‹ Livre d'or du centenaire de Napoléon en PologneChapitre 12 sur 14 · CHRONIQUE DE LA CELEBRATION DU CENTENAIRE DE NAPOLEON DANS LA CAPITALE · texte numérisé non relu

CHRONIQUE DE LA CELEBRATION DU CENTENAIRE DE NAPOLEON DANS LA CAPITALE

„Le 5 Mai 1821, à 6 heures moins onze minutes du soir, au milieu des vents, de la pluie et du fracas des flots, Bonaparte rendit à Dteu le plus puissant souffle de oie qui Jamais anima l'argile humaine** . Chateaubriand Mémoires d' Outre-Tombe.

Varsovie se préparait depuis plusieurs semaines à célébrer le Centenaire de la Mort de Napoléon avec toute la dignité que lui imposait sa situation de Capitale de la Sérénissime République, avec toute l'ampleur aussi qui était de mise pour concrétiser à cette occasion unique l'Alliance Franco-Polonaise, En ce jour, mieux que par un de ces „plébiscites" à la mode, cette Alliance fut ratifiée et scellée par la Nation polonaise.

Car, il n'est que juste de le reconnaître, le Grand Anniversaire fut célébré dans toute la Pologne avec un enthousiasme si unanime, une magnificence et une solennité telles, que cette journée est elle-même devenue historique! Elle conservera désormais sa place parmi les monuments de l'Alliance Franco- Polonaise comme l'une des plus impressionnantes manifestations de l'amitié des deux Nations, qui, au cours des siècles, se fit

jour à travers les conjonctures les plus diverses, prouvant que si cette union repose peut-être sur des impondérables, sur des liens puissants certes, mais relevant d'un domaine où notre entendement n'atteint pas, — il n'est en tout cas nullement possible de la considérer comme l'éphémère résultat de contingences réelles mais transitoires.

Le chroniqueur de ces fêtes grandioses a le devoir de constater leur importance politique, singulièrement accrue par ce fait significatif que les Polonais ont été les seuls à célébrer cet anniversaire dans des conditions aussi incomparables, les seuls, dans le vaste monde, à lui attribuer ce caractère impérissable.

Cependant, et parmi les voisins immédiats même de la Pologne, il est d'autres nations qui témoignent également de leur amitié pour la France; et c'est pourquoi il importe d'indiquer d'un mot le motif de cette différence-

Le Centenaire fut sans doute le principe d'une inoubliable manifestation francophile en Pologne; mais il ne put se transformer en une véritable fête nationale qu'en raison du „culte" que la Pologne a voué de tout temps au Grand Empereur des Français.

En Pologne, Napoléon est resté vivant! L'émotion dominant les cérémonies qui eurent lieu en son honneur ne fut que l'extériorisation de sentiments permanents; l'enthousiasme n était ni factice, ni occasionnel. Et c'est précisément cet enthousiasme qui donna leur caractère spécial, leur véritable sens à ces solennités.

En Pologne, mais en Pologne seulement, toute la Nation vibra d'un seul coeur; la manifestation atteignit les limites du grandiose et du sublime, tant au point de vue matériel qu au point de vue moral: avec un autre anniversaire, ou bien avec

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ce même anniversaire tel qu'il fut célébré partout ailleurs, il n'y a point de commune mesure: car nous sommes en présence de catégories essentiellement différentes.

Certes, il est des anniversaires qui ne doivent pas passer inaperçus, tels ceux du Dante, de Molière, de Pasteur, etc..

Napoléon — c'est autre chose! et la Pologne seule sut le discerner et agir en conséquence.

Varsovie vibra plus intensément que Paris même, j'ai le droit de le dire; pour Napoléon fut fait ce qui ne l'avait encore JAMAIS été en Pologne. C'est là justement le point saillant: quoiqu'il ne soit pas, en Pologne, une „Gloire nationale", Napoléon fut honoré comme aucune gloire nationale polonaise ne l'a été jusqu'ici: c'est ce que la France fut touchée d'apprendre et d'enregistrer avec gratitude pour ne plus l'oublier. Que les Polonais de leur côté soient persuadés que la France sait prouver sa reconnaissance...

Ce sont ces solennités véritablement grandioses, à la fois vibrantes et recueillies, désormais historiques, que nous allons rapidement esquisser.

La première des manifestations, dans l'ordre chronologique, fut, le 2 Mai, l'arrivée à Varsovie de M. le Général du Mariez, à qui, faveur insigne et sans précédent pour la Pologne et pour lui-même, le Ministre de la Guerre de France avait, par une décision du 27 Avril, confié la mission d'apporter en Pologne, à l'occasion des solennités du Centenaire, quelques précieuses Reliques de Napoléon: c'était en faisant pressentir à Paris l'ampleur que pourrait prendre en Po'ogne la célébration du Centenaire, qu'avec le puissant appui de S. Exe. le Comte Zamoyski, — du Comité de Paris, dont M. Contamine de Latour était le Secrétaire actif et dévoué, — de M. le Général Malleterre, Directeur du Musée de l' Armée, —

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M- le Général du Moriez, avait obtenu le prêt des Reliques '); il était en outre autorisé à déclarer que „LA FRANCE N'AURAIT CONFIÉ CES RELIQUES A AUCUNE AUTRE NATION DU MONDE".

Ces objets précieux, et ainsi doublement symboliques, furent déposés à l Ecole des Cadets, et ce fut l'occasion d'une cérémonie militaire très simple, mais qui n'en avait que plus de vraie grandeur.

Pour que notre récit soit complet il était nécessaire de mentionner ces moments émouvants de la célébration du Centenaire à Varsovie,— et si nous n entrons pas dans plus de détails, c est qu'un chapitre a déjà été, dans cet ouvrage commémoratif, consacré aux Reliques Napoléoniennes.

Nous rencontrons ensuite, le 2 Mai, l'arrivée à Varsovie de la délégation du Conseil Municipal de Paris, composée de son Président, M. Le Corbeiller, Député de Paris, de MM. les Conseillers municipaux Massard et Faure, de MM. Gillouin, Secrétaire de la Présidence, et Guignard, Chef du protocole, La présence en Pologne, pendant ces heures historiques, de la délégation de la Ville de Paris, la personnalité de M. Le Corbeiller, dont l'opinion a un tel poids dans la politique étrangère de la France, soulignaient le caractère de „FETE DE L'ALLIANCE FRANCO-POLONAISE" que revêtait à Varsovie en 1921 la célébration du Centenaire de Napoléon; l'Empereur des Français, n'avait-il pas, le premier, glorieusement battu les Puissances de proie, qui, depuis 1772, s'étaient

V En même temps, dons le Comité de Paris, auquel le comte Maurice Zamoyskl, Ministre de Pologne, s^empressa de s'inscrire, se formait une Section francopolonaise, destinée à servir de liaison entre Paris et Varsovie; en faisaient partie: Madame la comtesse de Montholon, au nom de feu le comte de Montholon, Ambassadeur de France, fils du fidèle de Sainte- Hélène; MM. les Députés Louis Marin, Président de la Société Les Amis de la Pologne, et Le Corbeiller, Président du Conseil Municipal de Paris; les Généraux Lelong. Maiirot et du Moriez, l'Amiral Nabona; M. Augustin Rey, membre de la Société d'Economie Politique, et Madame Rey, poète délicat, etc.

traîtreusament partagé les dépouilles de la Pologne, minée au préalable par les viles intrigues des Frédéric et des Catherine, — le Prussien et l'Allemande.

Cest M. Ignace Balinski, le si sympathique et distingué Président du Conseil Municipal de Varsovie, qui avait pris l'initiative de solliciter cette visite de son collègue parisien. M. Le Corbeiller, quoique fort absorbé, à ce moment précis, par les devoirs de sa charge, avait accepté sans hésitation, parce que l'oeuvre de M. Balinski lui était connue, et qu'il ne pouvait témoigner mieux sa sympathie pour ta Pologne ainsi que sa reconnaissance pour la chaude amitié dont le Président du Conseil Municipal de Varsovie n'a jamais cessé de faire montre pour la France.

Mais, outre ces sentiments qui nous touchent. M- Balinski joint une expérience bien connue à des talents incontestés d'organisateur: c'est pourquoi, nous aussi, dès que M. Ignace Balinski eut bien voulu accéder à notre sollicitation et accepter la présidence du Comité, nous fûmes assuré du succès. Il fit plus et mieux: malgré ses occupations accablantes, il tint à faire partie du COMITÉ EXÉCUTIF, où nous étions fort peu nombreux pour beaucoup de travail, et prit sa large part de toute la besogne, ne marchandant jamais ses efforts.

J'aurai l'occasion de dire plus loin un mot de tel ou tei de nos collègues du Comité exécutif; mais qu'il me soit permis de remercier dès à présent le docteur Charles Vacqueret, toujours aussi énergique et actif que dévoué, et qui voulut bien accepter les absorbantes et délicates fonctions de Secrétaire général du Comité: Il est bien connu à Varsovie, tant des milieux français que polonais; il fut l'un des fondateurs de la Société Franco-Polonaise, et prodigua ses soins, pendant la guerre, aux Français de passage à Varsovie. Un mot lui

dira notre gratitude: son labeur a beaucoup contribué au succès — à ce succès magnifique — du Centenaire.

Ce mot m'amène à mentionner le „JOURNAL DE POLOGNE", ce véritable organe de l'Alliance Franco-Polo naise, qui contribua largement aussi au succès; et si ses colonnes me furent largement ouvertes pour le Centenaire, je suis heureux d'en remercier ici son fondateur et directeur, M.

