, Saint-Joseph, Worcester; J. A. Charland, Millbury; P. Trottier, West Warren; Alphonse Graton, Pawtucket, R.-I; Achille Prince, Central Falls, R.-I.; John Kenney, Northampton; E. J. Judge, Uxbridge; H. Powers, Ware; J. A. Riordan, Ware; N. LeClaire, Woonsocket, R.-L; A. Bérubé, New Bedford; J. H. Béland, Central Falls, R.-L.; J. J. Rice, Southbridge; W. H. Adrain, Blackstone; Patrick F. Hafey, Oxford; John T. Madden, vicaire général de Springfield; W. H. Goggin, de Saint-Paul, Worcester; L. E. Barry, East Douglas; W. A. Hickey, Gilbertville; Charles Dauray, Woonsocket, R.-L; Alfred Bonneville, Chicopee; J. P. McGillicuddy, Southbridge; Thomas Smith, Sacred Heart, Worcester; M. A. Griffin, Springfield; A. Lessard, Manville, R.-I.; Thomas $. Donahue, de Sainte-Anne,
DE WORCESTER, MASSACHUSETTS 77 Worc2ster; Emile Saint-Onge, Fiskdale; J. A. Caisse et J. E. Rcirhaud, de Marlboro; Gerald McGourty, Worcester: Médéric Roberge, Woonsocket, R..L: D. H. O'Neil, Saint-Pierre, Worcester; Albert Brault, Fitchburg; Alfred Potvin, Spencer; A. A. Lamy, Spencer; L. H. Dequoy, New Bedford; les Révds. Pères Isidore et Laity, Assomptionistes, Worcester ; Joseph Blanc et C. Triquet, Fitchbur ; Rév. Joseph F. Hanselman, du collège Holy Cross.
Le cortège des sociétés arriva à l'église vers 10 heures: la Brigade Band, J. H. Morrissette, directeur ; la Garde Lafayette, Joseph Lavigne, capitaine: la Société Saint-Jean-Baptiste, Joseph G. Vaudreuil, président, venaient en tête de la procession, avec J. A. Marchesseault remplissant les fonctions de commissaire-ordonnateur, Tous les membres portaient des insignes violets et le chapeau bicorne. Une voiture spéciale avait été mise à la disposition des quatre plus anciens fondateurs de la Saint-Jean-Baptiste, MM. Narcisse Boulé, Félix P. Marois, Edouard Charrette et Joseph Marchesseault.
L'église Notre-Dame-des-Canadiens offrait à l'heure du ser. vice funèbre, le plus imposant spectacle funéraire. Le temple de Notre-Dame avait revêtu ses vêtements de deuil. Le grand autel était comme embrasé et un somptueux catafalque portait entre les myriades de cierges la dépouille vénérée du défunt revêtu de ses vêtements sacerdotaux. Au centre de l'é. glise, sur la nappe du sanctuaire, s'adaptant aux longues tentures noires qui s'élevaient au-dessus du catafalque embrasé, on lisait avec émotion l'inscription:
‘Que la volonté de Dieu soit faite’”
Le chant fut très expressif. M. J. H. Morrissette dirigeait le chœur et M. W. A. Bernard touchait l'orgue. I1 n’est pas superflu de dire que les solistes et les choristes émurent ;’assis. tance de leurs voix douloureuses et touchantes. Un chœur de près de 75 voix exécuta la messe de Phillie. A l'offertoire, un quatuor composé du Dr J. A. Harpin, Charles Vilandré, J. A. Lesage et J. E. Lapointe chanta le ‘‘Benedictus’’ et le ‘‘Pie Jesu”’. D'autres soli furent exécutés par MM. À. J. Letendre,
J. E. Lambert, Dr Harpin, Charles Vilandré, Louis Provençal, J. E. Lapointe, Dr O. Charbonneau. Le professeur W. A. Bernard joua les marches funèbres de Schubert et Guilmant. Les maîtres de chapelle des autres paroisses et plusieurs membres de leurs chœurs assistèrent puissamment le chœur Notre-Dame dans cette circonstance.
Il appartenait à l'abbé Crevier, de Holyoke, de prononcer l'oraison funèbre en présence du regretté défunt. L'abbé Crevier, était, malgré son âge, un éloquent prédicateur dont la voix chaude et persuasive allait droit à tous les cœurs. Aussi tout le monde pleurait en l’entendant raconter la vie du ‘‘bon curé Brouillet”’.
Monseigneur Beaven, assisté de plusieurs membres du clergé, donna l’absoute. Les six porteurs des coins du poêle étaient MM. Jean-Baptiste, Xavier, Napoléon et Auguste Brouillet, de Montréal, Gaspard Brouillet, de Worcester, frères du défunt, et M. Alfred Roy, son beau-frère, également de Worcester.
A l'entrée du cortège dans l’église, la Brigade Band attaqua la marche funèbre ‘‘At Rest’’ de Lewis.
Voici la liste des délégués de toutes les sociétés franco-américaines qui étaient représentées à la cérémonie funèbre:
La Société de l'Union Sainte-Anne assistait en corps à la messe de 8 heures et la délégation suivante représentait la s0ciété au service de 10 heures: Mme Louis Gagné, présidente; Mmes Alexis Giard, Pierre Sansoucy, J. Beauregard, B. Charbonneau et Mile Claudia Dubé.
