‹ Livre de familleChapitre 12 sur 36 · SUITE DE L'ETABLISSEMENT · texte numérisé non relu

SUITE DE L'ETABLISSEMENT

DE

Votre Grand-Père

A LA COUR DE VERSAILLES Jusqu'à l'Epoque de sa Mort

Vous connaissez actuellement mes chers enfants tous les membres de voire famille française, et les noms des enfants de cette famille qui débule en même temps que vous dans le voyage hasardeux et pénible de la vie. Je vais actuellement vous entretenir de votre père, de son aimable, heureuse et brillante jeunesse, de la tendre affection qu'il avait inspirée à toute sa famille. Mais je vous parlerai encore de votre grand-père; son portrait n'a jamais cessé d'être devant mes yeux, son cœur a toujours animé le mien, son âme a constamment dirigé la mienne. C'était elle qui m'a deux fois suggéré de sacrifier ma chère liberté et tous les instans de ma vie à remplir des devoirs qui devaient soutenir l'état et la fortune de sa chère descendance; deux fois les succès ont couronné mon dévouement, deux fois les tremblemens de terre politiques ont anéanti les fruits de mes travaux ; mais vous devez avoir une grande idée d'un caractère dont l'ascendant dirige encore après lui, et vous en pouvez avoir une bien haute des vertus de votre grand-père par celles qu'il a transmises à son cher Edmond Genêt, votre si estimable père; commenl son cœur bien né n'aurait-il pas puisé les principes les plus nobles et les plus saints dans une source aussi pure?

Mon père n'était pas un bel homme, mais jamais

français n'a réuni à un degré plus admirable l'élégance, la vivacité, la grâce du discours des cours les plus policées, aux manières simples et naturelles des républicains, et à la bienveillance de l'antique hospitalité. Sa maison à Versailles se trouva, par suite de l'estime générale, le rendez-vous habituel des savants les plus distingués et des étrangers du premier rang qui venaient visiter la France.

L'amitié constante lui fit aussi connaître ses charmes et ses consolations : il conserva pendant 25 ans un ami digne de lui, M1' Emengard de Bournouville; placés sans rivalité l'un et l'autre dans la même carrière, ils se prêtaient réciproquement leurs lumières et leurs conseils. M1' de Bournouville fut successivement secrétaire général des Suisses et Grisons, ministre plénipotentiaire en Suisse, premier commis des affaires étrangères. Un jour dans ma grande jeunesse, j'ai vu ces deux estimables amis pleurer dans les bras l'un de l'autre; je voudrais vous bien peindre l'impression que me firent ces généreuses larmes. M1' de Bournouville entra un matin précipitemment dans le cabinet de mon père; j'y étais seule avec lui: « Embrasse-moi Genêt, lui dit-il en lui ouvrant les bras, « je suis digne de toi. Ce matin le duc de Choiseul est « venu au devant de moi, tenant le brevet d'un poste « honorable dont le revenu est de trente mille livres, il « l'a obtenu pour moi hier au soir en travaillant avec le

« roi. Je l'ai refusé; confident du brave N qui aspire

« depuis trois ans à ce poste, je ne pouvais l'accepter; « j'ai trouvé le ministre très injustement et très vivement

c< prévenu contre ce pauvre N J'ai eu le bonheur de

« faire revenir le Duc, et demain j'aurai le même brevet « où le nom de ce brave homme sera substitué au mien. « — Félicite-moi à ton tour, lui dit mon père d'avoir un « ami tel que toi. » Voilà mes enfants de ces traits dont l'exemple surpasse les plus éloquentes leçons de morale.