Frédéric Delag)ieau.

Avant que ne commencent les manifestations officielles auxquelles prirent part les différents hôtes venus à cette intention de France à "Uarsovie, la journée du 4 Mai avait entendu déjà résonner dans toute la Pologne le nom immortel de Napoléon.

En exécution d'un Ordre du Chef de l'Etat, des parades militaires furent tenues dans toutes les garnisons, et jusqu'aux postes frontières les plus avancés, en l'honneur de Napoléon. Le 5 Mai étant une fête chômée, — l'Ascension, — une partie des cérémonies, les instructions en particulier, durent avoir lieu dès le 4. L'Ordre du Chef de l'Etat se trouve reproduit précédemment dans cet ouvrage.

De son côté, le Ministre de l'Instruction Publique, M. Rataj, prescrivit que la journée du 4 Mai fût consacrée, dans chaque école polonaise, à des causeries sur Napoléon et sur la France, alliée de la Pologne. Tous les enfants polonais, impressionnés par les grandes choses qu'ils entendirent, les répétèrent le soir à leurs parents et à leurs aines: c'est ainsi que, dès ce jour, la grande ombre de l'Empereur plana sur la Pologne entière, et que la sympathie pour la France se manifesta dans chaque chaumière. M. Bérard, Ministre de l'Instruction Publique de France, tint à remercier officiellement M. le Ministre Rataj de son heureuse initiative.

Dans l'après-midi, peu après son arrivée, la délégation du Conseil Municipal de Paris et M. le Général du Moriez accompagnés par MM. Balins^i et Drzewiecl^i, ainsi que par le Délégué général du Comité du Centenaire pour la Pologne, se rendirent, dans les automobiles de la ville de Varsovie, chez le Ministre de France, M. de Panafieu, puis en sa compagnie, au Belvédère, chez le Chef de l'État, enfin chez M. le Général Niessel, Chef de la Mission militaire française en Pologne.

La commémoration de Napoléon commença solennellement le 4 Mai à 5 h. du soir. Une élite intellectuelle était réunie dans le Tribunal de la Cour Suprême, qui tenait en l'honneur de Napoléon l'une de ces séances solennelles que Ion appelle en Pologne une ,, Académie"; tous ces magistrats appliquent quotidiennement le Code civil dont II dota la Pologne, où ce Code est encore en vigueur, comme en France, ce qui crée un lien de plus entre les deux Nations. Deux facultés de l'Université de Varsovie s'étaient jointes à la magistrature: les facultés de droit et d'histoire. Tous les juristes présents à Varsovie prirent part à cette glorification civile de la mémoire de Napoléon. Le Chef de l'Etat honora de sa présence cette Académie, à laquelle assistèrent également: M. Le Corbeiller, S. Em. le Cardinal Kakows^i, Archevêque de "Uarsovie, M. Balinsf^i, Président du Conseil Municipal de Varsovie, M. de Panafieu, Ministre de France en Pologne, M. le Général Niessel, etc.

Des discours très remarquables furent prononcés par MM. Fr. Nowodworski Président de la Cour Suprême, le Professeur M. Handelsman, le Professeur Juge Lutostans/^i et le Juge Konic. Le texte de ces discours a été précédemment reproduit dans cet ouvrage. On fit surtout remarquer que le Code

octroyé par Napoléon, apportant les lois modernes de l'Occident, était incontestablement supérieur au Code russe, et c'est pour cette raison que, rétablissant son joug sur la Pologne, la Russie n'osa lui enlever la jouissance de ces lois d'une valeur morale et juridique incomparable, meilleures aussi au point de vue technique: c'est ainsi que la Pologne jouit de lois différentes, constituant un progrès immense sur la législation de l'occupant, ce qui permit à la Nation de conserver sa personnalité distincte sous le joug de ses oppresseurs.

Simultanément, à l'Ecole des Aspirants-Officiers, sous la présidence de M. le Général du Moriez, une conférence était faite aux Cadets, auxquels le Commandant de l'Ecole, M. le Colonel Mlodzianowski, expliqua éloquemment la signification de ces souvenirs.

Une réunion familiale fut aussi organisée vers le tard à l'Ecole Française de "Varsovie. Le Directeur des cours, M. Mansuy, avait préparé un intéressant programme: conférence de M. le professeur Delacroix sur Napoléon et la France, allocution de M. Mansuy sur Napoléon dans le monde et notamment en Pologne, récitation par les élèves de pages bien choisies des grands auteurs polonais, anglais, même allemands..., trois scènes enfin de l'Aiglon, etc. Assistaient à cette soirée les élèves de VEcole et leurs familles, ainsi qu'un nombreux public: l'honoraient de leur présence la charmante famille de M. le Général Niessel, et des représentants du Consulat de France, du Ministère polonais de l' Instruction Publique, des Légations de Serbie, d'Italie, etc.

Dans la soirée, le Conseil Municipal de Varsovie offrit un banquet dans les salles des fêtes de la Resursa KupiecJ^a, dont les lambris laqués de blanc étincelaient sous l'abondante

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lumière électrique des lustres; ce banquet réunit une société nombreuse et choisie. Déjà l'on avait fait connaissance: une vraie cordialité présida à ces agapes qui furent l'occasion de toasts très chaleureux da la part de MM. Balinski et Le Corbeiller d'abord, puis de M- Sliwinski, Vice-Président de la ville, et de M. le Conseiller Stanislas IVilczyrisf^i, le sympathique et brillant avocat. Notons de suite qu'une partie des convives de ce banquet déjeunèrent le lendemain chez le Ministre de France, M. de Panafieu, profitant d'une heure laissée libre par le programme.

Passons maintenant aux cérémonies qui marquèrent la journée vraiment historique du 5 Mai 1921 .

Le temps donnait des inquiétudes, mais fut suffisamment beau. Ce qui assombrit davantage ce jour solennel et ces manifestations magnifiques, ce furent les nouvelles de Haute- Silésie. Un sentiment d'angoisse serrait les coeurs polonais et français: mais leur union n'en était que plus étroite! Des nouvelles encore incertaines annonçaient une lutte sanglante: l'insurrection de ces patriotes indignés par le bruit qu'ils allaient être livrés à l'Allemagne et à ses persécutions, malgré leur Volonté si formelle et leurs droits si certains et imprescriptibles...

Dès le matin les Reliques furent transportées de l'Ecole des Cadets à la Place de Saxe, placées dans une vaste limousine, sur laquelle claquaient au vent deux grands drapeaux, l'un français, l'autre polonais, et dans laquelle avaient pris place M. le Général du Moriez et M. Gembarzewsl^i, Directeur des Musées Nationaux, suivie enfin d'une escorte d'honneur. Les Aspirants, sous les ordres du Commandant de l'Ecole, rendirent encore les honneurs à ce cortège. La veille au soir, après la conférence, le Commandant polonais de l'Ecole avait déclaré au Général du Moriez: „Si l'âme de Napoléon doit revenir

cette nuit quelque part sur la terre, ce sera certainement à notre Ecole: car il est impossible que sa mémoire soit ailleurs saluée d'une plus ardente admiration, d'un plus religieux, d'un plus martial respect".

La Messe solennelle commémoratioe fut sans aucun doute le moment le plus impressionnant et décisif de la journée. Ce fut une MESSE DE CAMPAGNE, en présence des troupes sous les armes, Messe célébrée pour la PREMIERE FOIS au premier étage de ces Colonnades qui ont un tel aspect imposant de noblesse et de grandeur.

Au fond de la Place de Saxe, la séparant du Jardin de Saxe, se trouvent ces portes monumentales, surmontées de colonnes rappelant F architecture antique. Le décor est grandiose; seul ce mot est susceptible de le qualifier. A l'occasion de la Messe du Centenaire, un escalier majestueux, à deux volées se rejoignant sur un vaste palier, avait été spécialement édifié, afin de donner un accès direct au centre de la Galerie des Colonnes. Face à la Place se dressait l'Autel, surmonté d'une image de la Vierge de Czqstochowa, unanimement vénérée en Pologne, et dont la statue, du haut de son sanctuaire, aperçoit la Haute-Silésie toute voisine. Vis-à-vis de l'autel, sur le vaste palier de l'escalier, se trouvaient les souvenirs de Napoléon, et aussi le Masque de Napoléon sur son lit de mort, moulé à Sainte-Hélène par le Dr. Antomarchi. Le tout est placé sur une table, sur laquelle repose une vitrine; ces RELIQUES sont ainsi bien vues de la foule recueillie qui se presse sur la Place, et des belles troupes qui s'y trouvent massées. Sabre au clair, immobiles, deux Officiers français, décorés de la Légion d'Honneur, et deux Officiers polonais, décorés de Virtuti Militari, montent, pendant toute la durée des cérémonies, une garde d'honneur auprès des RELIQUES. Au pied de

l'escalier, les Vétérans des luttes glorieuses de 1863 constituent une autre garde d'honneur.

Dans la galerie, à droite de l'autel, avaient pris place: le Maréchal Pilsudsl^i, Chef de l'Etat, les membres du gouvernement, le Maréchal de la Diète Trqmpczyûski, le Président du Conseil des Ministres et les députés à la Diète Constituante. Dans la partie gauche de la galerie avaient pris place le corps diplomatique, conduit par son Doyen, le Nonce du Pape, le vénérable Mgr Ratti, si respecté et si aimé en Pologne, qui prit une part spécialement active à la célébration des solennités Napoléonniennes. On voit ensuite le Général Niessel ainsi que les Chefs et les Officiers généraux de la Mission française et de l'Armée polonaise, et la Délégation du Conseil Municipal de Paris le Général français accompagnant les Reliques, les hautes autorités de l'Etat et de la Ville, la Commission executive du Centenaire.

