‹ Livre de famille (volume 3)Chapitre 12 sur 62 · L'AN DR GRACE MIL SEPT CENT SOIXANTE SIX · texte numérisé non relu

L'AN DR GRACE MIL SEPT CENT SOIXANTE SIX

« Le vendredy matin Trente un celui jour de janvier, au havre de grâce au greffe du siège de Bailliage dud Lieu Devant nous francois Pierre haize Conseiller du Roy Lieutenant

Général Civil et criminel Reconnoistre fils de Maistre

du mettier de Linger et Lingere en Cette ville La personne de Charles Guillaume augustin Gamot originaire de cette ville âgé denviron Trente ans fils de deffunt Charles ambroise Gamot maistre dudit mettier admis a la ditte Maitrise par acte Exercé En ce siège Le quinze de juin mil sept Cent vingt huit duement En forme. Lequel a Leffet que dessus auroit Convoqué et fait Comparoir devant nous La veuve Carrel et La femme du sieur houssaye gardes en Exercice dudit mettier et autres Maistresses en nombre suffisant dudit mettier Lesquelles estant Comparées ont déclaré Consentir que le dit Gamot soit Reçu et admis a la ditte Maitrise Comme fils de Maistre Ce quelles ont signé au Registre du greffe de ce siège, Vu Lequel Consentement nous avons de Celuy du Procureur du Roy reçu et admis Ledit Gamot a la maitrise comme fils de Maistre dudit mettier de Lingere en Cette ville pour Par Lui en faire et Exercer Laditte profession a Boutique ouverte ou autrement Tout et ainsy que les autres Maistres et Maîtresses dud mettier a la Charge par Lui de garder et observer Les statuts dud mettier, arrests de la Cour, ordonnances et Règlements de ce siège, Ce qu'il a promis faire dont il a fait et preste Le serment »

(Etat et Liquidation) (1767)

« Ktat des Immeubles en Caux Et Bourgage, Et meubles provenants de La succession da feu M1" Charles Guillaume Gamot sergeant royal En l'amirauté du havre, dressé entre Les sieurs Charles Etienne Ambroise Gamot negotiant a St Pierre de la Martinique, Et Charles Guillaume Augustin Gamot capitaine de navires marchands, fils et héritiers dudit Mra Charles Guillaume Gamot d'une part, Et de Lautre part entre hn" Marie Margueritte Catherine Gamut fille dud1 M"« Charles Guillaume Gamot et non réservée a sa succession pour être vertu dudit état procédé a la liquidation de la Légitime de la dite D'l« Gamot

« Les dits Sls Gamot frères stipulés Et représentes

savoir le Sr Charles Etienne ambroise Gamot par dame Marie Margueritte Véronique Le Villain veuve du dit feu M.™ Gamot, sa mère, et le S1' Charles Guillaume Augustin Gamot, par Dame Marie-Anne françoise Duval son Epouse, en vertu de leur Procurations passée devant Les nottaires de cette ville Les

13 Ibte 1766 et 12 Janvier 1767

a Immeubles en Caux

« Un héritage sis en la paroisse de Saineville contenant tant en cour, masure bâtiments que terre Labourables le nombre

d'une acre de terre | La mesure de superficie, l'acre

est actuellement celle usitée en Angleterre. Elle a été autrefois en usage dans le nord de la France. Sa contenance a beaucoup

varié.] reste pour la terre nue vingt Livres de rente

valant de Capital au denier vingt — 400L

[Dans cet État, l'intérêt de l'argent est toujours évalué 45%]

« Un autre héritage sics en ladite paroisse de Sainneville contenant tant en cour, masure que Clos en terre labourable

le nombre d'une demie acre de terre affermée. . . .

trente six livres par an valant de capital au denier vingt 720'-

1120L « Les dits immeubles sont chargés « 1" Envers les S|S Cornet fils et héritiers de feu Marie ïheresse Gamot leur mère sœur

dud' feu Mre Gamot de

« Reste net 725L18S lu

« Ce qui fait pour un quart formant la Légitime de la D"c Gamot 181 '- 9S Gl:

« qui réparties au marc la livre le preciput en

doit de Capital 52'11S 8n

« Laine pour ses deux tiers 85-18-10 -

« Et le Cadet pour son tiers > 42-18-11-

De capital 181 L 9S 5"

