‹ Livre de familleChapitre 25 sur 36 · O CCI · texte numérisé non relu

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(Versailles, Paroisse Notre Dame, 1705.)

« L'an mil sept cent cinq Le dix huitième jour de février

« Le même jour Jean fils de henry francois Rousseau maitre en fait darmes des pages du Roy et dElisabeth de Lafontaine son Epouse né Le jour de hier a ete baptise par nous sousigne prêtre de la mission faisant Les fonctions Curiales en Cette Eglise Le parein a été Jean Rousseau maitre en fait darmes des enfans de france La maraine Jeanne de La haye Lune des nourices de msT Le duc de bourgogne qui ont signé avec Le père présent. »

(Versailles, Paroisse St Louis, 1748.)

« L'an mille sept cent quarantchuit le onzième septembre Augustin Bernard Louis Joseph Rousseau, né le septième d'aoust dernier et ondoie le neuvième du même mois, fils naturel et légitime de M. Jean Rousseau Maitre d'Armes de Monsieur le Dauphin et de Dame Marguerite Desfugerais, remueuse des enfants de france a reçu aujourd'huy le supplément des cérémonies du baptême par moi soussigné curé de St Louis. Le parrein a été Très hault très puissant et très excellent Prince Louis Dauphin de france représenté par Messire george René Binet Baron de Marchais de Liesse gouverneur de L'isle de Cordouan, Mestre de camp de cavallerie, premier valet de chambre de Monsieur le Dauphin et Controlleur Général de Madame la Dauphine. La marreine a été très haulte très puissante et très excellente princesse marie Josephte de Saxe Dauphine de france représentée par Darne francoise Gonet nourrice de Monseigneur le Dauphin et première femme de Chambre de Madame la Dauphine »

(Versailles, Paroisse Notre Dame, 1767.)

« L'an mil sept cent soixante sept Le trois octobre. . . .

« Le même jour Et an que dessus Messire Jean Rousseau Ecuyer Chevalier de l'ordre du Roy maitre en fait d'arme de sa Majesté, Et Maitre des Exercices Militaire des Enfants de france Agé d'environ soixante deux ans Et demie, décédé d'hier, a Eté inhumé dans l'ancienne Eglise de cette paroisse

par nous soussigné prêtre faisant les fonctions Curialles En présence de Messire Charles henry Rousseau Prêtre licentié en droit, chanoine de Monchi, son frère, de Messire jean Baptiste Arsenes Victor Petel de Scallier Chevalier Comte de Scallier Chevalier de l'ordre Militaire de St Louis Colonel d'infanterie son gendre, de Messire Louis Edme Gilbert, Ecuyer son cousin Germain, Et autres qui ont signé. »

(Versailles, Paroisse Notre Dame, 1771.)

« L'an mil sept cent soixante onze, le dix sept décembre,

après un ban ont été fiancé et marié après avoir pris

leur consentement mutuel, et ont reçu la bénédiction nuptiale de nous, soussigné, prêtre de la Mission, faisant les fonctions curiales en cette paroisse, M'e Augustin Louis Bernard Joseph, rousseau, Maitre des exercices militaires des enfants de france, porte-manteau du roy, fils majeur de feu Mre jean rousseau, aussi maitre des dits exercices, et de dame Marguerite desfaugerais remueuse des enfants de france, d'une part, et d*Ue Julie francoise genêt, fille mineure de Mr Edme jaque genêt, premier commis du bureau des interprètes du roy, et de dame Anne Louise Cardon d'autre part, et tous deux de fait et de droit de cette paroisse, ont assisté du coté de l'Epoux Me sa ditte mère M*'» Etienne dénis de pampelune chevalier, seigneur de genoiiilly, écuyer commandant des écuries de Madame la dauphine, de M™ Jean Baptiste Arsenes victor petel descallier, chevalier de l'ordre de St Louis ses beaux frères, du coté de l'épouse de ses dits père et mère, de M* pierre Michel genêt son oncle de Mre francois Alexandre galard de Bearne officier dans les carabiniers et autres parents et amis qui ont signés avec les époux.

[Signé] « DBAPPIER DES FUGERAIS, . . .