Heureux les en fans qui les reçoivent sous le toit paternel ! J'ignore si dans un pays neuf et républicain, où l'ambition doit porter moins de ravages dans les cœurs des faillies hommes, ce trait aura tout le mérite que l'on doit y trouver dans un vieux pays où la fortune est l'idole de chaque famille, mais le nombre considérable d'années n'a point effacé l'impression de mon cœur à cette scène touchante. Jamais homme ne fut plus constamment amoureux de sa femme que ne l'a été mon vertueux père; lès années avaient à la vérité porté peu de ravages dans les traits agréables de ma mère, mais il élail aisé de voir qu'aux yeux de son mari elle avait conservé la fraîcheur et l'éclat de sa première jeunesse: il n'admira jamais la beauté qu'en elle, les plus tendres soins et les surprises les plus faites pour plaire à sa chère Lize l'occupaient encore après trente ans d'union. Rien aussi n'était plus édifiant et plus touchant que les soins respectueux et sensibles que mon père rendaient à la mère de sa femme (Henriette de Quay Vv" Gardon) tombée eu paralysie à 80 ans; elle en a vécu 85. Pendant ses dernières années la paralysie avait affecté essentiellement sa langue, elle n'articulait plus un seul mot, cependant ses regards exprimaient que les organes de l'intelligence n'avaient pas été atteints. Ses mains s'étaient aussi apesanties par cette triste maladie du vieil âge, et l'été, quand on la tramait dans son fauteuil sur la terrasse de la maison de campagne que mon père avait à un quart dé lieue de Versailles, les mouches venaient la piquer jusque dans les yeux aussitôt que la servante chargée de la soigner cessait un seul instant de les chasser. — Mon père témoin un jour de cet affligeant spectacle, s'écria en ma présence: « Pauvre brave femme, ta vieillesse m'est confiée, 6'BSl à » moi de la protéger même contre ces odieuses iniMiebes. t A l'instant il prend sa canne et son chapeau, soi! avec précipitation et va commander à la ville une petite

chambre en charpente, recouverte de canevas, une porte qu'un ressort repoussait n'y permettait pas l'entrée des mouches et des cousins. Combien cette respectable femme était attendrissante quand elle suivait le protecteur de sa vieillesse avec des yeux humides des pleurs de la reconnaissance, et qu'elle levait ses pesantes mains vers le Ciel en lui adressant des vœux pour ce pieux et sensible gendre.

Mes enfants, nous disait souvent mon père, je ne veux pas introduire dans vos jeunes esprits, un trop grand enthousiasme pour cette religion des Grecs, qui personnifiait et déifiait chaque vertu; cependant je ne blâme point l'idée d'établir dans son âme une espèce de culte pour la vérité, la reconnaissance, rattachement à votre famille, et l'amour de votre patrie. Ces préceptes étaient suivis d'exemples qui les gravent pour jamais dans les jeunes cœurs. Un ancien ministre plénipotentiaire de France en Hollande, nommé M1 de la Chapelle, avait jugé les talens de mon père dès le moment où il était entré dans le monde et avait été un des premiers protecteurs. Ce vieillard vivait retiré à S'-Germain, ville située à deux lieues de Versailles. Chaque fois qu'il arrivait quelqu'heureux événement dans la famille de mon père, soit un grade nouveau, une augmentation de revenu ou le mariage d'une de ses filles, nous étions sûres qu'il partait pour S'-Germain; son cœur éprouvait le besoin impérieux d'aller porter à la fois à son vieil ami l'expression de sa joie et celle de sa reconnaissance pour celui auquel il avait dû ses premiers succès. Un vieux prêtre de notre paroisse à Versailles, s'était obligeamment dévoué aux soins d'instruire toute la jeune famille de mon père dans les principes et les devoirs de la religion; il nous avait épargné par cette obligeante condescendance la peine et les inconvéniens de nous transporter au catéchisme public qui se tenait loin de notre demeure. Ce vieux prêtre lit

venir de sa province une jeune nièce et la plaça dans un couvent; sa médiocre fortune ne lui permettait d'y payer que sa pension alimentaire, et elle avait grand besoin d'instruction. On était, à cette époque en guerre avec l'Angleterre relativement à l'indépendance de l'Amérique. Mon père était surchargé de travail, cependant il crut devoir reconnaître les services du vieux prêtre en allant donner à sa nièce des leçons de langue Anglaise, d'histoire, de géographie, et prit pour acquitter cette dette de la reconnaissance les soins du plus modeste instituteur gagnant un écu par jour.