« Immeubles En Bourgage

« Un corps de logis sçis rue des ramparts Lotie a différents particuliers a lannee et sans bail quatrevingt six Livres valant de capital au denier vingt 1720L

« Un autre corps de logis sçis rue St Julien. . . . 17-10'-

« Un Troisième corps de logis sçis aussi En cette ville rue dannebauts paroisse St François 2200'-

« Une Charge de Sergeant Royal en Lamirautc du havre Estimée entre les Srs Gamot et la DIle leur sœur a 1500'-

a Les dits Immeubles sont chargés

« Dont le capital est de 2182L4S 1 u

« Reste net 4977L 15s 11 <>

Dont le tiers apartenant a la dite DUe Gamot pour sa Légitime est de 1659 L 5S 4"

Qui répartis moitié par moitié entre les dits Srs Gamot frères

Les biens meubles restés après le deceds du feu Mie Gamot ont été Estimé suivant le procès verbal de Torquet en date du 10. 7b" 1750 à 355L

Dont le Tiers attribué à la D»'" Yv« par la Coutume est de 118L 0S 8"

« Recapitulation La Légitime de la Dllc Gamot tant sur Le Caux que sur les biens de Bourgage Est de 92 L 0S 7"

« de Rente au Capital de 1840'- 14s 9"

[Gamot l'ainë participe : En ce qui concerne En Caux, pour son préciput et ses 2/3 — et Bourgage, 1/2. Gamot cadet : En Caux, 1/3 — et Bourgage, 1/2-1

« la D"e Gamot n'acquerra La proprietté que Lors de son

mariage

[Puis vient le Douaire de la D""-1 V« Gamot, que payeront, chaque année, les S'* Gamot Laine et Cadet, ù cause de leurs biens de Caux et de Bourgage, et la D1^ Gamot à cause de sa Légitime. ]

« fait triple au havre Le 20 May 1767

[Signé] « Veuve Gamot femme Gamot Catherine Gamot »

(Partage) (1769)

Cette pièce concerne la division, en deux lots des Biens Immeubles En Bourgage, c'est-à-dire : 1er lot, Corps de logis rue Saint-Julien et 2e lot, celui rue des Etoupieres, a Laissez par Maitre Charles guillaume Gamot En son vivant sergent Boyal en Lamirauté du havre de grâce et thereze Biscare son épouse ». Et leur attribution : le second à Ch. G. A. Gamot, capitaine de navires, représenté par M. A. F. Duval, son épouse, et, le premier à Ch. E. A. Gamot, negotiant à Saint-Pierre, ïsle de la Martinique, représenté par C. Cornet. Je remarque que les mots « et thereze Biscare son épouse » ont élé ajoutés en marge, d'une autre main, et paraissent erronés. Dans cet acle ie note seulement :

« Charges du second Lot. faira et continuera Ledit second Lot de payer aux sieurs Cornet Marchands Drapiers drapiers Merciers demeurants En cette ville, fils et héritiers de feue Demoiselle Marie thereze Gamot Leur mère sœur dudit feu Maitre Gamot Le nombre de vingt Deux Livres de Rente hipotecque Racquitable touttes fois et quantes au denier vingt.

« sera pu outre chargé de payer à La demoiselle Gamot Epouse du Sieur Le prevost Le nombre de quatre vingt Douze Livres sept deniers de Rente quelle a droit de prétendre pour sa Légitime

« On observera que les Çopartageants sont En cor propriettaires dune charge de sergent Royal En Lamirauté de cette ville que le sieur Deglos Exerce a moitié profit comme de sa nature Elle nés pas Divisible, Et que Bailleurs sa valleur nest pas Exactement connue Les Gopartageants En demeureront Ensemblement propriétaires chacun pour moitié

« fait Double au havre le Vingt cinq de mars mil sept cents soixante neuf »

Les renseignements que j'intercale ici m'ont été fournis par le service de l'Inscription maritime, au Havre :

« M. Gamot, Charles Guillaume Auguste, né au Havre, le 30 janvier 1736, fils de Charles Guillaume, huissier et de Levillain, Marguerite, marié à Duval, marie françoise.

« Capitaine reçu à l'Amirauté le 12 novembre 1761.