PAMPELUNE DE GENOUILLY, ACHARD DE BÉARN, PÉTEL DE SCALLIER, »

(Versailles, Paroisse Notre Dame, 1772.)

a L'an Mil sept cent soixante Douze, le six octobre, aimée Joséphine Julie Marie née Dhier, fille de M" augustin Bernard Louis Joseph Rousseau, Ecuyer, Me des Exercices Militaire des Enfans de france Porte Manteau du Roy, et de Dame Julie

francoise Genêt son Epouse a Eté Baptisée par nous

soussigné le parein a Eté Sr Edme Jacques Genêt

Chef du Bureau des interprètes des affaires Etrangère, ayeul Maternel de l'Enfant, La Mareine D« Marie Marguerite Drappier Desfugerais, ayeule paternelle dudit Enfant, Lesquels et le père ont signés avec nous. »

(Versailles, Paroisse Notre Darne 1776.)

« L'an Mil sept cent soixante seize, le treize février, Agathe Michelle, née D'hier fille de Mre Augustin Louis Bernard Joseph Rousseau Ecuyer Maître des Exercices Militaire des Enfans de france, et Maître D'hôtel de Madame La Comtesse D'artois ;«t de D"« julie francoise Genêt son Epouse a Eté Baptisé par nous »

(Versailles, Paroisse Notre Dame, 1777.)

« L'an mil sept cent soixante dix sept Le vingt huit Décembre

« Le même jour et an que dessus, Louise francoise, née de ce jour, fille de Mre augustin Bernard Louis Joseph Rousseau, Ecuyer M« des Exercices Militaire des enfans de france, et M're D'hotel de Madame la Comtesse d'artois; et de D"« julie

francoise genêt, son Epouse, a Eté Baptisée par nous

Le Parein a Eté M«= Barthélémy francois Des fugerais chevalier ancien Exempt des Gardes du Corps du Roi, Grand oncle Maternel de L'Enfant; et la Mareine D1^ Louise de Cardon, Epouse de M' Aymé Charles Genêt chef du Bureau des interprêtes aux affaires Etrangères, ayeule Maternelle dud. Enfant qui ont signés avec le père./. »

(Versailles, Paroisse Notre Dame, 1779.)

« L'an Mil sept cent soixante dix neuf, le sept Novembre César auguste henri, né d'hier, fils de M»'« augustin Bernard Louis Joseph Rousseau, Ecuyer, Seigneur de Beauplan Maître des Exercices Militaires des Enfans de france et Me d'hotel de Madame la Comtesse d'artois; et de D'ie julie francoise Genêt, Remueuse des Enfans de france, son Epouse, a été Baptisé par nous Le parein a Eté M'» Pierre César Auguié, Ecuyer

Régisseur Général des vivres du Royaume, oncle maternel de l'Enfant par alliance et la Mareine D"e henriette Louise Genêt, Epouse de M'1 Campan, Maitre de la Garde Robe de Mad° La Comtesse d'artois, Tante Maternelle dud. Enfant, qui ont signé avec le père./- »

(Versailles, Paroisse Notre Dame, 1790.)

« L'an mil sept cent quatre vingt dix le dix Juillet, Amédée Louis Joseph, né de ce jour, fils de M'' Augustin Bernard Louis Joseph Rousseau, Me des Exercices Militaires des Enfants de france et MB d'hôtel de Madame la Comtesse d'Artois, Commandant de Bataillon de la Garde Nationale de Versailles, lequel cy devant prenait la qualité d'Ecuyer et de D«Ue Julie francoise Genêt, son épouse, Remueuse des Enfants de france, demeurant ordinairement au château de Versailles et par la circonstance au garde Meuble de la Couronne, rue des Réservoirs, a été Baptisé par nous soussigné Prêtre de la Mission, faisant les fonctions curiales, le parain a été M1' Jean Louis Julien, Receveur General des finances qui pour se conformer au décret de l'Assemblée Nationale ne prend aucune qualité, la marraine Aimée Joséphine Julie Marie Rousseau, femme de chambre de la Reine et sœur de l'enfant Baptisé ce jour qui ont signé avec le père.