Mon frère se rappellera sans doute, que dans le cabinet de mon père était accroché sur la cheminée une grande et fort belle médaille en bronze (') représentant la fable du père de famille donnant à chacun de ses fils, une branche de bois aisée à casser, après leur avoir démontrée que réunie en faisceau, il était au-dessus des forces humaines de les rompre. Ah! ces branches indiquées dans cette sublime allégorie, ces branches si chères au cœur de notre vertueux père, frappées par les événements les plus tragiques, jetées au-delà des mers, ne peuvent plus former ce faisceau indestructible! Que le vœu de ce bon père soit au moins connu et révéré par tous ceux qui descendent de lui, quelle que soit la partie du monde où le Ciel a voulu les fixer.

Votre père venait d'arriver de Vienne à Versailles avec le Baron de Breteuil, alors ambassadeur de la cour de France, en Autriche, quand une fièvre maligne de Ja nature la plus funeste, nous enleva ce père si révéré! si chéri! Il venait d'atteindre sa 54me année, lorsque le onze Septembre 1781 il fut enlevé à notre tendresse. Il eut encore été d'âge en 1789, époque de la première réunion

(') Cette médaille a été perdue ou volée pendant les crises de la Révolution, sans cela je l'aurais envoyée à mon frère.

de l'assemblée nationale, d'être appelé par ses concitoyens à l'honneur de les représenter, et ses vertus et ses talens lui auraient indubitablement tracé la route du fatal Échafaud ! Depuis les malheurs de la France, j'ai souvent trouvé une consolation dans une perte si longtemps déplorée, en pensant que le cœur du plus généreux citoyen avait cessé d'être sensible, sans avoir éprouvé les douleurs qu'il eut ressenties en voyant la plus horrible anarchie faire éclater ses fureurs sur sa patrie et sur sa propre famille.

Les journaux français retentirent des éloges d'un homme généralement regretté, ceux même des pays étrangers payèrent un tribut d'hommage à sa mémoire, son convoi fut suivi par un immense cortège, et quoiqu'à cette époque les honneurs ne se rendissent qu'aux rangs et aux titres d'une, éminente noblesse, tous les corps militaires de la maison du Roi envoyèrent, de leur propre mouvement, des députations aux obsèques d'un citoyen aussi estimé.

Ses restes furent déposés dans le cimetière de Montreuil, paroisse du village où était sa campagne, et les fureurs révolutionnaires ont respecté le marbre que sa veuve et et ses enfans y firent placer !

Edmond GENET

Mestre de Camp de cavalleric, Ambassadeur de la République Française auprès des Etats-Unis d'Amérique, membre de plusieurs Académies en Europe, associé à l'Académie des sciences de Paris; fixé aux Etats-Unis d'Amérique par son union avec Cornélia Clinton, fille du général Clinton, Gouverneur de l'état de New- York, Vice-Président des Etats-Unis — marié en seconde noce à Miss Osgood.

Mon père avait déjà eu d'Anne Louise Cardon, deux fils morls dans les premiers jours de leur naissance, lorsque le Ciel lui accorda son cher Edmond. — Quelque temps avant de lui donner le jour, ma mère rêva que la Vierge lui présentait dans un berceau blanc, un beau petit garçon. Elle se réveilla en formant le vœu, si elle donnait le jour à un fils, de l'habiller en blanc jusqu'à l'âge de 5 ans. Elle raconta son rêve à mon père, lui dit le serment qu'elle avait fait; il sourit à cette idée, il ne la contrariait jamais sur ses moindres désirs, il fut loin de le faire sur cet élan de piété, quoiqu'il crut la divinité peu occupée de la couleur du vêtement de son fils. Edmond eut donc ses habits, son chapeau, ses souliers blancs, jusqu'à l'époque de sa sixième année, et il était assez curieux de le voir déjà lire très correctement en français, et en Anglais, et de l'entendre réciter les premières racines de la langue grecque avec le petit costume de son premier âge. Quand Edmond eut atteint sa septième année, mon père lui donna deux instituteurs, l'un né en Suède,