* A commandé de 1771 à 1775 « La Tamise », navire de 300T et 10 canons, pris aux Anglais.

« Parti du Havre, le 5 avril 1775, à destination des côtes de St Domingue, arrivé au Cap Français le 16 mai et reparti, le 27 décembre pour St Domingue. Sans nouvelles depuis. Navire présumé péri en mer avec tout son équipage et désarmé pour mémoire en 1777. »

Je reprends, maintenant, les papiers Pierre Izarn.

(Inventaire) (1782)

« NOUS Jean Charles marie Costé avocat notaire du Roy, au havre de grâce soussigné,

« L'an mil sept cent quatre vingt deux ce Jour mercredy après midy deuxième Joui- Doctobre

a Sur l'avis qui lui a été donné du décès arrivé La nuit

Dernière à Dem?lle marie amie Françoise Duval Epouse du sieur Charles guillaume Augustin Gamot cap"11 de navire en cette ville Présumé pery en nier Lors de sa traversée d'amerique en Europe, en retour du Voyage qu'il avoit entrepris sur Le navire Latamise qu'il commandoit ny ayant Eu aucunes nouvelles dud. navire Et de son Equipage depuis plus de [en blanc].

« A cause de Laminorité des enfants de la ditte Dame Gamot Pour leur lnterest Et de qu'il appartiendra,

« Nous sommes Transportés en son Domicilie qui consiste rn un Corps de Logis en cette ditte ville parroisse nôtre Dame rue D'albanie. »

Suivent 24 pages d'énumération de meubles, linge, etc., sans évaluations — et 12 pages d'inventaire des papiers — et 3 pages de déclarations diverses. Ces opérations ont duré plusieurs jours dont le dernier a été le 28 octobre 1782. Je me borne à quelques extraits ou résumés :

« De la réquisition du sieur Charles guillaume Despond cap1"' de navire Demeurant en cette ville du havre au nom et Comme fondé de procuration généralle Et specialle de messire pre Duval ancien recteur de L'université de Paris Proviseur et principal du Collège D'harcourt en la ditte université demeurant à Paris au susd Collège ps?e saint hilaire mon dit

S1' Duval oncle maternel et Tuteur principal institué par acte Exercé au Bailliage du havre Le huit de ce mois, de Charles guillaume, Pierre-michel Etienne, Et margueritte Suzanne flore Gamot enfants mineurs du sieur chartes Guillaume augustin

Gamot Et de D""11 marie anne francoise Duval Décëdée

en cette ville Le premier de ce mois

[Plus loin cedit Duval est qualifié « Abbé Duval ». Quant au dit Despond, une autre pièce le qualifie de « Parent Paternel »,

étant « Cousin issu de germain comme ayant Epouzé

demoiselle Marie Thérèse Marguerite Cornet ».|

« Dans Le haut et tiroir en Bois D'acajou

« Un Sac contenant Dix huit cent Livres en Ecus de six Livres,

« un autre contenant mille quatre vingt douze Livres en Ecus de six Livres

a Et huit Louis D'or formant cent quatre vingt douze Livres

« Un Autre sac dans Lequel la somme de Deux mille sept

cent quatre vingt quatre Livres en Louis D'or de Vingt quatre Et quarante huit Livres.

« Toutes Lesquelles Espèces avec Les dix huit Livres trouvés ce matin ont été présentement remise audit sieur Despond . .

« une Basse, un violoncelle avec son Etuy

« . . . . Copie du testament passé Devant notaire a la martinique Le six Juillet mil sept cent quatre vingt Par Madame marie Eugénie héricher fille Dadrien et Danne Elisabeth Larade Epouse du sieur Etienne Ambroise Gainot Capitaine de navire contenant Diverses Dispositions,

« Un Contrat passé notaire au ponteaudenierd pour Le Siège de Vatteville [le 5 octobre 1778] de vente par. . . au sieur Charles guillaume Augustin Garnot a la stipulation de lad Dame marie anne francoise Duval son Epouse, fondée de sa procuration d'une ferme en La Pssc de Blicquetuit de contenance de [27 acres et 31 perches] — [affermée à la Veuve Valtier).

| Le corps de logis occupé par la dite Dame Gamot et où elle est décédée, rue Dalbanie, ne leur appartient pas, elle l'avait loué 450 Livres par an. ]

« Liasse Contenant huit pièces

qui sont Conventions Entre MM. Veuve foaché Et fils armateurs du navire La Tamise, Et M Charles Gamot Cap"0 de navire

« Reçus de MM. foaché relatifs a L'interest dudit sieur Capitaine audit navire et Cargaison

Un Billet de M. foaché frères à Londre de M. Charles Guillaume Augustin Gamot de Trente mille Livres causé valleur reciie Comptant Dattée du vingt deux avril Dernier payable Le vingt may prochain.