[Signé| « Julien, Rousseau, Rousseau, Collignon prêtre »

En marge se trouve la mention suivante : « En vertu d'un jugement du Tribunal civil de première instance du département de la Seine, en date du seize mars dernier, mention est faite que par ordonnance royale du douze Mai mil huit cent dix neuf, il a été permis au sieur Rousseau, dont il s'agit dans l'acte ci-contre, à ajouter à son nom celui de Beauplan et de s'appeler à l'avenir Rousseau de Beauplan. — Versailles le deux mai mil huit cent trente huit, Le maire de Versailles, Reinilly. »

Les réserves que font dans ce dernier acte, plusieurs personnes, au sujet de leurs titres, sont dues au Décret que l'Assemblée nationale avait voté, peu de jours auparavant, le 19juin 1790 (Moniteur du 21) : « L'Assemblée

nationale décrète que la noblesse héréditaire est

pour toujours abolie en France; qu'en conséquence les titres de marquis, comte, . . . . , baron, chevalier, messire, écuyer, noble, et tous autres titres semblables, ne seront pris par qui que ce soit ni donnés à

personne »

La mention en marge de cet acte est amusante à rapprocher de ce passage du décret : « la noblesse héréditaire est pour toujours abolie en France ». Toutefois, en réalité, la qualification de Beauplan n'a rien de nobiliaire. Le motif pour lequel Amédée Rousseau a été autorisé à ajouter à son nom celui de de Beauplan est donné par le considérant suivant du Rapport du Procureur du Roi, en date du 23 décembre 1818, concluant à autoriser ce changement, Rapport dont j'ai obtenu communication au Ministère de la Justice : « Considérant qu'il paraît que le Sieur R ousseau a été constamment distingué des autres membres de sa famille par le nom de Reauplan, qui est celui d'une propriété qui a appartenu à son père ».

J'ai trouvé la pièce suivante aux Archives nationales, P. 2594, Octobre 1752, fol. 82 :

i REGISTRES DES CHARTRES.

Année 1752.

a Annoblissement à

Jean Rousseau Maitre d'amies du Roy.

« LOUIS PAR LA GRACE DE dieu Roy de france et de Navarre, a tous presens et avenir, SALUT, les Roys nos prédécesseurs ont toujours eu l'attention d'accorder des Récompenses honorables aux familles qui s'attach oient a leur

service près de leurs personnes et qui s'y perpetuoient, nous avons lieu detre satisfait de ceux qu'a rendu près de notre cher fils le Dauphin notre bien amé JEAN ROUSSEAU dans la place de Maître d'armes qu'il a remply avec lememe zèle que ses père et ayeul ont fait paroitre près de nous dans la même place et près le feu Dauphin notre père nous croyons devoir faire Connoitre d'une manière Eclatante combien nous sommes Touchés de l'attachement et de la fidélité dont cette famille a donné des preuves aussy suivies pour notre personne et pour notre service, c'est dans cette vue que nous nous sommes déterminés a honorer notre bien aîné Jean Rousseau d'un titre qui puisse passer a ses descendans et qui fasse connoitre a la postérité notre attention a recompenser le mérite et la vertu. A CES CAUSES et de notre grâce spéciale pleine puissance et autorité Royalle, nous avons annobly et par ces présentes signées de notre main annoblissons led S1' Jean Rousseau et du titre et qualité de Noble et d'Ecuyer l'avons décore et décorons. Voulons et nous plait qu'il soit censé et réputé comme nous le tenons Censons et reputons noble tant en jugement que dehors

« Données a Compiegne au mois de Juillet l'an de grâce mil sept cent cinquante deux et de notre Règne le Trente septième, signé Louis. »

Cette pièce est complétée par les mentions d'enregistrement (octobre 1752) et par un dessin, magnifiquement illuminé, des armes qui ont été réglées pour Rousseau, armes dans lesquelles deux épées croisées forment le motif principal.

Voici des Extraits des Lettres de Ratification (ce qu'on appelle maintenant Purge cV hypothèques) de deux actes de vente où figurent de nombreux membres de la famille Rousseau. Ces pièces sont aux Archives de la Seine :

« Maison au coin des rues de L Echelle et du Carrousel

« Minute des Lettres de Ratification

« Scellé à la charge des opp°ns Le 21 mars 1774.