Mais ici la froide description des faits extérieurs est insuffisante; c'est le battement des coeurs, c'est le mouvement des âmes qui donnèrent toute sa haute signification à cette solennité. Le plus important, c'est l'atmosphère dans laquelle ces manifestations se déroulèrent! Or, sur ce point nos lecteurs doivent être déjà fixés: ils devront suppléer avec leur sensibilité à l'insuffisance d'expressions...

Soudain éclatent des sonneries de trompettes; c'est le Maréchal Pilsuds^i qui arrive et passe lentement en revue, aux sons religieux de l'hymne national, les nombreuses troupes groupées sur la Place de Saxe. Puis le Chef de l'Etat vient prendre place dans la galerie, et son Eminence le Cardinal Kak.owsk,i, Archevêque de Varsovie, vêtu de la pourpre romaine, commence l'Office divin. Car Mgr Kakows^i avait tenu à célébrer personnellement cette messe, et dans ce but

// était revenu spécialement à Varsovie, pour quelques heures, d'une tournée épiscopale.

Le Cardinal Archevêque officiait, et l'immense foule, profondément recueillie, assistait au Service divin, pendant que six avions polonais évoluaient en courbes gracieuses et précises au-dessus de la Place et des colonnades, faisant honneur à l'habileté de leurs pilotes. Et puis, perçant les nuages, voici qu'un rayon de soleil se mêle à la fête, et parait à tous symbolique: si des nuages rendent le présent assez sombre, l'avenir, grâce à l'Alliance franco-polonaise, doit être lumineux!

Le silence est absolu; l'émotion étreint l'âme de cette multitude vibrante, dans ce décor grandiose... On dirait que l'on entend l'écho du canon qui tonne là-bas en Haute-Silésie! Tous les coeurs, remplis de souvenirs, rapprochés par le passé commun et si glorieux, communient intensément... C'est l'Union sacrée dans toute sa majesté. Et voici que le "Uicaire du Christ, en un geste majestueux, élève la Sainte-Hostie... à ce moment précis retentit le canon, et désormais le bruit sourd et violent de ce canon tout proche se répercute, de seconde en seconde, dans les Colonnades!

L'hommage suprême fut rendu à Napoléon: la plus grande salve d'honneur avait été ordonnée pour Lui: 101 coups de canon furent tirés à partir de l'Elévation, par une batterie placée derrière l'autel dans le jardin de Saxe.

. . . Ceperdant la messe de campagne a pris fin . . .

Les Reliques sont transportées avec le même appareil au Musée Napoléon, où tout avait été préparé pour les recevoir dignement-

Pendant ce temps le cortège officiel se rendit sur la belle place Warecki, où un monument provisoire avait été élevé à Napoléon, simple colonne, surmontée d'un buste de l'Empereur. Au pied de la colonne, reposant sur le socle que gardent quatre aigles de pierre, une dalle de granit porte une brève inscription consacrant le souvenir de ce jour inoubliable, à partir duquel la Place IVarecl^i prend le nom de Place Napoléon. Au pied du monument, lecture fut donnée, par M. Drzewiecki, Président de la ville de "Oarsovie, de l'acte baptisant à nouveau cette belle T^lace, afin de laisser à Varsovie un souvenir éternel du 5 Mai 1921.

Puis M. Arthur Oppman, le poète si connu sous le pseudonyme de Or-Ot, chantre à la fois de la gloire nationale polonaise et de l'épopée napoléonienne, qui magnificia avec talent, et avec les accents du plus pur lyrisme, les guerres pendant lesquelles nos deux Nations se couvrirent en commun d'une même gloire, prononça, en sa qualité de conseiller municipal de Varsovie, et au nom de cette assemblée, un chaleureux discours maintes fois applaudi. Directeur du patriotique journal hebdomadaire, „Zolnierz Polski" , (le Soldat Polonais), lu dans toute l'Armée, M. A. Oppman avait déjà consacré un numéro de son journal à glorifier Napoléon.

Enfin, au nom de iVilno dont il est originaire, M. Balinskjy Président du Conseil Municipal de Varsovie, dépose une couronne, et prononce une brève allocution pour nous apprendre que des fêtes analogues sont célébrées à Wilno, mais que cette "Uille si polonaise a voulu en outre s'associer intimement aux manifestations de Varsovie, Capitale de la Pologne. Voici le texte des paroles prononcées par M. Balihski:

nj'ai l'honneur de déposer sous le buste du Grand homme, érigé en la Capitale de la Pologne, la couronne que

les habitants de Wilno, et du territoire de IVilno ont envoyée à Varsovie afin de souligner leur union en cette occasion avec la population Varsovienne. C'est par délégation, et sur le désir du Comité Vilnanien du Centenaire de la Mort de Napoléon que je procède à cet acte.

„Comme fils de cette province, je suis heureux de pouvoir accomplir cet acte d'honneur et de reconnaissance à la mémoire de Celui qui, en 1812, donna à nos ancêtres l'occasion de rompre le cordon établi par les partages et de former une Confédération unie à la Confédération du Duché de Varsovie de cette époque. J'honore la mémoire de Celui qui donna à nos ancêtres de vivre au moins un printemps de liberté, qui infusa l'énergie à une série de générations, ainsi que l'endurance et le désir de liberté et qui s'érigea un monument indestructible tant dans les oeuvres les plus hautes de la poésie que dans le ceur des simples.

„Au nom de IVilno et du territoire de IVilno: Honneur à Napoléon".

M. A. de Zwan, l'ami si connu de la France, et si vénéré par tous les Français, dépose également une couronne, en mémoire „du grand Empereur et des Polonais qui ont partagé sa fortune".

Puis le Maréchal Pilsudsl^i se place à côté du monument, et les troupes polonaises défilent correctement, très martiales, la tête haute, l'espoir au coeur, très admirées, rendant les honneurs à la fois à Napoléon et au Chef de l'Etat. La foule acclame l'Armée et la France; des étudiants enlèvent sur leurs épaules et portent en triomphe des Généraux français.

A une heure eut lieu l'inauguration du Musée Napoléon, organisé dans les locaux du Musée National par son

éminent Directeur, M. B. Gembarzetoski' Là aussi on vit combien sont étroits les liens qui rattachent Napoléon à la Pologne. La richesse des souvenirs des anciens compagnons d'armes de l'Empereur est inimaginable, et le catalogue dressé par le Directeur du Musée est un précieux document désormais nécessaire aux historiens. M. Gembarzewski est un artiste et un savant qui vécut longtemps en France, et qui cannait comme peu de gens les choses militaires tant françaises que polonaises; Directeur de Musée National, où il sut grouper, malgré de modestes ressources, des collections de haut intérêt et d'un grand prix, il voulut bien accepter de présider notre Comité de l'exposition napoléonienne, qui est avant tout son oeuvre.

Aussitôt l'arrivée du Maréchal Pilsudski, la cérémonie commence. Le Chef de l'Etat est entouré de toutes les personnalités officielles qui assistèrent à la messe de campagne; il est reçu dans la salle du rez-de-chaussée, au pied de l'escalier, par le Président de la Commission historique, le Général d'Armée Haller, le „Héros de la Légende", au dire si juste de M. Edouard Ligocki; là, le Général prononce un discours vibrant, d'un puissant intérêt, dont nous avons plus haut reproduit le texte. Puis nous montons aux salles du Musée Napoléon, de la richesse que nous avons dite, pleines de souvenirs touchants, précieux et glorieux.

Le cortège arrive enfin au salon où se trouvent les RE- LIQUES; ses panneaux sont couverts de tentures de soie grise semée d'abeilles; sur une colonne de marbre noir entourée d'arbres verts se détache en blanc l'admirable buste de Napoléon par Canova, prêté par le comte Edouard KrasinskU ainsi qu'un grand nombre d'autres précieux souvenirs. Devant ce buste, un large drap de velours violet, frangé d'or, semble recouvrir un tombeau surélevé d'un demi-mètre: le Petit Chapeau, le Masque mortuaire entouré de palmes d'or, le glaive

du Premier consul et les autres RELIQUES reposent sur ce dernier MANTEAU IMPERIAL. Deux soldats polonais, baïonnette au canon, montent en permanence la garde auprès de cet impressionnant cénotaphe, et cette garde d'honneur n'abandonna pas ce poste pendant les CENT JOURS que passèrent en Pologne les RELIQUES. La foule défile, pieuse, émue... Sur le côté se trouve un beau portrait de la Comtesse Marie IValewsl^a, cette polonaise qui sut aimer Napoléon plus qu'aucune autre femme; les yeux semblent fixés sur le Petit Chapeau qui la salua à l'Ile d'Elbe, lorsqu'elle y oint avec leur fils, surmontant toutes les difficultés, bravant tous les périls de la traversée, pour témoigner de sa fidélité au malheur *).

Mais que sont, épars autour du manteau de velours, ces bouquets de violettes, qui ne s'y trouvaient pas lorsque nous entrâmes? Des violettes? C'est la fleur préférée de l'Empereur, et les Polonaises aiment encore Napoléon; elles lui jettent ces fleurs embaumées, plus touchantes et plus intimes que ces lauriers dont II fit une si ample moisson...