« Trois pièces Qui sont comptes du sieur Vatinel

relatives a divers pacotilles quittance pour solde Generalle dattée du vingt un aoust mil sept cent quatre vingt un,. . . .

« Une Liasse desd. Ecritures en papier contenant deux cent quarante une pièces

« Qui sont Lettres missives et pièces Concernant Les affaires du sieur Gamot Laine de la Merique que Geroit La ditte Dame Gamot.

« Les Meubles et effets sus Descrits et mentionnés [vont être vendus] »

(Etat) (1783)

« Etat des forces, et Charges de La succession mobilliaire et Immohilliaire du sieur Charles Guillaume Augustin Gamot Capitaine de navire présumé péri En mer, Lors de sa traversée de L'amerique en Europe, en Lannée

« 1 1 ne fait faire, et dresser Monsieur pierre Du val ancien recteur de L'université de Paris, proviseur et principal du Collège D'harcourt deint a paris tuteur principal de Charles Guillaume... Pierre Michel Etienne; et Marguerite Suzanne flore Gamot Enfants mineurs dudit S' Gamot et de feii Dame marie anne franç.oise Duval . . .

| Suivent 55 articles comprenant tout l'actif et tout le passif, y compris d'infimes détails. Je ne noterai que ce qui est important ou pittoresque : |

« au f» 18 V» [de l'Inventaire] Il est fait mention qu'il a esté trouvé dans Les poches de La ditte Dame Gamot une somme de 18 L

s au f» 22 V°, et 23 recto, il est écrit qu'il a été trouvé la somme de 5 868 L

« au 1° 34 V" 11 a été D'Ecrit un billet de La somme de trente mil Livres; du fait de MM. foaches frères, datte au havre Le 22. avril 1782. et Payable Le 20. mai 1783. Comme Le Billet n'est point Echu il sera Tiré au présent pour. Mémoire.

[Billet de 1 184 Livres Mémoire. |

[Lettres de change du S1' Gamot aine, demeurant à St Pierre, martinique, qu'il a fait passer à la Dame Gamot et qui, lors de l'inventaire, avaient été envoyées à l'acceptation. L'une,

de 3 000 L a été payée 3 000 L

L'autre, de 4 G35 L, a été protestée. ]

c 11 a été Procédé a La vente Des meubles, en différents Jours, elle s'Elève à la Somme de 5 008 L

« Le Banc qu'occupoit La ditte darne Gamot. dans l'Eglize de notre Dame a été subnasté, au S'1 Bruneaux fils, qui a Payé neuf Livres, au S1' Despond, pour la valleur de ce banc cy 0 L

«Le dit Jour [ 18 octobre 1782 — payé] a La Servante Pour six mois de ses Gages trente Livres — cy 30 L

[ Il n'est question, dans cette pièce, que d'une seule servante. Trente francs de gages par semestre, ce n'est vraiment pas cher ! |

[Tout balancement l'ait des divers Effets que le S1' Gamot

avoit fait passer aux mains de MJ Gamot, dont Elle étoit comptable, la Dame Gamot doit à son beau frère, au 25 novembre 1782 9 513 L]

« Il est du a La démolie Gamot V" Le Prévost une Partie de

92L -S 7» de rente pour sa Légitime.

« forces Immobiliaire

« Une ferme située à St Nicolas proche La maillerays affermée a la "Ve Vatier, et son fils, pour le prix de neuf cents Livres par an — cy 900 L

[De nombreux détails des baux montrent que cette ferme n'est autre que celle désignée dans l'Inventaire comme située dans la paroisse de Blicquetuit. ]

« La succession est encore propriettaire, pour moitié, d'une Charge de Sergent a L'amirauté du havre Louée a Le Bron pour Le Prix de deux cents Livres par an, dont moitié 100 L Cy 100 L

« arrêté au havre le dix janvier mil sept cent quatre vingt trois

[Signé) « Despond <>

Je conclus de cette pièce que la succession des dits conjoints Gamol-Duval, se liquidait par un actif d'environ 60 000 Livres, dont 30 000 en un billet à toucher quelques mois plus tard.