« par sent" d'adjudication faite en L'audiance des

Gryées du chatelet le 15. 71»'0 1773 duement Insinuée rendue

sur Licitation entre Jean Baptiste Arcene Petel chlier comte Descallier Colonel d'Infanterie et de Louise Rousseau son epouze elle héritière pour un douzième de M Charles henry Rousseau son oncle chanoine et Doyen de leglise de Mouchy près Beauvais demand et poursuivans dune part. Et augustin Louis Bernard Rousseau Ecuyer ayant Repris Linstance au lieu et place de De Marie Margueritte Drappier des fugerais V° de Jean Rousseau et sa tutrice Philippes Alphonse David Deperdroville chlier ancien capitaine au Regim' de Bourbonnois et philippine charlotte Rousseau sa f« mineure Emancipée par mariage; Estienne Denis de Pampleune chlier Seigr de Genouilly gouverneur de Vezelay et Eli-abeth Rousseau son epouze, Georges Philippes Léon de Chaulnes chlier Seigr de Vezaunes maréchal des Logis de notre garde, andré français D'austrade chlier Baron dud Lieu et Marie Henriette De chaulnes son epouze henry Louis Rousseau Capitaine a Cayenne Claude Rousseau Lieutenant au Regim' Royal Comtois a Cayenne, Simon Pierre Rousseau de St Philippes officier aud Regim'; Pauline Elizabeth Rousseau Ve de francois Gillet Capitaine de Milice, commandant le quartier de Maçouria a Cayenne Sr René Garnotel Bourgeois de paris Tuteur des deux enfans mineurs de Denis Rousseau ancien greffier du fort Dauphin isle St Domingue tous hers chacun pour un 12e duâ ahbe Rousseau Leur oncle ezd qualité de collicitans d'autre part »

« Maison rue de La Sourdiere

« Minutes des Lettres de Ratification

« Scellé à la charge de L'opp™ le 13 Janvier 1777

« Louis, par la grâce de Dieu, Roi de France et de Navarre : A tous ceux qui ces présentes Lettres verront ; Salut. Marie Louise de Besse de la Richardie delle majeure demeurante à Paris rue Notre Dame des Victoires

« Nous a fait exposer que, par Contract passé dev' Rendu et son confrère Notres au chlet de Paris le 7 aoust 1776 duement Insinué Elle a acquis de augustin Louis Bernard Rousseau Ecuyer Me des exercices militaires des enfans de france Tant en son nom que comme se portant fort de Julie francoise genet sa fe, à' Etienne Denis de Pampelune chlier Seig1' de Genouilly notre ancien ecuyer et Elisabeth Nicolle Rousseau sa fe de Philippes Alphonse de David de Perdreauville chevallier de

St Louis gouverneur des Pages de la Reine et Philippine Charlotte Rousseau sa fe demts tous a Versailles et de de Louise Rousseau femme de Jean Baptiste Arsenes Petel comte de Scalier Colonel d'Infanterie Tant en son nom que comme fondée de procuration de sond mary demie cu] (]e sac gt Thomas du Louvre Une maison seize a Paris rue de la Sourdiere . . .

laquelle maison appartenoit

auxd Vendeurs chacun pour un quart Comme héritiers de Jean Rousseau Leur père Ecuyer chlier de lordre de St Michel a luy échue par acte en forme de Licitation entre luy et ses Cohers en la succession de henry francois Rousseau leur père notre maitre en fait darmes Le 26 aoust 1757, Lequel avoit acquis lad Maison de I^ouis Bernard chauveau Ecuyer et d'antoinette chauveau fille majeure sa sœur par contract du 9 Janvier 1746 »

M. Janin, maire de St-Remy-lez-Chevreuse (Seine-et- Oise), où se trouve la propriété de Beauplan, m'a écrit qu'elle a été achetée par Rousseau, le mari de Julie Genêt, le 14 mars 1777, pour le prix de 41.000 Livres, à Dc Sallantin, veuve de Nicolas Gressonnier. Il m'a donné connaissance de l'acte de l'hommage féodal prêté par Rousseau à cette occasion. Voici copie de cette pièce. Elle m'a paru amusante : Taillefesse, serrurier, et Bigot, perruquier, y jouent en présence de Me Cornillet, notaire, le rôle que remplissaient sans doute, longtemps avant, des chevaliers revêtus de leur armure. Ce n'est plus qu'un reste d'une chose ancienne, une simple formule ayant pour objet le payement de droits dus au Seigneur.