Dans l'après-midi les hôtes français visitèrent la capitale de la Pologne et admirèrent sincèrement la grande Cité qu'ils déclarèrent la plus belle de l'Europe Centrale. Nous nous rendîmes au Champ de Courses, où se trouvait rassemblée cette société polonaise, de si bon ton, si élégante, si affinée, si sympathique; une cordiale réception avait été organisée par le Président, M. de Jurjewicz, et le Comité des Courses; puis, en nous rendant à l'Hôtel de Ville, nous nous

*) Général du Mariez — Le Centenaire de Napoléon en Pologne et V Alliance Franco-Polonaise -Société Générale d'Imprimerie et d'Edition, Paria 1921.

arrêtâmes un instant à l'Opéra, où une représentation de l'„ Aiglon" était donnée pour les soldats, spectateurs vibrants d'enthousiasme. D'autres spectacles leur étaient également offerts dans d'autres théâtres.

La même foule privilégiée qui faisait partie du cortège officiel, composée d'un public de choix, se réunit à 5 heures dans la jolie Salle des Fêtes de l'Hôtel de Ville, où avait lieu une „ACADÉMIE", selon l'expression usitée en Pologne. Le Chef de l'Etat qui, malgré une indisposition, tenait à ne pas omettre une seule manifestation, assistait aussi à l'Académie. Nous notons encore la présence du Corps diplomatique, des Membres du Gouvernement polonais, des représentants des Armées française et polonaise ainsi que des délégués des Administrations de l'Etat et des Institutions sociales. La vaste salle était comble.

Des discours, où le polonais se mêlait intimement au français, le même orateur parlant souvent successivement dans les deux langues, — discours dont le tuxte se trouve reproduit plus haut — discours éloquents, érudits et brillants, — furent prononcés au cours de cette Académie.

Nous eûmes la joie d'entendre: M. Ignace Balinski, Président des Conseil Municipal de Varsovie, qui parla le premier, au nom de Varsovie. M. Balinski fit ressortir l'importance et la signification du prêt des Reliques consenti par la France, qu'il remercia une fois de plus, sans oublier le Général français qui eut l'honneur d'apporter les Reliques.

Puis ce furent M. le Général Niessel, Chef de la Mission Militaire Française, et M. le Général Sikorski, Ministre de la Guerre par intérim, en l'abrence du Général Sosn^owslçi, qui prononcèrent de magnifique discours d'une grande importance politique, et qui furent accueillis par un tonnerre d,applaudissements.

M. le Colonel Kukiel, de l'Etat-Major Général, le célèbre

historien de V Armée polonaise et tout spécialement de l'épopée

napoléonienne, dont les études bien connues prouvent une rare

érudition, parla enfin; ce fervent sincère de Napoléon n'est-il

pas l'un de ceux qui méritent le mieux cette Légion d'Honneur

qui orne sa poitrine et qui est gravée dans son coeur?

De la Municipalité nous nous rendîmes au Grand Théâtre, dans la vaste et luxueuse salle de l'Opéra dz Varsovie; nous y assistâmes à une représentation de gala admirablement ordonnée, avec audition de musique napoléonienne, et que termina une émouvante apothéose de Napoléon; la foule saisit cette nouvelle occasion d'acclamer la France.

Enfin toutes les personnalités du cortège officiel terminèrent fort agréablement cette journée historique dans les beaux salons de l'Hôtel du Comte Edouard Krasinski, où se rencontrèrent, après l'Opéra, les Missions Françaises et l'élite de cette société polonaise, fidèle aux traditions d'antan, dont les grands noms, comme la race courtoise, sont connus de toute l'Europe. De ces salons dont le luxe de bon aloi évoque de glorieux souvenirs, les honneurs étaient faits, avec la plus gracieuse affabilité par la comtesse Hélène, Krasinsl^a, née comtesse Stadnicl^a, la vénérable mère du Comte Krasinsl^i, grande dame dans toute la force du terme, active et souriante dans sa verte vieillesse Elle était aidée par laprincesse Adam Czartorysl^a, née Louise, comtesse Krasihsl^a, et par la princesse Woroniecka, née comtesse Krasinsk.a. Notons que ces salons, véritable Musée familial et Napoléonien, se trouvaient dégarnis d'une partie de leurs richesses, généreusement prêtées par le Comte Krasinsf^i au Musée Napoléon. La cordialité la plus délicate, le souper aux mets les plus recherchés, caractérisèrent cette réunion: ce fut le digne soir d'un beau jour.

Le 6 Mai, les hôtes Français firent dans la matinée d'intéressantes visites: l'Ecole Polytechnique, luxueuse, puissante et féconde institution, sans égale à l'étranger, — l'Hôpital modèle de l'Enfant Jésus, — le Château d'eau avec ses aménagements hygiéniques qui sont parmi les plus perfectionnés de l'Europe, — les Etablissements Municipaux, la Colonie Française de Varsovie, réunie au Consulat de France, etc.

A 2 heures, le Maréchal PilsudsJ^i, Chef de l'Etat, offrait, en son palais du Belvédère, un fort beau diner aux Missions Françaises et aux principaux membres de la Commission du Centenaire.

Nous y notons la présence de MM. les hôtes venus de France, Le Corbeiller, Massard, Guignard, Gillouin, Général du Moriez, et parmi les Français de Varsovie, celle de MM. de Panafieu, Général Niessel, Comte Stanislas du Moriez. Parmi les Polonais, MM. Jean Dqbski, Général Sil^orsl^i, Balinski, Sliwinski, Drzewiecki, Colonel IVieniawa-Dlugoszewsf^i, etc.. A tous le Maréchal réserva un accueil gracieux et chaleureux; il porta à la France un toast qui conservera une véritable signification politique, et dont voici le texte:

,, Messieurs, Nous venons de célébrer la mémoire d'un homme qui, s'étant élevé à une hauteur que nul avant ni après lui n'avait atteinte, comme soldat, éducateur de soldats et comme législateur, appartient désormais, ainsi que tous les génies, à l'humanité entière.

,,Nous ne saurions oublier cependant, nous autres Polonais, que cet homme fut Votre compatriote. Messieurs, et qu'il fut un des plus grands représentants du génie français.

„Nous ne saurions oublier que c'est sous son règne et sous ses glorieux étendards que l'amitié séculaire de la France

et de la Pologne fut cimentée par le sang, répandu si généreusement par les soldats français et polonais, combattant dans les mêmes rangs aux heures de victoire et aux heures de revers.

,,Nous ne saurions oublier enfin, que c'est par le glaive de l'Empereur qu'une première brèche fut ouverte dans la prison, où fut reléguée la Pologne, victime de la violence de ses ennemis.

„L' ancienne amitié, tant de fois éprouvée dans les circonstances les plus graves, apparait aujourd'hui sous de nouveaux aspects, alors que la Pologne, après de longues années, est redevenue un Etat Libre, à la reconstitution duquel la France a si largement contribué.

„Cette amitié n'est pas seulement une belle tradition, elle n'est pas un souvenir de gloire et une légende héroïque, mais une réalité toute vibrante de lutte et d'espoir, et si riche des aspirations et des intérêts communs. Tout en remerciant les représentants de la ville de Paris, joyau le plus précieux de la belle France, d'avoir bien voulu honorer de leur présence la solennité d'hier, je lève mon verre en l'honneur de cette France, qui nous est également chère à tous, et de son illustre Président, Monsieur Millerand".

M. de Panafieu, Ministre plénipotentiaire de France, répondit en une courte et brillante improvisation, et souhaita la réalisation de tous les voeux de la Pologne.

Au sortir du Belvédère, la foule, les étudiants en particulier, attendaient le passage des hôtes pour acclamer une fois encore la France.

Avant son départ, la Délégation du Conseil Municipal de Paris, accompagnée par M. le Général du Mariez et par la Comission Executive du Centenaire, tint à déposer une couronne

devant la simple croix de bois élevée, près de la Citadelle, à la mémoire de Traugutt et de ses compagnons pendus par les Russes pour avoir pris part à l'héroïque insurrection de 1863, et Varsovie applaudit ce geste!

Le tôle du chroniqueur de ces journées historiques est ici terminé.

Le lecteur de ce „Livre d'Or" aperçoit aisément par les discours dont le texte a été donné, aussi bien que par le récit exact des solennités du Centenaire, le culte que nourrit la Pologne à l'égard de la personne de Napoléon ainsi que son amitié fidèle pour la France, si profonde, si rare, que les deux Nations atteignent presque à l'unité. Ces sentiments se trouvent au fond de tout coeur réellement polonais, — basés, chez l'homme instruit, sur une doctrine savante, et chez le simple sur une intuition plus puissante encore si possible.

Combien dans leur diversité, les discours prononcés contiennent-ils d'idées originales qui élargissent le domaine de l'histoire! Leur synthèse n'établit-elle pas que la Pologne doit sa miraculeuse RESURRECTION à la fois à la récente Victoire de la France, mais aussi à NAPOLEON: grâce à Lui l'âme de la Pologne ne disparut pas, grâce à Lui la Nation conserva la Foi et l'Espérance...

C'est Napoléon dont le génie proclama nagvère que „la Pologne est la clef de voûte de l'édifice Européen". Aujourd'hui, la Pologne proclame à son tour cette vérité symétrique que seule l'Alliance de la France et de la Pologne crée une puissance suffisante pour maintenir la Paix en Europe, et surtont pour que, — ce qui est aussi le cri du coeur de tout Français, — vive la Pologne!

Célébration du Centenaire à Wilno.