(Bail de l'office de Sergent de l'amirauté) (1788)

« Pardevant Jean Baptiste Dorey et Jean Charles Marie Costé Notaires Gardenotes du Roy au havre de Grâce soussignés

« Furent présents S'' Charles francois Cornet Bourgeois demeurant au havre parrsse notre dame grande rue St Michel au nom et comme fondé de procuration du S1' Etienne Gamot Neg1 demeurant a La Martinique

« Et sieur Charles Guillaume Despond ancien Capitaine de

Navire comme fondé de procuration de M'e pierre

Duval Tuteur principal des Enfant mineurs du sieur

Charles- Augustin Gamot Cap" de Navire

« Lesdits sieurs Etienne Gamot et Enfants mineur Charles Augustin Gamot propriétaires et Titulaires de #L'office de sergent priseur et visiteur au siège de L'amirauté du havre

dont étoit précédemment pourvu sieur Jean Adrien happedey sur La procuration ad resignandum de la V» Le Brou comme tutrice principale de ses en fans mineurs

c Lesquels Compareras auxd noms ont par ces présentes fait Bail a titre de Loyer et prix d'argent a S1' Nicolas Louis Lefebvre commis Juré a L'exercice du greffe de L'amirauté de cette

ville y demeurant rue d'Estimauville pour neuf années

entières et consécutives commencées du premier de ce mois. ... dud. office de sergent priseur et visiteur audit siège de L'amirauté.

« A charge par Le pren. d'obtenir incessam1 Les provisions

dud. office en son nom a L'expiration duquel [bail]

il [le preneur] sera tenu ou lorsqu'il quittera Ledit Exercice, de passer procuration ad resignandum sous le nom quy luy sera indiqué par Lesd S's Gamot, et au cas de deceds du preneur pendant ce Bail ses héritiers seront tenus de présenter autre homme au Roy et d'observer toutes les formalités pour Le faire recevoir.

« Ce Bail fait aux Conditions susd. et en outre moyennant la somme de Deux Cents Livres par an payable le trente un Décembre de chaque année

« fait et passé au havre de grâce en L'Etude Le Cinq Janvier Mil sept cent quatre vingt huit »

(Acte de naissance d'Isaure Gamot) (An 12)

« Extrait du Begistre des Actes de Naissance du 1er Arrondissement de Paris.

« Du dix Ventôse an douze de la Republique a une heure du soir.

« Acte de Naissance de adalaïde Isaure née hyer a Cinq heures du soir rue St Lazare N" 419 division de la Place Vendôme.

« fille de Charles guillaume Gamot, négotiant âgé de trente sept ans et de marie a'ntoinette Louise Auguié âgée près de vingt quatre ans même demeure, mariés au troisième arrondissement de Paris.

« Le sexe de Lenfant a été reconnu être féminin

« Premier témoin michel Ney général commandant en chef le camp de mon treuil sur mer âgé de ti ente cinq ans demeurant susdite rue St Lazare N" 59. oncle maternel de

L'enfant — Second témoin Jean Louis Lagier, employé, âgé de trente six ans demeurant rue lhiroux [? peu lisible] N» C58 division de la place Vendôme.

« = sur la déclaration à nous faite par ledit Charles guillaunie Gamot père de L'enfant qui a signé avec nous et les témoins après lecture faite et aussi en présence de demoiselle adelaïde henriette Joséphine auguié tante maternelle de L'enfant demeurant susdite rue St Lazare N° 448, qui a aussi signé avec nous.