(Etude — actuelle — de Me Menguy, à Chevreuse.)

« 3 avril 1777. Foy et hommage

« Aujourd'huy En La présence Et compagnie de nous Barthélémy guillaume Cornillet avocat en Parlement et Notaire du Roy au Baillage de Chevreuse Et de Chevrigny de Chevincourt en dépendant soussigné Et en présence des Témoins Cy après Nommés

« Augustin Louis Bernard Joseph Bousseau Ecuyer, Maître, des Exercices militaires des Enfants de France, Maitre d'hôtel

de Madame La comtesse d'Artois Seigneur de Beauplan, demeurant ordinairement au Château de Versailles, paroisse Notre Dame Etant ce jour en son château de Beauplan paroisse de Saint Rémy propriétaire dudit fief de Beauplan consistant en un château Bâtiments de ferme-jardin et enclos Le tout clos de murs suivant l'acquisition qu'il a faitte de Dame Marie Elisabeth Sallantin veuve de Nicolas Cressonnier de Beauplan, Ecuyer avocat en Parlement es noms par contrat passé devant Rendu et son confrère, Notaires à Paris, le quatorze Mars de>- et insinué au Bureau de Chevreuse le seize dudit mois ledit fief de Beauplan relevant du fief de Chevrigny situé en sa dite paroisse de Saint-Rémy appartenant à Charles Cécil Amer Lavil, Ecuyer conseiller secrétaire du Roy maison couronne de france le de ses finances seigneur dudit

chevrigny, chevincourt, Aigrefoin et autres Lieux

S'est transporté audit Château et Principal Manoir

de Chevrigny où Etant est intervenu mondit sieur Lavit seigneur dudit Chevrigny demeurant ordinairement à Paris, rue du Roy de Sicile Paroisse Saint Paul étant de présent en son château de chevincourt et pour l'instant audit Manoir de Chevrigny à ce présent devant lequel mondit sieur Rousseau s'étant mis en devoir de Vassal, Niie Tète un genouil en terre sans épée ny éperon a dit et déclaré à haute et intelligible voix en présence de nous dit Notaire et des Témoins qu'il fesait et portait à son dit sieur Lavit La foy Et hommage qu'il Luy doit comme Seigneur de Chevrigny a cause dudit fief de Beauplan circonstances et dépendances offrant de luy fournir aveu et dénombrement dudit fief dans les délais prescrits par La

coutume

A laquelle foy et hommage Mon dit sieur Lavit a

reçu mon dit sieur Rousseau sous la réserve des droits Seigneuriaux qui peuvent lui être dûs par les vendeurs dudit sieur Rousseau et par dit S Vatinelle ancien propriétaire

dudit fief

Dont acte fait et passé audit Manoir de Chevrigny,

présens Antoine Taillefesse serurier et Pierre Louis Bigot Perruquier, tous deux demeurant â Chevreuse, Etans ce Jour

audit Manoir de Chevrigny, Témoins

L'an mil sept cent soixante dix sept Le trois

avril & ont signé ./. »

Le récit que je vais reproduire a été, je crois, rédigé par ma mère.

« Les Rousseau de Reauplan étaient de Pères en fils maîtres d'armes des Dauphins, charge qui conférait la noblesse. Les Rousseau avaient une vivacité de caractère qui n'altérait pourtant en rien la bonté de leur cœur, mais dont une manifestation amena la perte de l'un d'eux.

« Monsieur Rousseau se rendait dans son cabriolet de Paris à Versailles pour donner sa leçon au Dauphin. Plusieurs fois il avait rencontré des charretiers qui affectaient de placer leurs voitures de manière à empêcher le passage. Impatienté et craignant d'arriver en retard pour la leçon de son auguste élève, en dépassant une des charrettes avec rapidité, il cingla en plein visage avec son fouet, un des charretiers. La fois suivante, les charretiers qui s'étaient entendus pour se venger, laissèrent le cabriolet de monsieur Rousseau s'engager entre deux de leurs charrettes ; ils les rapprochèrent rapidement ; elles étaient lourdement chargées et écrasèrent la légère voiture ainsi que M1' Rousseau. Ils lancèrent ensuite le corps par dessus le mur de son Parc de Beauplan où il fut trouvé sans vie le lendemain.