L'anniversaire du Centenaire de la mort de Napoléon, quoique l'initiative en ait été prise par les représentants les plus élevés de toute la ville, par MM- le Président et le vice-président, eut un caractère exclusivement polonais. La manifestation très nette de cette exclusivité fut l'attitude de la presse locale juive, lithuanienne et blanc-ruthéne, où ne se trouva place que pour une sèche mention de la solennité célébrée, quoiquen raison de sa magnificence et de la richesse du programme, ce fut là pour tout IVilno tout autre chose qu'un „fait du jour".

Un grand Comité du Centenaire, quasi-officiel, fut constitué, comprenant cent personnes, représentant toutes les sphères de la société polonaise de la région, l'université et le clergé, les unions et les sociétés, les groupes politiques et la petite bourgeoisie, les propriétaires fonciers des environs, les institutions d'utilité publique; à sa tête, se trouvaient: le Commandant en chef des forces armées de la Lithuanie Centrale, le Général Lucien Zeligowski, le Président de la Commission temporaire du Gouvernement, le Général Stéphane Mof^rzecki et le Délégué de la République Polonaise résidant à Wilno, M. Ladislas Raczkiewicz; le Comité publia dans les journaux polonais locaux, les 4 et 5 Mai, un appel aux concitoyens, rédigé en termes élevés et chaleureux, les conviant à rendre un hommage posthume à Napoléon. Comme un écho de cet appel, le 5 Mai, les articles de tête des journaux locaux furent consacrés à la mémoire de l'un des plus grands hommes que le monde ait connus, et remplis d'apostrophes à la France, insérés à l'unisson dans la „Gazeta KrajoWa", dans la „Gazeta Wiletiska", dans le „SloWo IViletisfiie'' , et dans l'édition de Wilno de la „Rzeczpospolita".

L'établissement du programme des solennités et son exécution furent confiés à un Comité plus restreint, composé à peine de quelques hommes, dont l'énergie et l'habileté furent justement louées par tous. Ce furent MM. IVitold Barikowski, Président de la oille de Wilno, Président du Comité; J. Korolec, dont les efforts réalisèrent tant de progrès dans les oeuvres sociales, membre de le Municipalité, — Vice-Président du Comité; le prélat abbé Sawicki; le vice-président de la oille J. Lokucijewski; le Lieutenant Staniewicz, délégué par les hautes autoiités militaires; le Professeur Janowski, de l' Université; le Dr. Ladislas Zahorski, président de la société des Amis des Sciences de IVilno; M. Brensztejn, chercheur Je mérite dans le domaine de l'histoire et de l'archéologie; MM. Dmochowski et Slendzinski, artistes peintres; Czeslaw Jankowski, Chef de la Section de presse à la Présidence de la Commission temporaire de Gouvernement, ancien député de l'ex-gouvernement de IVilno à la Douma d'Empire, publiciste et littérateur connu. Le Théâtre du Soldat, dirigé par le Lieutenant Zajqczkowsk.i, réussit par sa propre initiative à célébrer dignement le Centenaire: dansla soirée du 5 Mai, il représenta un spectacle très bien combiné pour la circonstance, et dont le principal attrait fut constitué par une pièce de Jean Chodzl^o, exhumée de la poussière des bibliothèques, glorifiant Napoléon, et qui fut donnée sur le théâtre de Minsk en 1812, le jour de la fête de l'Empereur. La révélation de ce digne souvenir de littérature occasionnelle fut précédée par une conférence érudite et intéressante, prononcée devant le rideau par le Professeur St. Kozaryn. Le Général Zeligowski et les autres Généraux assistèrent à la représentation solennelle pendant une grande partie de sa durée

La solennité commença le 5 Mai au matin; car l'inscription commémorative, scellée dans le mur du palais des anciens èvêques de IVilno, ensuite résidence du Çénéral-Gouoerneur, et où Napoléon avait habité pendant son séjour à IVilno en 1812, fut dévoilée solennellement à 9 heures. En présence d'une Compagnie de soldats rendant les honneurs et d'un important concours de population de la classe instruite locale (intelligentia), en présence du représentant de la France, M. Caumeau, et du représentant de la Pologne, M. Raczkiewicz, ainsi que du Comité de la célébration in corpore, aux accents du chant „La Pologne n'est pas encore

Morte" („Jeszcze Polska nie zginqfa") et de la Marseillaise, le prélat abbé Sawicki consacra la pierre commémoratioe, et le Qénéral ZeligoWski la dévoila; puis, du haut d'une estrade, il adressa à l'assemblée des paroles éloquentes et chaudes, reçues par un tonnerre d'applaudissements en l'honneur de la France et de sa fraternité d'armes avec la Pologne ressuscitée. Le discours de M. Janowski, professeur à l'Unioersité de Wilno, abondamment illustré de souvenirs historiques, provoqua une impression non moins profonde.

A 10 heures commença ensuite, à la cathédrale, une messe fastueuse qui dura presque jusqu'à midi; elle fut célébrée, au milieu d'un grand concours d'assistants, par S G. l'évêque de Wilno Mgr Matulewicz, en présence du Général ZeligoWski, ainsi que des autorités militaires et civiles.

Le prélat abbé Lubieniec prononça, en chaire, un éloquent sermon. La foule remplissait l'immense sanctuaire et débordait même aux alentours. Au moment où, la messe étant terminée, apparut sous le portique de la cathédrale le Général ZeligoWski, de l'antique tour se firent entendre des fanfares de trompettes, puis les escadrons de Lanciers massés sur la place se mirent en mouvement, et le Général ZeligoWski, monté à cheval, entouré de sa suite, les conduisit au son des fanfares et des cris incessants du public, par la rue Adam Mickiewicz, ornée de drapeaux, de tapis et de verdure, à la place Lukisk'y où devait avoir lieu la grande revue.

Les musiques de l'Infanterie massées sur la place saluèrent le Commandant en Chef arrivant sur la place entouré des Généraux; à de multiples reprises les chants „Jeszcze Polska nie zgin^la" et la Marseillaise se firent entendre. Après, qu'une magnifique chevauchée de Généraux eut inspecté les troupes qui se présentaient martialement, le Général ZeligoWski, suivi de son Etat-Major, et ayant à ses côtés les Généraux Konarzewsl^i et Antonowicz, prit place dans le Palais de Justice. Alors commença le défilé des troupes, qui dura plus d'une heure, les diverses armes passant au pas de cérémonie. Le public saluait par des applaudissements particulièrement cordiaux certains régiments dont la gloire guerrière était plus connue, et se découvrait au passage des drapeaux.

Un temps ensoleillé et chaud sourit à toute cette journée.

A 5 heures de l'après - midi, dans la plus grande salle de la ville de Wilno, près de la rue Ostrobrams^a, décorée pour la circon-

stance, le professeur Alphonse Parczeiûski fit une belle conférence populaire sur Napoléon. L'entrée gratuite, le nom du conférencier et le sujet d'actualité, attirèrent dans la salle une foule énorme.

Le moment culminant de la solennité fut la grande Académie célébrée dans la salle du Théâtre Polonais (Teatr Polski) à Pohulan^a. Elle avait été retardée spécialement pour permettre au Général Zeligowsl(i d'honorer de sa présence la représentation signalée plus haut du Théâtre du Soldat dans la salle de l'Hôtel de Ville. Le Général Zeligowski arriva à cette Académie à 9 h 1 12. Au moment où il apparut dans sa loge, l'orchestre attaqua „Jeszcze Poissa nie zginçla", et après que le public eut écouté debout ses accents, commença l'exécution du programme.

Sur la scène, excellemment décorée en style strictement Empire, sur un énorme piédestal, un grand buste blanc de Napoléon, spécialement exécuté pour cette solennité par le professeur de la section des beaux-arts de l' Université de Stephan Batory, M. Balzukiewicz; des deux côtés, des „Gobelins" représentant: l'un, Bonaparte sur le pont d'Arcole, drapeau en main, — l'autre, la charge de Somo-Sierra; de ci, de là, des trophées et des faisceaux de drapeaux polonais et français.

Dans la loge du premier étage de la scène: le Général Zeligowsk,i avec sa suite la plus proche et ses adjudants, et, vis - à - vis, de l'autre côté de la scène, également dans la loge du premier étage, le délégué du Gouvernement de la République Polonaise, M. L. Raczl^iewicz, en compagnie de son suppléant, le Colonel A. Tupalski. Sur la scène, dans la loge de parterre, d'an côté le remplaçant du Général Mokrzecki, Président de la Commission temporaire de Gouvernement, absent de la ville, le directeur du Département de la fustice> M. A. Adamowicz, et dans la loge en face, mise à la disposition de S. E. l'éoêque de Wilno, et le représentant, — le Chancelier de la Curie, prélat Chaleck', et le secrétaire de la Curie, le Dr. abbé Viscont. Dans la loge immédiatement voisine de celle du Général Zeligowsl^i, loge décorée aux couleurs françaises, avait pris place, à la demande du Comité, avec les personnes de sa compagnie, le représentant semi — officiel de la France en Lithuanie Centrale, M. Caumeau. Un fauteuil était réservé au premier rang du parterre au représentant anglais à Wilno, Major Moc^eth, qui assista à toute

l'Académie du début à la fin, sans ménager les marques de son contentement.

