‹ Livre de famille (volume 3)Chapitre 49 sur 62 · PIERRE HARLE · texte numérisé non relu

PIERRE HARLE

■feî • - «°

Ï^UÊ^

INTRODUCTION

Toute la carrière militaire de Pierre Harlé s'est déroulée dans le département de Meurthe-et-Moselle et la partie limitrophe de la Lorraine annexée (').

Elle a commencé en guerre de mouvement qui s'est terminée, pour lui, par la bataille de Champenoux, la bataille qui a sauvé Nancy. Il y a élé blessé le S septembre 1914.

Arrivé dans sa famille, pour se soigner, le 15 septembre, avec une permission de trente jours, il est reparti treize jours après, le 28 septembre, de sa propre initiative et quoique sa blessure ne l'ut pas complètement cicatrisée; il venait d'apprendre, en effet, que son régiment avait perdu beaucoup d'officiers et il croyait que sa présence serait utile.

En me quittant, il me dit : « Je ne reviendrai pas. » Ce n'était nullement un pressentiment, mais bien la conclusion raisonnée de ce qu'il avait vu à la bataille de Champenoux.

Le reste de sa carrière militaire a consisté en guerre de tranchées. Elle s'est terminée par sa mort glorieuse, le 8 avril 1915, à l'assaut d'une tranchée allemande, au bois de Mort-Mare, en Woëvre.

Pierre Harlé a été constamment attache au 206e régiment d'infanterie, dont le dépôt est à Saintes (Charente- Inférieure), 68'- division de réserve. Dans la première partie de sa carrière, il y était sous-lieutenant à la

(') « Pierre Gaétan Harlé » était âgé de 2Î) ans : né à Bordeaux, le 12 décembre 1885. Dans la vie civile, il était clerc de notaire, se destinant à être notaire.

18e compagnie; dans la seconde partie, sous-lieutenant,

puis lieutenant, à la 21e compagnie.

Après son retour au [Vont, il a profilé du calme de nuits de veille aux avant-postes, pour écrire le récit détaillé de la première partie, qui a été terminée par1 sa blessure.

La seconde partie ne forme pas, comme la première, une action continue, mais au contraire une série d'incidents plus distincts. Les- lettres qu'il nous a écrites racontent ces anecdotes.

De là, le caractère très différent des Notes rédigées par lui que je vais reproduire.

Toutes les dénominations géographiques qu'il a employées sont d'après la carte de l'État-Major. Une carte sommaire, que j'ai jointe à ses Notes, permet d'en suivre l'ensemble. Le point où il a été tué y esl marqué par une croix.

Page 1