« Son fils succéda à sa charge. Il devint passionnément épris de Julie Genêt, qui était délicieusement jolie et qui avait une voix ravissante. Il l'épousa et en eût quatre enfants : Amédëe de Beauplan, célèbre compositeur de romances, Madame Le Roy, Agathe mariée à Monsieur de St Edme et Louise. Arrêté pendant La Terreur, il fut emprisonné aux Carmes (') et désigné à être du nombre des victimes de septembre. Son barbier faisait partie des bourreaux. Cet homme en voyant se présenter sans défiance ce client qui avait si souvent tendu le cou à son rasoir et qui avait été toujours rempli de bontés

(') Non, pas aux Carmes, mais à l'Abbaye (E H).

pour lui, fut saisi de remords et résolut de le sauver. Se tournant vers la foule il s'écria : mes amis, ne touchez pas à ce citoyen, je le connais, c'est un ardent patriote, la République ne veut châtier que ses ennemis, mais elle rend hommage à la vertu. Aussitôt, il se fit parmi ces tigres un revirement complet, s'écriant : Oui, la république rend hommage à la vertu, elle ne frappe que ses ennemis. Ils le saisissent, le portent en triomphe sur leurs bras couverts de sang, le ramènent chez lui auprès de sa femme remplie d'effroi et de joie en le voyant miraculeusement échapper à un si grand danger. Sa famille et ses amis l'engagèrent vainement à se cacher et à fuir à l'étranger. Il ne voulut jamais y consentir, ne se sentant .aucun tort, disait-il, envers la patrie et ne voulant pas commettre une lâcheté ('). Bientôt dénoncé et emprisonné de nouveau comme suspect, il paya vingt quatre heures après de sa tète sa funeste confiance (2). »

Je savais que M. Rousseau, avait été guillotiné pendant la Terreur. J'ai supposé que cette exécution avait dû avoir lieu à Paris, bien qu'il demeurât à Versailles, parce que l'on y envoyait les gens à guillotiner, pour l'amusement du peuple, comme, jadis, l'on envoyait à Rome les captifs pour l'amphithéâtre. J'ai cherché dans ce sens et j'ai trouvé.

J'ai trouvé la condamnation de Rousseau par le « Tribunal criminel révolutionnaire », à Paris, dans le Moniteur Universel du 4 Thermidor an II. Elle est du 25 Messidor.

(') Sa fuite à l'étranger aurait entraîné la confiscation de tous ses biens (E- II).

(2) Lors de la condamnai ion à mort de Rousseau, quelqu'un s'écria v. Pare cette botte, Rousseau ! », allusion à sa charge de maitre d'armes du Dauphin. D'après (G P) et Souvenirs de M"" Vigëe le Bnm. (E H).

Le compte rendu du 25 Messidor comprend trois paquets d'accusés pour cette journée : Le premier paquet, ou fournée, est composé de 28 personnes, des plus variées sous tous les rapports. Rousseau y figure ainsi : « A. B. L. J. Rousseau, âgé de 45 ans, né à Versailles, maître des exercices et armes des enfans de Capet ».

Le jugement concernant ces 28 personnes est ainsi libellé :

« Convaincus de s'être rendus les ennemis du Peuple, en entretenant des intelligences avec les ennemis, en participant aux complots de Capet, en cherchant à jeter l'alarme et le désordre dans l'armée de Sambre et Meuse, lors de la bataille de Fleurus; en répandant de fausses nouvelles, en protégeant l'émigration des pages de Capet, en quittant le pays ennemi pour venir jouer le rôle d'espions sur le territoire français, en méprisant et violant les lois, etc. ont été condamnés à la peine de mort. »

Il est évident que ces motifs ne s'appliquent pas tous à chacun des condamnés.

Ensuite, vient un second paquet, ou fournée, de 10, qui sont aussi condamnés à mort.

Enfin, un paquet de 9 « coaccusés ont été acquittés et mis en liberté. »

J'ai découvert, aux Archives nationales, à Paris, aux Archives départementales, à Versailles, et ailleurs, de nombreuses pièces concernant la condamnation de Rousseau et les circonstances qui l'ont précédée et suivie. J'en ai pris des copies et des extraits que j'ai reproduits ci-après.

ROUSSEAU

époux de Julie Genêt, condamné à mort sous la Terreur.