Les places des trois premiers rangs du parterre avaient été adressées par le Comité ou remises directement aoec des invitations spéciales (bleues avec le texte en faune-or) aux représentants les plus en Vue de l'autorité, des institutions, des sociétés, etc.. c'est-à-dire aux Généraux et aux Chefs militaires, aux Directeurs de Département, aux Présidents des Tribunaux, aux Conseillers des Délégations, aux prof esseurs de r Université, etc.. Le troisième rang était exclusivement réservé à la presse non seulement polonaise mais étrangère. Sur l'invitation du Comité, les représentants des journaux locaux blanc-ruthènes, lithuaniens, ou publiés en jargon, assistèrent in corpore à cette Académie. Les autres places du parterre furent vendues par les membres du Comité, qui remettaient en même temps une invitation (blanche) au prix de 150 marias, sans différence suivant le rang des chaises. Les prix avaient été fixés exprès très modiques, afin qve la solennité n'ait en rien le caractère d'une „affaire". Ainsi: loges 500 mks., amphithéâtre 75, balcon 50, galerie 25. En vérité, les billets furent immédiatement enlevés, et il y eut une masse de prières et de supplications pour en obtenir.

Le service d'honneur et les honneurs de la salle furent assurés concurremment par les membres du Comité et la jeunesse universitaire.

Le programme composé dans le style strict, en donnant une grande place à une „littérature" napoléonienne locale, dut être raccourci, en raison de l'heure par trop tardive pour Wilno. C'est ainsi par exemple qu'il fallut rayer au dernier moment la déclamation d'un monologue de Syrokomla: „Le capitaine Terefer et le caporal Serpentin" .

Immédiament après l'hymne national des Légions, la musique militaire joua (sur la scène), sous l'excellente direction du Lieutenant Solnicl^i, les deux chants de combat des troupes napoléoniennes: „Partant pour la Syrie" et „ Veillons au salut de l'Empire". Immédiatement après, également sur la scène, parla le professeur M. Siedlecki, Recteur de l.Université; et, après lui, le professeur Lad. Zawadzki prit la parole, en français, sur un sujet de haute actualité: l'union polono-française. Le professeur ZaWadzki répon-

dit de la loge de M. Caumeau, mais si cordialement, d'une si noble envolée de profonde pensée politique, qu'il est permis de dire des applaudissement si nombreux dont retentit toute la salle qu'ils venaient de coeurs profondément émus. Le Général Zeligowski se penchant de sa loge, serra la main de l'éloquent porte-parole de la France, ce qui provoqua un nouvel éclat d'enthousiasme. L'orchestre joua trois fois la Marseillaise.

Un quatuor d'archets exécuta ensuite la polonaise de la „Comtesse" de St. Moniuszko; pouis le professeur Vorbrodt récita avec une force peu commune et une noble expression deux passages de „Monsieur Thadée" de Mickiewicz, et de „Pour le transfert de la dépouille de Napoléon" de SloWacki. Cette première partie du programme fut terminée par l'exécution par un orchestre d'instruments à vent, des deux polonaises les plus célèbres de Michel Cléofas, prince Ogirisl^i, composées comme on sait à Zalesie près de Wilno.

La seconde partie du programme, dès que la pause de l'entracte fut interrompue par les trompettes donnant le signal de rentrer dans la salle, (Hejnal cracovienne de la tour de Marie), débuta par „Waterloo", de Victor Hugo, dans le texte français, remarquablement déclamé par un artiste des scènes de IVilno, M. Nawdor. Une intense couleur locale émana de la lecture, faite par un autre artiste dramatique, M. Zaleski, de l'esquisse particulièrement intéressante, descriptive et historique, de Ceslas Janl^owski, „La Voie Napoléonienne" , dépeignant avec beaucoup de couleur et une foule de détails le passage de l'Armée française et de l'Empereur par l'antique route de Molodeczno à Wilno. L' Académie fut terminée à une heure fort avancé, c'est-à-dire vers minuit, par la marche de la symphonie „Héroïque" de Beethoven, composée en l'honneur du Premier Consul, qui fut exécutée par l'orchestre militaire.

Tel fut le cours du Centenaire de la mort de Napoléon à JVilno, où la solennité dura pendant toute la journée du 5 Mai 1921.

Ajoutons qu'en 1916 déjà, pendant l'occupation allemande, alors que les Russes avaient déjà enlevé le monument de Murawiew de la place devant la résidence de l'ex-Général-gouverneur de la

..Région du Nord-Ouest", IVilno avait donné à cette belle place le nom-souvenir de „Place Napoléon" , liant déjà depuis quelques années et pour toujours le nom de l'homme sans doute le plus puissant que l'humanité ait produit à l'une des villes d'Europe parmi les plus antiques et les plus magnifiquement situées.

IVilno prit également une part d'autant plus importante aux solennités de Varsovie que le Président du Conseil Municipal de Varsovie, M. Ignace Baliriski, voulut bien accepter de représenter la ville de Gedymine et de Jagellon Le nom de M. Ignace Balinski est strictement lié à Jaszun près de Wilno, avec l'époque de de Mickiewicz, avec les environs de Nowogràdek, avec les mémoires de l'auteur la „Pologne antique". M. le Président Balinski déposa au monument de Napoléon, place Warecki aujourd'hui Place Napoléon, après un discours approprié, une couronne de la ville de Wilno, tressée de lauriers, liée de rubans aux couleurs de l'ancien palatinat de IVilno (saphir et amarante), avec cette inscription en lettres d'or „A Napoléon — Wilno".

Dr. CHARLES VACQVERET.

La Célébration du Centenaire dans toute la Pologne,

„La Pologne est la clef dt voûte de l'équilibre européen."

Napoléon I.

Répondant à l'appel lancé par le Comité du Centenaire de Napoléon à "Oarsovie, des Comités provinciaux se sont créés dans toutes les villes polonaises de quelque importance.

Cet appel fut donc entendu non seuement par IVilno, Cracovie, Léopol et Poznan, mais aussi par beaucoup d'autres de nos villes de voïevodies et de starosties *). Les solennités napoléoniennes prirent un caractère plus ou moins imposant selon les localités et les moyens disponibles. Cependant, même là où elles se déroulèrent dans un cadre plus modeste, elles élevèrent l'esprit des habitants, renouvelant l'union de la Pologne et de la France, union basée sur les souvenirs historiques.

Partout, sans en excepter les confins les plus éloignés, les solennités du 5 mai furent l'expression des sentiments de

*) ooîeoodie — préfecture; atarostle — soui-préfecture.

reconnaissance, qui pénétrent la génération actuelle pour le secours que la France chevaleresque prêta à la Pologne dans les moments les plus pénibles. Un enthousiasme sincère et unanime les accompagna dans toute la Nation.

Dans ces solennités, toutes les manifestations tendirent à l'apothéose du génie de la France, personnifié en Napoléon, génie libérateur qui lutta toujours pour l'indépendance des nations et pour instaurer un ordre nouveau dans le monde.

Il était à prévoir que, en Pologne, partout où survivaient des traditions locales remontant à l'époque des guerres de Napoléon, les solennités seraient plus ardentes encore, témoignant des sentiments inoubliables qui résistèrent aux années d'esclavage, et reveilleraient dans les souvenirs de la nation les échos lointains de l'épopée Napoléonienne, inséparablement liée à la cause Polonaise.

C'est ainsi que s'est particulièrement distingué dans ce sens Pultusl^, dont le nom, gravé sur l'Arc de Triomphe à Paris, demeure ineffaçable dans les fastes napoléoniennes. En cette ville, le Centenaire Napoléonien ayant été célébré en même temps que la solennité du 3 Mai, la double manifestation prit le caractère d'une grande fête nationale.

Pour ne pas nous répeter dans la description détaillée des solennités du Centenaire, célébrées sur tout le territoire de la République, nous mentionnerons les plus importantes.

CRACOVIE. Cracovie célébra le 5 Mai, jour anniversaire de la mort de Napoléon, par une commémoration imposante- Dès 9 heures les troupes de toutes armes, sous le commandement du Lt-Colonel MaduTowicz, se placèrent dans le rectangle du Grand Marché, du côté de la rue Szewska. Tout autour du rectangle, un public nombreux se pressait. Aux portes de la Sukiennice, à côté de l'autel, orné de verdure et pavoisé aux couleurs polonaises et françaises, avaient pris place: la Mission Militaire française avec le

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RODACY!

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POLACTI

PrxHi An Isly zgW. jako vyinuiiiAr i »)i!a«6. Tm. kt«^ry du wtjanmkiafi oc^ Pulaki «tbîM ttowotjtmt o&tatïj prawen^lDe Zat^-bodu, — Konstyfawj^ i«i»>«iv^ w<»ti)oéé t rôwiKM^ v^jiUieè obrwaMli, — w«p8rt) aa tydi afladacii d<>iiiokntyrxu,vch k'tdrk^ prsw, bqd^) nisnt vluinm^ aaruduw^ i pn^lint diviinii^ pv imA d/iaifjiu) iisrudowefc» njzwcju,

Teo, z kturrgo imienieiti Iqca? k)< ntcroxenriliiie rliwnU twôrcxyt-h wytùl»û, dokooaoych fir/«z aar6d polaki. wi^ m^ toi J^OBifew i ïniv-wincùw, -

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Tiik, J«k karU dzîfjnw uaszycb zatrnmala «q ns KoDirtylarii .'f Maja i *XàU fif^ ilmuiiiiiUif waiy^nkicti pootjuaû mroOowycti, tak irspomnimia i tndycji- doby S«ih>lA>à8liH'j budaily aasdoarai. do dziabnia i do walkt '- « .— - -

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i kM^«a Wiinuavitkiefu—NapolaaA.

FULTDSn KUin'JfT OBCHOBÏÏ ÏÏEOffilBKfiCI ÏUOWTCE

Proclamation du Comité Napoléonien à Pultusk.