[Collationné et délivré le 12 Ventôse an 12. Vu pour la légalisation, môme jour. ]

[Au bas de la feuille on a ajouté :]

« décédée le 22 V'e an 13. »

[ Un petit paquet, contenant des cheveux très fins, couleur blond filasse, est épingle a cet acte. 11 porte : ]

« cheveux de ma bonne Isaure. »

(Pétition) (1815)

« Auxerre ce 16 Juillet 1815 « Monseigneur

« Je vous remercie beaucoup de l'Extrême bonté avec laquelle vous avez bien voulu recevoir ma femme. — Je n'ai point quitté mon poste parce que cela étoit inutile au Roy et qu'au contraire il étoit fort utile à mes ad"™ et surtout à ses sujets fidèles que j'y restasse. — J'ai été à 4 lieues au devant de Bonaparte parce que c'étoit l'ordre appuyé de plusieurs régimens. — on a mis mon nom au bas de quelques imprimés. — Je consens que l'on me coupe le poing si l'on y trouve ma signature. — Je n'ai pas même signé l'acte additionnel. — J'ai fait plier mon opinion devant l'orage pour la faire reparoitre aussitôt que le tems la permis — mon Dep1 a été si tranquille, que sans les gazettes on ne se seroit point apperçu du changement de Gouv1 — J'ai fait un des premiers arborer le pavillon blanc; ma proclamation est franche et Loyale. —

« qu'ai-je gagné à tout Cela ? ai-je eu des distinctions, des récompenses '? J'ai perdu au contraire le petit ruban que le roi m'avoit donné. —

« Personne n'ignore au Ministère que l'on m'a offert les plus

belles Préfectures pour me retirer de celle-ci. Je les ai refusées pour ne pas quitter les braves qui ont Confiance en moi. C'est encore par Ce même sentiment d'attachement que J'y reste aujourd'hui au milieu de l'Armée Autrichienne. — vous ne vous figurez pas, Monseigneur, ce que C'est que le métier infernal que Je fais. —

a Au Citoyen Charles Gamot « Au havre. »

« Newyork Le 10. 9bre 1795 (v. s.) « L'an 4en>« de la R'i"e françoise

« La seule et unique Lettre que j'ai reçue de Vous, Mon Cher Gamot, est celle à laquelle je répons; elle est du 10. Juin 95 (v. s.)

« dans 15 jours sans faute, je pars pr hamburg :

mais il nie faudra revenir bon gré mal gré

« Vos papiers ont couru tous, sans en excepter un seul, une très mauvaise bordée. Pendant plus d'un mois je les ai crus perdus. Le Nae sur Lequel Ils avoient été chargés a fait naufrage sur la côte de la Caroline du Nord. Mais grâces à la précaution que j'avois prise j'espère que nous en serons quittes p1' la peur. Vous savez qu'ils étoient dans des malles; hé bien ! je les en avois fait sortir, p>' les mettre dans un boucaut à Ilum, bien étanche. C'est Billard qui a fait la besogne, et il m'a assuré s'en être acquitté avec un tel soin, que quand même le boucaut auroit été à la traîne pendant 3 jours, les papiers n'auroient pu être attaqués. Or Le Boucaut est sauvé et même à terre, et sur cela je ne puis avoir de doutes. Le Cap"1: que j'ai vu ces jours dl'is me l'a dit lui même, et qui plus est m'a fait payer les droits de sauvetage. Il ne me reste plus qu'à les faire venir à Newyork. C'est ce dont je m'occupe sérieusement. Je les ai envoyé chercher par un exprès qui prendra soin en même de mes prétentions sur ce qui parmi mes effets aura encore quelque valeur. Vous serez instruit du suivi.

« Tout à vous [Signé] « Delavigne

« Il n'y a pas long tems que j'ai fait à Philadelphie un voyage dans lequel j'ai eu occasion de voir Lise et sa petite fiile. L'une et l'autre sont bien. Sans doute elles seroient mieux si l'un de vos bons amis et des miens revenoit auprès d'elles.

[Signé] « Ledit

« Le Citoyen Delavigne est parti Dimanche 6 C vieux stile pour hambourg sur le navire le fair american. Vos papiers sont arrivés icy en bon état, il pouroit se faire cependant qu'il y en ait quelqu'uns manquants le boucaud qui les renfermoit ayant été ouvert sur le rivage a l'endroit ou le navire s'est perdu. c'est un négociant de la ville prochaine qui apprenant cela a pris soin de les faire remettre dans le boucaud. Si je puis vous être utile écrivez moi chez le Citoyen Delavigne Greenvich Street N 137. Newyork.

s le 17 Xi'" 1795. v. s.