INTRODUCTION

J'ai trouvé, aux Archives nationales, deux dossiers relatifs à Mr Rousseau, le mari de Julie Genêt.

L'un, W. 251, dossier 34, concerne son arrestation à la suite du 10 août 1792; il comprend 13 pièces.

L'autre, W. 414, dossier 949, concerne sa condamnation à mort; il comprend 22 pièces spéciales à Rousseau et, en outre, l'Acte d'accusation, le Jugement et le Procès- Verbal d'exécution, pièces qui sont communes à Rousseau et à beaucoup d'autres.

Ces 38 pièces, en deux dossiers, forment une suite continue, s'étendant du 15 août 1792 au 25 messidor an IL Je donne, ci-après, des copies ou extraits de la plupart de ces pièces et de quelques autres de provenances diverses.

Un aperçu d'ensemble des faits sera utile :

1792. — Dénoncé le 15 août. — Arrêté à Versailles et transféré à Paris, à l'Abbaye, le 18 août. — Relâché par les massacreurs le 3 septembre. — Va vivre sur sa propriété de Beauplan, à S'-Remy-lez-Chevreuse.

1793. — Perquisition chez lui, sans résultat, en février. — Arrêté le 21 septembre. — Relâché le 10 frimaire (30 novembre) et le 9 nivôse (29 décembre) : R.ousseau, après être sorti de prison, avait été maintenu, pendant quelque temps, en arrestation dans son domicile.

1794. — Est admis membre de la Société populaire des Sans-Culottes de Chevreuse, le 15 pluviôse (3 février). — Arrêté le 10 floréal (29 avril). — Transféré à Paris, prison des fermes, le 27 prairial (15 juin). — Condamné à mort le 25 messidor (13 juillet). — Exécuté le même jour.

Les biens du condamné Rousseau ont été confisqués et en partie liquidés. J'ai trouvé le dossier de cette affaire dans les Archives départementales de Seine-et-Oise et j'y ai fait de nombreux emprunts que j'ai transcrits après ceux de son arrestation et de sa condamnation.

Les pièces suivantes sont aux Archives nationales W. 251, D. 34.

« L'an mil sept cent quatre vingt douze quatrième de la liberté et premier de l'égalité le mercredi quinze août huit heures du soir Nous membres du comité de police de surete générale établi par le conseil gênerai des trois corps administratifs réunis à la maison commune de Versailles, sur l'avis à nous donné par un canonier de la garde nationale que le Sr Rousseau maître d'armes des enfans de france avait été vu ce jourd'hui portant sur son habit de garde nationale des boutons sur lesquels il y avait pour Légende district de sans autre désignation et au milieu la nation, la loi, le Roi, avons fait amener pardevant nous led. S'' Rousseau lequel nous a fait la déclaration qu'il avait acheté ces boutons au palais Royal à Paris.

« Vu laquelle déclaration, attendu que des boutons ainsi fabriqués donnent des soupçons dans les circonstances présentes, qu'il est surprenant que le Sr Rousseau habitant ordinairement Paris ou Versailles n'ait pas acheté des boutons ou se trouvât inscrit le nom d'une de ces deux villes, que le nom resté en blanc parait un faux fuyant ménagé au besoin par le S'' Rousseau, que ce peut être un signe de Ralliement que tout signe de ce genre est formellement proscrit par la loi, attendu que le comité de Police de Paris a peut être des notions sur ces sortes de signaux et qu'il est important de s'en assurer surtout à l'égard du S"1 Rousseau qui vu son état peut être soupçonné de ne point aimer la révolution, nous membres du Comité de police de Versailles, avons ordonné que led. Sr Rousseau sera conduit au comité de Police de Paris par les Srs Geoffroy et Lavât que le présent procès verbal ensemble la déclaration signée par le S>' Rousseau seront remis à ce comité et que deux commissaires se transporteront à l'instant à la

demeure du S' Rousseau pour y faire perquisition et s'assurer des papiers qui peuvent être suspects, lad. perquisition faite en présence du S'' Rousseau, fait au Comité de Police de sûreté générale séant a la maison commune de Versailles les jour mois et an susdits.

[Suivent 5 signatures.]