La Société Sainte-Famille et les Enfants de Marie assistaient en corps aux funérailles.
La Société Saint-Jean-Baptiste, J. G. Vaudreuil, président, assisté de J. Arthur Roy, ex-président, et de J. A. Marchesseault, commissaire-ordonnateur, assistaient en corps.
Union Saint-Joseph—Alciäe O. Mondor, président; Dr F. D. Fontaine, Clovis Caron, Clément Robidoux, Joseph Giard, Joseph Bruneau, Exéveri Ouimette.
Union Canadienne—Auguste Lemay, président, A. D. Dubois, Ovila Blais et Eudger Gauthier.
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Artisans Canadiens-Français, Succursale Worcester, No 11— Dr J. E. Pelletier, E. Lamoureux, W. H. Barrière et John Dufour.
Succursale Saint-Joseph, No 150—Geo. H. Leviolette, Pierre Gagnon, Louis Lajoie et Séraphin Bourque.
Succursale Notre-Dame—David Bergeron, John B. Pion, Urgel Lapierre, Roméo Lefebvre, Télesphore Pontbriand et O. A. Bourke, organisateur général.
Cour Louis-Joseph Papineau, F. d'A.—Zéphirin Granger, chef ranger; Adolphe Brazeau, Ovila Brodeur, Samuel O. Le. tiecq, Théophile Roy et Théophile Labossière.
Cour Marchand, F. d'A —L. P. Lemire, Cyrille Dumas, Henri Charland, Joseph Riopel, Adélard Baril et Joseph E. Lemire.
Cour Notre-Dame, Forestiers Catholiques—L. H. Lamothe, E. H. Côté, Dr J. C. E. Tassé, Aimé L'Heureux, Joseph Per. reault et J. H. Fontaine.
L'Union Fraternelle des Charpentiers et Menuisiers d'Amé. rique, No 408—Wilfred Ratté, Odias Emond, S. A. Millette, A. Beaudry et Benjamin Neveu.
Société Saint-Vincent de Paul—Noé Brulé, Camille Latour, Alcide Blanchette, John Couchon, Adolphe Laviolette, Jean Nadeau, Ernest Brodeur.
Association Commerciale, Union Saint-Jean-Baptiste d’Amé. rique—Edouard Gosselin, président; Alphonse J. Hébert, Charles Désourdi, H. J. Fontaine, Alfred Lalime et Edouard T. Marchesseault.
Société Evangéline des Acadiens—Joseph J. Poirier, Maxime Léger, Cyrille Chiasson, Fabien Goguen, Archie Goguen, P. L. Vautour.
Club Casino—Rodolphe A. Laviolette, Charles E. Dubreuil, Eugène L. Belisle, E. H. Saint-Onge.
Club de Naturalisation du Quartier Trois —Alfred Lemay, président ; Ovila Blais, D. Beaudoin, P. Bourque.
Club de Naturalisation des Quartiers 4 et 5—J. O. Seymour, président; J. B. Bélanger, Fred Lambert, O. Lambert, Amédée Brodeur, Joseph Robichaud.
Garde d'Honneur de la paroisse Saint-Joseph et son corps honoraire—L. E. Lucier, président; Paul Podvin, A. T. Lamoureux, président, Joseph Lachapelle.
Délégués de la paroisse du Saint-Nom-de-Jésus—Prosper Perreault, André G. Lajoie, Urgel Dorais et Louis Lapierre.
La cérémonie funèbre se termina vers midi et à 1 heure la dépouille du curé de Notre-Dame était rendue au cimetière. La Brigade Band ouvrait la marche, puis venaient la Garde Lafayette, la Société Saint-Jean-Baptiste, les voitures des parents et des proches et les délégations. On fit le tour du jardin public en passant par la rue Park, devant l'église Saint-Antoine, et la rue Front avant d'arriver à la rue Main. La cérémonie de l’inhumation au cimetière de Notre-Dame fut simple mais très touchante.
L'abbé Joseph Brouillet était né en 1847, à L'Assomption, P. Q., du mariage de F. X. Brouillet, cultivateur, et Elisabeth Dozois. Pendant son enfance, sa famille se fixa à Saint-Gabrielde-Brandon, et ensuite à Montréal. Après avoir fait son cours classique au collège de Montréal, il enseigna un an, puis fit sa théologie au Grand Séminaire de Saint-Sulpice. Il fut ordonné prêtre le 9 janvier 1876 au couvent Jésus-Marie de Hochelaga, par feu Monseigneur Fabre, alors évêque co-adjuteur de Montréal. Monseigneur L. M. Dugas était à cette époque curé de Hochelaga; M. Brouillet lui fut adjoint comme vicaire et eut à desservir la paroisse pendant que Monseigneur Dugas fit un voyage en Europe. A son retour, M. l'abbé Brouillet fut nommé curé à Albany, N.-Y. en 1878. Quatre ans plus tard, il était appelé à la cure de Syracuse, N.-Y. où il passa dix-sept mois. En 1883 il fut transféré dans le diocèse de Springfield, et, après avoir été curé à Springfield pendant huit jours et à North Adams pendant vingt-quatre heures, il prenait possession de la cure Notre-Dame le 14 juillet 1883.
Joseph Brouillet
M. l'able
M abbé Louis David Grenier