« Tout à vous (Signé] « L. Garnier ■>

« A Monsieur « Monsieur Charles Gamot

« Chez Mess's Moisson Devaux et C'e « Rue de Chabrol N° 15 « Paris »

« Edgefield C. IL". Caroline du Sud.

« Le 28 Juillet 1826.

« Monsieur

« Je suis honoré presqu'en même temps de votre lettre du 15 may dernier et de son Duplicata du 23 du même mois. — Je m'empresse d'y répondre autant que les distances le permettent, car vou£ saurez que je demeure dans l'intérieur des terres a 170 miles de Charleston — Je regrette infiniment qu'il ne soit pas en mon pouvoir de vous donner des renseignements plus satisfaisants que ceux qui suivent : au sujet du Boucaud que vous réclamez. Je n'ai malheureusement rien a vous en dire, si ce n'est que je n'en ai pas le moindre souvenir. Il parait par l'extrait que vous me donnez de la lettre de M'' Garnier, mon commis, que ce Boucaud, si jamais il est venu à New- York, y serait arrivé après mon départ pr llambourgh

en 95. Je fus alors absent pendant 10 mois

Depuis lors, je déménageai plusieurs fois et occupai différentes maisons à New York Lorsqu'en 1802 Je quittai

New York pr aller fixer ma résidence dans l'isle de Cube, Je suis certain de n'en avoir rien apperçu

« Pour ce qui est de la maison du Port au Prince, et de la eaffétné dans les hauteurs de Leoganne, mes souvenirs vous sont plus favorables. Je me rappelle très distinctement la première. J'y ai souvent visité Mons"" Votre père, et je n'hésite pas a déclarer que souvent il m'a dit que cette maison lui

appartenait Voilà ce que je sais de la maison du

Port-au Prince, qui en effet était située Rue du Conseil, à peu près au centre — Je ne puis vous dire que peu de chose de son habitation dans les hauteurs de Leoganne. Je me rappelle simplement le fait qu'il m'a dit en posséder une dans ce quartier. Comme nous étions très liés, si nous ne sommes pas allés la visiter ensemble, je pense que nous en aurons été empêchés par les troubles de ces temps malheureux. Je suppose que cette habitation lui venait de Mr Prudhome ....

« Je sais en outre qu'il possédait en ville

au moins une douzaine de nègres et négresses, dont j'ai

moi-même eu quelques uns à loyer.

[Signé] « Delavigne »

« Vu la demande en Indemnité et Enregistrée sous le N« 12952 d'ordre Général ;

« Concernant 1° une maison située au Port au Prince, rue des Carmes ;

« 2° une habitation dite Prudhomme, située dans les hauteurs de Lôogane, sans désignation de contenance et de culture ;

« La dite demande formée ;

« Par l» La Dame Antoinette-Louise Auguié, Veuve en premières Noces du Sr Charles Guillaume Gamot ;

« 2" La demoiselle adelalde Louise-Clémence Gamot ;

« 3° Le sieur Charles-henri Gamot :

« 4" La demoiselle antoinette Aglaé Mathilde hortense Gamot.

a 1«"1 à L'égard de la maison située au Port au Prince, rue des Carmes (arte L') ;

a Attendu que les réclamants n'ont produit aucun titre relatif à cet immeuble, et que les recherches faites d'office aux archives de St Domingue, n'en ont fait découvrir aucun ; qu'il n'y avait point au Port au Prince de rue des Carmes;

,i 2""-'"1 à L'Egard de L'habitation Prud'homme, située dans les hauteurs de Léogane (art" 2);

» Attendu que les réclamans ne produisent aucune pièce offrant le moindre commencement de preuve des droits du Sr Gamot leur mari et Père, à la propriété d'une habit»", dite Pi'udhomme, ou autre ;

« Attendu qu'une habit0" Prud'homme figure bien sur les Etats de la Paroisse de Leogane, savoir

« Mais que cette habitation établie en sucrerie située en plaine et appartenant encore en l'an 11 aux héritiers

Prudhomme ne peut être L'habitation réclamée

désignée dans les hauteurs de Leogane ; et qu'au surplus, rien ne prouverait que Gamot avait acheté de Prudhomme ;

« Attendu que les recherches faites d'office aux archives de St Domingue n'ont fait découvrir aucun acte au nom de Gamot et que ce nom ne se trouve point sur les Etats de Léogane que la Commission possède ;

« Attendu enfin que le dépouillement général des dossiers de la Paroisse de Léogane ne fournit absolument aucun renseignement relatif à des biens Gamot ; •

« Par ces motifs

« Nous Commissaire du Roi, Concluons à ce que la demande N° 12952 suit rejetée.

