‹ Livre d'or du centenaire de Napoléon en PologneChapitre 4 sur 14 · SOLDATS · texte numérisé non relu

SOLDATS

Il y a cent ans, sur une île sauvage, perdue dans l'immensité de l'Océan, mourut le plus grand Soldat du monde, le Chef le plus magnifique, — Napoléon.

Le génie de la France, qui obligea ce pays à créer, au milieu de luttes pénibles et de cruelles souffrances, de nouvelles voies à la vie de l'humanité, le jeta, jeune encore, dans l'arène de la guerre. Alors que toutes les autres puissances, luttant contre les nouveautés de la Révolution, menaçaient l'existence même de la France, il fut placé parmi les maîtres de la guerre. A partir de ce moment, la victoire, ce fruit le plus doux des peines et des efforts du soldat, fut liée pour longtemps aux drapeaux de la France.

Sous le charme de ce génie merveilleux se forma un nombre considérable de soldats vaillants, qui emplirent l'Europe d'alors du tumulte des batailles et de leurs victoires retentissantes. Sous sa main dure, mais extraordinairement capable, des palefreniers, des sous-officiers et de jeunes officiers devinrent ses aides les plus proches, Maréchaux de France, grands Soldats qui traversèrent l'école de la victoire vite et facilement.

Napoléon nous a laissé, par ses actions et par ses batailles, des modèles de l'art de la guerre si inoubliables et si merveilleux que, tant qu'existera au monde ne fût-ce qu'un soldat recherchant péniblement le secret de la victoire, tant qu'existera un Chef analysant les mystères de l'art du commandement, tant que les hommes chercheront une réponse à la question de savoir

comment une main mortelle peut manier si énergiquement les foudres guerrières si puissantes qu'elles allument et pulvérisent comme un simple brin de paille les efforts humains les plus longs, les puissances et les régimes, tant que ces problèmes occuperont l'esprit humain, on ne commencera ses études nulle part ailleurs, mais uniquement dans les oeuvres, dans les travaux et dans les victoires du Grand Napoléon.

Idolâtré par ses soldats, grand dans le bonheur comme dans le malheur, audacieux dans ses pensées et dans ses actions, le Chef de la France, puissante mais épuisée par ses efforts inouïs, fut enfin brisé, après d'infructueux essais, par le nombre écrasant des ennemis de sa personne et de la France. Le coeur de ce magnifique soldat a cessé de battre il y a cent ans, loin du monde, surveillé par de nombreux geôliers: l'esprit immense du chef s'éteignit, une volonté puissante, — que nul être humain, ni avant ni après lui, ne posséda, — disparut.

Soldats! sous le commandement de Napoléon combattirent jadis nos grand-pères et nos arrières grand-pères qui inclinaient leurs étendards avec vénération devant lui, comme devant le chef suprême. Qu'aujourd'hui aussi, en glorification de sa mémoire, partout, le coeur de tout vrai soldat batte plus fort pour lui, pour ce soldat, le plus grand, et pour cet instructeur, le plus excellent des soldats. Que les étendards polonais s'inclinent devant son âme puissante, que des salves de souvenir retentissent à sa gloire.

Cet ordre sera lu le 5 mai devant le front de toutes les troupes, de toutes les garnisons; une parade des détachements désignés, avec leurs étendards, aura lieu, et une salve d'honneur sera tirée, selon les ordres qui seront donnés par les autorités militaires locales.

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