homme d'un mérite distingué, l'autre né en Toscanne. — Le premier, nommé Mr Lindblam, après avoir terminé l'éducation de mon frère, fut placé par mon père dans les bureaux des affaires étrangères, et depuis son retour dans sa patrie il fut nommé secrétaire du cabinet du Roi Gustave; il est resté ami sincère de son Élève et de sa famille. Le second, nommé L'Abate Gateschi, paya les bontés de mon père par une ingratitude qui ne mérite aucun détail. — Le précepteur choisi dans le Nord fut chargé d'en enseigner les divers dialectes à son pupile. — Les langues classiques et l'Italien furent du ressort de l'instituteur du Midi. Mon père surveillait une éducation si étendue et se réservait toutes les leçons sur l'histoire, le droit public et sur tout ce qui occupe les classes supérieures dans les études des jeunes gens. Les arts, qui dans nos contrées sont inséparables de la vie sociale, et charment les loisirs des hommes occupés, ne furent point négligés dans l'éducation d'Edmond; un professeur de Piano-forté employait une partie des heures de ses récréations, il avait peu de moments à donner à cette étude, mais sa facilité de tout apprendre lui fit faire assez de progrès pour être musicien comme doit l'être un homme de bonne compagnie. L'équitation, les armes, la danse, eurent aussi leur place dans le plan d'éducation que mon père avait tracé. — A douze ans, Edmond traduisit du suédois en français, l'histoire du Règne d'Erich XIV Roi de Suède. Gustave III lui fit remettre par le C'° de Vergennes, alors ministre des aliaires Étrangères, une fort belle médaille en or; une lettre très honorable accompagnait cette marque de satisfaction pour l'ouvrage du jeune traducteur. — A 16 ans, Edmond fut pourvu d'une sous lieutenance dans un régiment de dragons dont le duc de Lynnol était Colonel. — Voulant faire voyager mon frère dans les cours de l'Europe, mon père avait pensé que l'uniforme français lui fournissait

partout le costume le plus noble et le moins dispendieux. Il commença cependant son cours de voyage par un séjour assez long dans l'Université de Goetting. Il se rendit ensuite à Berlin, où le grand Frédéric lui donna des témoignages de bienveillance. Il avait séjourné, avant de partir pour l'Allemagne, dans un port de France, puis dans une grande maison de commerce à Nantes. — Partout, selon les directions données par son père, il avait étë livré à l'étude des choses matérielles du commerce, de la Marine et de la tactique. Le dictionnaire des mots se grave plus sûrement dans la mémoire par la connaissance des choses qu'ils indiquent; une semblable éducation était bien le plus précieux don de la tendre prévoyance d'un bon père, mais il est bien rare que l'on en profite avec une si étonnante rapidité. A dix-huit ans, Edmond Genêt était employé dans le secrétariat du Baron de Breteuil à Vienne, et lui avait inspiré un véritable intérêt, non seulement par les connaissances que déjà on remarquait en lui, mais par son excellente tenue et la régularité de sa conduite. Ce fut cet ambassadeur qui voulut le ramener à sa famille pour y passer quelque temps, et qui par cette attention lui procura le bonheur de revoir ce père si chéri, et la douloureuse consolation d'avoir recueilli ses derniers soupirs. Le retour de mon père à Versailles, son excellente réputation, décidèrent le ministre et le Roi à lui conserver (à peine âgé de ,dix-neuf ans) le poste intéressant que mon père exerçait dans les divers départements des affaires étrangères, de la guerre et de la Marine; ses honoraires étaient de quarante mille livres. Dans un âge aussi jeune, maître de ses actions ayant sous ses ordres huit commis interprètes bien plus âgés que lui, Genêt ne s'oublia pas une seule minute. — Il forma le louable projet de n'être qu'une continuation de son estimable père, il ne se permit pas une» seule dépense personnelle jusqu'à ce qu'il cul acquitté tout ce que