« Paris le 22 Novembre 1831

« signé: Labien venue /. »

J'ai constaté que M. Gamot ne figure, ni par lui-même, ni par ses héritiers, dans l'Etat détaillé des Liquidations de l'Indemnité de St Domingue, ouvrage que j'ai consulté à la Bibliothèque nationale.

Le 1er décembre 1817, l'État a poursuivi M. Gamot comme débiteur d'une somme de 108 530 fr. 22, pour règlement de comptes d'une entreprise faite par lui en l'an X. Mon

cousin Pierre Izarn m'a prêté de nombreux papiers au sujel de celle affaire et notamment une « Requête au Roi en son Conseil d"Ëtat Pour les héritiers Gamot >>. Cette requête expose ainsi les faits :

« En l'an 10, et dans un moment où la capitale, ainsi que les départemens, étaient menacés d'une disette, le gouvernement acheta des grains à l'étranger, et en fit, par ce moyen, arriver dans nos ports en grande abondance.

« En exécution de cette mesure, il fut obligé d'employer difTérens agens, soit pour le transport de ces grains, soit pour leur enimagasinement, soit pour leur conversion en farine : en un mot, pour toutes les opérations nécessaires à l'approvisionnement.

« Le sieur Gamot fut chargé de la première de ces opérations, c'est-à-dire de faire transporte!1 les blés dans difTérens lieux où ils pouvaient manquer, et particulièrement sur la capitale. »

M. Gamot avait été choisi parce que il avait consenti un prix moindre que ses concurrents et parce que sa maison, au Havre, était habituée à ce genre d'opérations. L'article 1er de son marché, signé le 15 prairial an X, en définissait ainsi l'objet: le Sr Gamot « s'engage à transporter des ports du havre et de Piouen dans les ports de Ponioise, St Denis et Paris à la volonté du Ministre de l'Intérieur, les bleds et farines qui appartiennent au gouvernement ». Le prix alloué à M. Gamot était 2 francs par quintal. Ce marché a été appliqué à 610 000 quintaux.

Le Ministre d'alors, Comte Chaptal, écrivait plus lard, en 1819:

« Il a fallu faire descendre à grands frais tous les bateaux de la Marne, de l'Oise et de la Haute-Seine pour amener à Paris tons les blés qui s'accumulaient au Havre par les envois de la

Tamise et du Nord Ce service difficile a été si bien

exécuté, que Paris n'a jamais manqué de pain pendant les six mois de disette qu'on l'a approvisionné; et si le chef du

gouvernement ne s'était pas obstiné à fournir constamment le pain de quatre livres à 4 sous audessous du prix marchand, hors des barrières, il y aurait eu peu de perte. »

Tout le transport pour Paris avait été. exécuté par M. Gamot.

Le Ministre a encore chargé M. Gamot, le 22 thermidor an X, de transporter du Havre à Rouen et du Havre et de Dunkerque sur Dieppe et Saint- Valéry, une quantité indéterminée de grains, et ce marché a été exécuté.

La poursuite contre M. Gamot a été basée sur un arrêté du « Chef du Gouvernement* (c'est ainsi qu'on désignait l'Empereur, sous Louis XVIII), en date du 14 février 1806, sanctionnant une délibération d'une Commission : Dans l'affaire de l'approvisionnement de la France, en l'an X, le poids des grains livrés par les acheteurs ayant été comparé au poids consommé, on a reconnu un déficit de 50 000 quintaux qu'on a voulu répartir entre les agents des transports, les garde-magasins et les meuniers. L'on a voulu imputer ainsi à M. Gamot G 980 quintaux, évalués à 108 539 fr. 22.

En février 1822, cette affaire paraissait près de sa fin et il semblait que l'État renoncerait à sa prétention.

J'observe que l'intervention de l'autorité pour acheter, transporter, moudre et vendre le blé, était fréquente peu avant, au xvnie siècle.

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