Colonel de Gail, les Généraux Szeptycki, Osinski, Kostecki et Symon avec leurs Etats-Majors, un nombreux Corps d'Officiers, le staroste KoWalikowski avec les représentants des autorités, le Président Federowicz avec le Vice-Président Roll et un groupe de Conseillers municipaux. A 9 heures le Général Szeptycki passa les troupes en revue aux sons de la musique du 20-ème d'Infanterie, jouant l'hymne national polonais, salué par les acclamations éclatantes des soldats. Le commandement: ..Présentez armes!" retentit. L'adjudant Qénéral Kostecki s'avança devant le front des troupes et lut l'Ordre du jour du Commandant en Chef donné à l'occasion de l'anniversaire napoléonien. Les premières paroles retentirent au milieu d'un silence et d'un recueillement solennels:

..Soldats! Il y a cent ans. sur une île sauvage, isolée, en plein Océan, est mort le plus grand Soldat, le premier Capitaine du monde — Napoléon..."

Après la lecture de l'Ordre du jour l'orchestre joua la Marseillaise. L'abbé Niezgoda, aumonier-chef de la garnison, célébra la messe de campagne. Pendant l'Evangile, les troupes présentèrent les armes, et pendant l'Elévation des coups de canon se firent entendre des hauteurs du Wawel. A la fin de la messe retentit l'hymne ..Dieu protège la Pologne". La cérémonie se termina par un défilé des troupes dans la rue Dunajewski-

A II h. 30, séance solennelle en l'honneur de la France dans l'Aula de l'Université, gracieusement ornée de verdure et d'arbustes. Au dessus de la chaire, parée de fleurs, avait été placé le tableau de Pierre Michalowski, réprésentant Napoléon à cheval. Dans l'assistance: la Mission Militaire française, le prince évêque Mgr Sapieha, l'évêque Mgr. Nowak, ainsi que les représentants des autorités militaires, civiles et des sociétés.

Le discours d'ouverture fut prononcé par le Président de la Société des Amis de la France, Président de l' Académie des Sciences, le Dr. Casimir Morawski, qui souligna ce fait que la réunion avait lieu sous l'égide du Grand Homme.

„Si nous honorons Napoléon — dit-il — les sentiments polonais sont bien explicables, car l'Empereur fut le premier à briser les dalles qui nous écrasaient depuis les partages. Aujourd'hui, c'est vers cette Nation Française, ce POÈTE DES NATIONS, qui, partout où luit l'idée de liberté, occupe le premier rang, que se

tournent tous nos coeurs pleins d'un sentiment chaleureux en poussant le cri de „Vioe la France!" Le public se leva, et de longs applaudissements retentirent. Le Colonel de Gail fit ensuite en français un discours chaleureux et éloquent.

Enfin le Dr. C. M. Moraioski, Conseiller de Légation, prononça un discours érudit sur les relations de Napoléon avec la Pologne.

Général E. DUPONT Préaident de la Commission Interalliée de frontière Polono-Allemande.

POZNAN. Le 5 Mai à midi séance solennelle consacrée à la mémoire de Napoléon dans la grande Salle de l'Université. Toutes les personnalités marquantes de la société de Poznan prirent part à cette réunion. On y remarquait S. E. le Cardinal Dalbor, Primat de Pologne, iévêque Mgr Lukomski, beaucoup de réprésentants du clergé, les Généraux, toute la société cultivée de Poznan, les pro-

feaseuTS de l'Université avec leur recteur, les fonctionnaires des Ministères, etc. etc.... La salle était richement ornée de verdure, et au milieu de la foule qui l'emplissait, on remarquait les beaux uniformes bleu-horizon des Officiers français, venus au grand complet, ayant à leur tête le Président de la Commission Interalliée de la frontière polono-allemande, le Qènéral Dupont, dont l'activité est si pleinement cordiale pour les Polonais et qui se trouvait alors à Poznan.

La séance débuta par une excellente conférence du prof. Grabowski, qui caractérisa les aspirations éveillées par la grande figure de Napoléon dans les poésies française et polonaise. Le cri en l'honneur de la France poussé par l'orateur fut ardemment répété par le public.

Le Général Dupont, après avoir déclaré ne pas être orateur, indiqua brièvement ce que fut Napoléon pour la France et pour la Pologne, et comment il releva après sa chute dans l'h'stoire le fier et glorieux drapeau polonais. „L' Empereur raconte dans ses souvenirs qu'il trouva ici une âme virile, pleine de coeur et de sincérité. Et aujourd'hui aussi nous trouvons les mêmes sentiments, et nous aussi nous aimons la Grande— Pologne virile, passionnée et sincère. Vive la Polognel".

Ce discours d'une vigoureuse sobriété produisit une très forte impression et fut très applaudi.

Les parades militaires commencèrent dès le mercredi 4 Mai, par le défilé d'une Compagnie de fantassins, musique en tête; un autre défilé eut lieu le 5 Mai sur la place de la Liberté, en présence de tous les Généraux, de la Mission Militaire française et d'un nombreux public.

La partie théâtrale du Centenaire fut consacrée à la représentation, de „l' Aiglon", de Rostand, donnée par le „Théâtre Polonais".

LEOPOL. Le jeudi 5 Mai eut lieu à la cathédrale une messe pontificale, célébrée par l'évêque, Mgr Twardowski, entouré d'un nombreux clergé. Devant le grand autel avaient pris place: le Dr. Gatecki, Délégué général, les membres de la Mission Militaire française, le Colonel de Renty en tête, des Généraux, parmi lesquels le Général Lamezan, le Conseil Municipal, les représentants des autorités, des diverses institutions et le Corps des Officiers. Devant l'église

étaient rasiemblées des troupes de toutes armes. Le choeur de la cathédrale fit entendre quelques chants pendant la messe. Après quoi sur la place du Marché, devant la Mission Militaire française et les invités, eut lieu le défilé des troupes. Le cri de „Vioe la France", poussé par le Général Lamezan, fut répété trois fois par les assistants et l'orchestre joua l'hymne national.

LUBLIN. Lublin célébra magnifiquement le Centenaire de la mort de l'Empereur des Français. L' Armée et la population prirent part à ces solennités.

La cérémonie commença dés le matin par un défilé à travers la ville aux sons de la musique du 8-me d'Infanterie des Légions.

A 10 h, fut célébrée par l'abbé Georges Sienkiewicz, aumônierchef du D. O. K. (Commandement de Corps), une messe de campagne, sur la place de Lithuanie. Etaient présents: la Mission Militaire française avec le Colonel Couturier, le Général Jqdrzejewski, les représentants de la voïevodie, de i Université, des autorités communales et des sociétés.

Après la messe le Général Jçdrzejewsfii adressa la parole d la Mission Militaire française et poussa un vivat en l'honneur de la France; la Compagnie d'honneur tira une triple salve. En réponse le Colonel Couturier prononça en polonais le discours suivant:

„En ce jour la Pologne et la France, ces deux amies de l'époque impériale, célèbrent ensemble le Centenaire de la mort de Napoléon sur le triste rocher de Sainte-Hélène. Le passé du Grand Empereur qui couvrit d'une immortelle gloire la France et la Pologne luttant côte à côte nous donne une grave leçon pour l'avenir.

„Au point de vue politique. Napoléon avait deux buts.

„Le premier était de détruire la puissance militaire de la Prusse, le second de ressusciter la Pologne et de la voir libre, puissante et glorieuse.

„Le grand génie de Napoléon comprenait que ces deux buts grandioses étaient nécessaires d la paix de TEurope.

„Après la victoire d' Jéna, Napoléon crut avoir brisé l'aile d l'aigle prussienne. Par la reconstitution du Duché de Varsovie, il Voulait rendre son vol à l'aigle polonaise. Cent années ont passé depuis l'époque napoléonienne. Et voild qu'aujourd'hui nous noua trouvons en présence des mêmes problèmes. Il n'y a jamais rien de nouveau sous le soleil. Comme il y a cent ans, nous devons aujourd'

hui: d'abord détruire la puissance germanique, ensuite reconstruire la Pologne libre, puissante, redoutable même, car le nGermain" n'a peur que de la force.

„Afin d'atteindre ces deux grands buts, la France réclame le désarmement complet de l' Allemagne. Afin de donner à la Pologne une force militaire imposante, la France réclame la réunion d la Pologne de tout le bassin industriel de la Haute-Silésie.

„La France tendra d la réalisation de ces désirs avec une entière fermeté, et si c'est nécessaire en faisant feu de ses canons- Ces deux grands buts doivent être atteints et ils le seront.

..Alors nous verrons avec fierté nos deux Patries amies et alliées, puissantes et respectées, attirer dans leur sillon le reste de l'humanité reconnaissante vers l'aube d'un heureux lendemain.

„ Tel est. Messieurs, l'enseignement que nous donne, de l'Ile Sainte-Hélène, l'ombre du Grand Empereur.

„Haut les coeurs! sachons conduire nos deux chères Patries Vers la prospérité et l'immortalité, par le chemin que nous montra il y a cent ans le plus grand génie de ce siècle.

„ Vivent la Pologne et la France alliées, toutes deux puissantes, estimées et glorieuses.

„Qu' elles vivent!"