devait son père pour les établissements successifs de ses quatre filles. Ces engagemens se montaient à plus de quatre-vingt mille livres, Genêt ne quitta pas l'habit noir du deuil de son père qu'il n'eût terminé cette honorable entreprise. Elle était complétée lorsque des mouvemens précurseurs des crises qui menaçaient la France amenèrent les plus grandes réformes dans les ministères du Roi. — Le bureau de mon frère fut compris dans ces réformes, un traitement de douze mille livres lui fut conservé, et il partit pour la cour de St-Pétersbourg en qualité de premier secrétaire de cette ambassade, alors confiée au Comte de Ségur. Mon frère plut fort dans cette cour, où bientôt devenu chargé des affaires de France, les désastres de notre Révolution vinrent l'atteindre.

Avant la suppression de son bureau, Genêt avait été envoyé à Londres avec le titre de premier secrétaire d'ambassade à l'époque du traité de 17»S;{. — Vingt ans avant, pour la paix signée en 1763, son père avait eu une semblable mission en Angleterre.

En se rendant en Russie, votre père séjourna quelque temps à Varsovie. 11 y fut présenté à Poniatowski encore roi de Pologne, mais assis sur un trône prêt à s'écrouler. — Ce Roi était homme de société plutôt que Monarque; avant d'être élu Roi de Pologne, il avait longtemps séjourné à Paris, fréquenté nos cercles brillants oii il figurait comme simple Seigneur Polonais, il avait adopté nos goûts, il savait par cœur toutes nos cbansons favorites, il avait conservé fidèlement tous les airs de nos opéras comiques gravés dans sa Royale mémoire. Ayant su que Genêt était bon musicien, il avait tait apporter un Piano dans ses appartements et le faisait chanter si longtemps, que le jeune diplomate crut son caractère un peu attaqué par cette manière d'employer ses talens, et résolut de mettre l\n à toutes ces demandes d'airs français en faisant entendre à S. M. Polonaise un air du roi Théodore de

Corse, opéra Bouffon où l'on dit en parlant du prétendu Roi objet de moquerie, est-il Roi? n'est-il pas Roi? s'il n'est pas Roi? pourquoi l'appeler Roi? Poniatowski interrompit Genêt pendant qu'il lui chantait ce morceau pour lui dire que depuis qu'il avait quitté la France on y faisait de bien mauvaise musique et de bien ridicules paroles. Genêt répondit que cet air était souvent exécuté à la cour de Versailles, en présence du Roi et de la Reine. Le roi n'eut rien à répondre, mais le piano ne fut plus ouvert. Quinze ans après cette petite aventure, une petite nièce du Roi de Pologne qui avait confié ses filles à mes soins, me racontait beaucoup de détails sur les tristes dernières années de la puissance de son Royal parent, et me dit qu'un jour un jeune français avait bien embarrassé le cercle de Poniatowski en lui chantant un air de moquerie sur la Royauté du prétendu Roi Théodore de Corse. — Je lui avouai que cet officier était mon propre frère. Cette dame était une Polonaise charmante, très éprises des idées libérales et ce trait de gaité ne lui avait laissé aucune mauvaise impression sur l'officier français. Ce qui est relatif à la destinée de votre vertueux père, à sa translation en Amérique où il est devenu chef de famille, tient si directement aux événemens de la fin du dernier siècle que je suis contrainte de vous en donner rapidement un aperçu général ; il vous servira à mieux juger la position dans laquelle il se trouva, les motifs qui dirigèrent sa conduite et la noblesse de ses sentiments vraiment patriotiques.

Quelques Réflexions

Page 1