Ensuite l'assemblée se rendit, au milieu des vivats, au Faubourg de Cracovie, où les troupes prenant part d la cérémonie défilèrent sous un arc de triomphe devant la Mission Militaire Française. Une séance mémorable eut lieu le soir dans la grande Salle de l'Université. La principale parure de cette solennité fut le discours très émouvant du prof. Smoll^a. Après ce dernier, M. Miketta vint déclamer quelques fragments de ..Monsieur Thadée", puis M. Longchamps de Berlier fit une intéressante conférence sur le Code Napoléon. Cette magnifique séance, témoignant de l'amitié toujours vivace, qui unit la Pologne d la France, se termina par le poème de Stowacki: „La translation des dépouilles mortelles de Napoléon", déclamé par M-me Jezierska, et pour clore, la Marseillaise. Ce même jour les représentants de la ville et le Comité du Centenaire adressèrent le télégramme suivant au Général Niessel, Chef de la Mission Militaire Française en Pologne:

„Les citoyens de Lublin, réunis pour les solennités du centièmt anniversaire de la mort du héros-soldat, grand Législateur et Capi-

taine, déposent en vos mains, Monsieur le Général, l'expression Je leur hommage au génie de la France, celte inébranlable alliée de la Pologne."

Par l'entremise du Président de la aille, le Général Niessel répondit à ce télégrame, ce qui suit:

„Les solennités du centième annioersaire de la mort du plus grand Chef de ma Patrie, solennités, auxquelles j'ai participé et dont j'ai été témoin au coeur de la Capitale de la République Polonaise, laisseront pour toujours dans ma mémoire les meilleurs souvenirs. Je remercie du fond de mon coeur les citoyens de la ville de Lublin des sentiments de sincère amitié qu'ils m'ont témoignés". Signé: Général Niessel.

CZÇSTOCHOWA. Czqstochowa consacra la journée du 5 Mai à l'anniversaire de la mort de Napoléon. Une messe fut célébrée à 10 h. du matin sur les dégrés de l'église Saint-Jacques, avec participation de l'Armée, des représentants des autorités gouvernementales, municipales, des écoles et de la société; ensuite les troupes défilèrent devant le Général de Division Pogorzelski.

Dans l'après-midi eut lieu une séance imposante en l'honneur de Napoléon, dans la salle de l'Hôtel de Ville, rue Dqbrows\i. Le Dr. Noivak, Président du Conseil Municipal, prit le premier la parole en glorifiant la France; ensuite le président de la colonie française prononça un discours chaleureux, montrant les sentiments fraternels des deux Nations. Après les discours éloquents des représentants de la Justice et de l'Armée, le Dr. Nowak, donna lecture de la dépèche suivante, envoyée à M. de Panafieu, Ministre de France à Varsovie: „Le Conseil Municipal et les magistrats de la ville de Czqstochouia, avec la participation des représentants de l'Armée, des autorités, des diverses associations, du clergé et des corporations, en présence des membres de la colonie française, réunis le 5 Mai 1921 en séance solennelle pous honorer la mémoire de l' Empereur Napoléon à l'occasion du centième anniversaire de sa mort, affirment que le nom de Napoléon vit aujord'hui dans la Nation Polonaise, entouré d'une auréole de grandeur et de gloire, et adressent leurs hommages à la Nation Française, qui fut toujours à l' avant-garde de la civilisation mondiale. Honneur d la mémoire du Grand Empereur des Français Napoléon /".

Un télégramme contenant ce même texte fut également adressé au Comité napoléonien de la Capitale.

A la fin, le choeur de l'école normale des instituteurs chanta „La Marseillaise" et „Jeszcze Polska nie zgin^tal" La ville était paOoisée aux couleurs des deux nations. Sur les balcons de l'Hôtel de Ville, du Commandement de la Place et de la Banque de Commerce, avaient été placés des transparents lumineux.

Les pompiers maintenaient avec dévouement l'ordre pendant la messe.

KIELCE. Kielce célébra les solennités du 5 Mai avec le même éclat que le reste de la Pologne.

Le matin se firent entendre les accents d'une musique, sonnant le réveil.

A 10 h., le public se rassembla sur la place de la Liberté, ainsi que les troupes (4-me et 25-ème d'Infanterie), les pompiers, les autorités civiles, les autorités Militaires, la Mission Militaire française, le Clergé, etc. Du côté de ta rue Mickiewicz, on arrivait sur la place par un arc de triomphe orné de verdure, de drapeaux français et polonais. Sur l'arc de triomphe se lisaient les dates de 1821 — 1921. Pareil ornement se voyait sur l'autel, devant lequel l'éveque, Mgr Losinski, entouré du clergé, célébra une messe de campagne solennelle. Les fenêtres et les balcons des immeubles entourant la place étaient également parés des emblèmes polonais et français. L'Armée tira des salves d'honneur à l'Evangile, et les canons se firent entendre. Après la messe, l'abbé Matejkiewicz prononça une allocution dans laquelle il souligna l'importance de l'amitié et de l'alliance franco-polonaise, jadis et aujourd'hui.

Après la messe le Général Latinik lut l'ordre du jour du Commandant en Chef, devant le front des troupes; ensuite aux sons d'une fanfare, eut lieu, rue Mickiewicz, le défilé des troupes.

La solennité se termina sur la place par les cris de „ Vive la France!" par la Marseillaise et des salves d'honneur.

Vers midi les invités purent voir, dans les salles de la „Socielé Chorégraphique" , les souvenirs de l'époque napoléonienne spécialement réunis à l'occasion de l'annitersaire de la mort de l' Empereur.

Dans la soirée, devant une salle comble, eut lieu une séance solennelle, au cours de laquelle le prof. Kuc, dans une excellente causerie, présenta un tableau de l'époque napoléonienne et des

faits héroiqaes de notre histoire qui en sont inséparables. La troupe du Théâtre militaire joua „Napoléon à Sainte-Hélène" ,

KALISZ. La solennité napoléonienne du 5 Mai se déroula à Kalisz sur la place du Nouveau Marché. Après la messe de campagne, le Colonel Borowski lut à la garnison rassemblée l'ordre du jour du Commandant en Chef, puis eut lieu le défilé du 29-ème Chasseurs à Cheval, du 25-éme Uhlans et du 4-me d'Artillerie lourde.

Des délégations des sociétés, des métiers et des institutions de Kalisz prirent part à la solennité.

RADOMSK. Lin comité se constitua à Radomsk sous la présidence de M le Staroste Harmata pour célébrer dignement la journée du 5 Mai- Ce jour là les fêtes napoléoniennes commencèrent sur la place du 3 Mai, où l'abbé Olejnik, aumônier militaire, célébra une messe solennelle sur un bel autel spécialement dressé, en présence d'un nombreux public, de la colonie française, de délégations des sociétés et des institutions de Radomsk, ainsi que de la garnison.

Le soir eut lieu une représentation au théâtre, qui commença par l'hymne national, la Marseillaise, et comporta un beau programme de déclamations, de chants et de morceaux de musique.

Après la réprésentation eut lieu dans les salons de la Société Métallurgique un banquet auquel prirent part entre autres MM. Jean Humblet, Husarzewski, Born, Vaudan, Mathieu, André, le dr. Rago et le président du Comité, le très actif staroste M. Harmata. Plusieurs discours chaleureux furent prononcés.

KUTNO. L'anniversaire de la mort de l'Empereur Napoléon fut célébrée avec une entière piété par la ville de Kutno; le jeudi 5 Mai toutes les maisons étaient décorées dès le malin de drapeaux. De nombreuses fenêtres et des devantures de magasins étaient ornées du portrait de Napoléon encadré des couleurs françaises et polonaises, des portraits de Dqbrowski, du prince Joseph Poniatowski et de tableaux réprésentant les batailles napoléoniennes ainsi que des scènes de l'époque.

L'Hôtel de Ville, en particulier, était richement décoré de nombreux drapeaux polonais et français. Le balcon était couvert de fleurs et sur un tapis où elles formaient la lettre N.

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L'aumônier milHaire célébra la messe d 10 h. du malin sur un bel autel de campagne dressé sur la place du Nouveau Marché, grâce aux soins de la Municipalité, et en présence du 37-ème d'Infanterie, des représentants de la population, des propriétaires fonciers, des corporations avec leurs bannières, de toutes les écoles et des pompiers. La musique du 37-ème d' Infanterie joua pendant la messe; pendant l'Evangile, l'Elévation et l'Agnus Dei, la troupe tira une triple salve, en même temps que tous les drapeaux saluaient. L'aumônier militaire prononça une allocution en termes très élevés

Ensuite le Lt-Colonel Minski lut devant les rangs l'Ordre du jour du Commandant en Chef, et poussa en l'honneur de la France un vivat, qui fut répété par une foule de plusieurs milliers de personnes. La musique joua „La Marseillaise" et „Jeszcze Polska nie zginqla", puis l'armée tira une nouvelle salve. La cérémonie se termina par un défilé, pendant lequel les habitants acclamèrent l'armée avec enthousiasme.

A une heure de l'après-midi eut lieu dans la salle de l'Hôtde Ville une séance solennelle du Conseil Municipal sous la présidence du maire, M. Thomas Klepa. ^Devant le bureau président tiel était dressé le buste de Napoléon entouré de fleurs. Le Président prononça un discours remarquable\consacré à la mémoire de Napoléon, puis le Conseil Municipal décida d'envoyer les télégrammes suivants:

l-o) Président du Conseil Municipal Balinski à Varsovie:

„La ville de Kutno se joint à toute la Pologne dans les solennités en l'honneur du Grand Napoléon, et croit, que la France, fidèle alliée des nations luttant pour la liberté et la justice, prendra dans la question de la Haute-Silésie une attitude conforme d la grande tradition napoléonienne. Vive la France! Le maire: Klepa".

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