[Signé] « Rousseau »

« Je soussigné certifie et déclare que les boutons qui se trouvaient à mon habit et sur lesquels il y avoit seulement District de, au pourtour, sans aucune désignation de lieu, et au milieu la nation la loi le Roi ont été achetés par moi chez le nommé dul'our [Ces trois derniers mots sont biffés et surchargés par ceux : « que je crois se nommer dufour »] boutonier sous les galeries du palais royal, en entrant par la cour des fontaines, a main droite, la huitième ou dixième Boutique, il y a six ou sept semaines, et attachés chez un fripier a main gauche près les variétés et au quel J'ai donné trente sols pour les coudre, en foi de quoi J'ai signé le présent à Versailles au Comité de police de Sûreté générale de la municipalité le quinze aoust 1792 l'an 4 de la liberté et le premier de l'égalité.

[Signé] « Rousseau »

[Procès-verbal d'apposition de scellés à Versailles, ce jourd'hui 15 août 1792, à onze heures et demie du soir, en présence de Rousseau, sur un portefeuille qu'il a avec lui et sur les secrétaires et portes de l'appartement qu'il occupe au Château, N° 46. A]. « Nous sommes transportés avenue de St Cloud chez Mad"e Desfugerais chez laquelle nous avons trouvé le S. Rousseau, maître d'armes du Prince Royal. »

[Procès-verbal de levée de ces scellés, ce jourd'hui 17 août 1792, à onze heures du matin, avec « le sieur Rousseau ». Ils ne trouvent aucun papier intéressant, sauf l'exception que voici :] « Ensuite portant nos regards sur une feuille de papier nous y avons reconnu qu'elle contenait un projet de mémoire duquel nous avons cru devoir nous saisir. »

a Paraphé par nous ne varietur membres du Comité de police de sureté générale le 18 aoust 1792 l'an 4 de la liberté et de l'égalité.

ISuivent 4 signatures et celle de Rousseau et, au-dessous, le texte que voici :| « Sire

« Permettez à l'un des plus fidèles et soumis sujets de Votre Majesté, de lui exposer le résumé de la manière de penser de tous les honnêtes Gens.

« il n'y a plus un instant à perdre pour sauver le monarque, et la Monarchie, les factieux sont à la veille de triompher, si Votre Majesté n'employé pas le remède convenable.

« Qu'elle daigne Paraître à l'assemblée. Qu'elle y prononce avec la fermeté dont elle est capable Quatre mots. Je connois les intentions de l'assemblée pour le maintien de la constitution, mais je suis instruit des troubles qu'occasionent les ennemis du bien public. Pour ne laisser aucun doute sur le désir que jai que les loix soient maintenues et le peuple heureux, je prendrai demain l'uniforme et me mettrai à la tête de la garde nationale, j'invite tous les honnêtes citoyens a suivre, mon exemple après s'être faits inscrire dans les compagnies, et je regarderai comme mes ennemis, et comme traître a la patrie, tous ceux qui ne se réuniront pas pour le maintien des loix la sureté des individus et des propriétés.

o dans vingt quatre heures sire V. M. sera entourée de 100 mille hommes qui feront rentrer les factieux dans le néant, les Princes et la noblesse dans le Royaume. »

Cette pièce est de la main de Rousseau. Elle n'est ni datée, ni signée. C'est visiblement un brouillon.

« Municipalité de Paris.

« COMITÉ Paris le 16 août

de Suhveillance ? heures du matin

L an 4 de La liberté, le l" de l'Egalité.

« frères et amis

« Nous avons reçu le procès verbal que vous nous avez fait parvenir, et qui contient vos observations sur les boutons que le S. Rousseau portait sur son habit uniforme. Il est a notre

connoissance qu'au Palais Royal et dans d'autres boutiques de Paris ces boutons se vendent et ne présentent aucun signe de ralliement. Nous n'en approuvons pas moins, frères et amis, vos inquiétudes, dans les circonstances actuelles l'exèces de la précaution est sagesse, nos ennemis sont un peu étourdis mais Ils ne sont pas encore anéantis ; restons debout, restons éveillés, surtout restons bien unis Et arrivent les Ennemis. « vos frères et amis les membres du Comité de surveillance.

[Signé] « Duchesne Ddffort Real Lemfans »

« L'an mil sept cent quatre vingt douze quatrième de la liberté et premier de l'égalité le samedy dix huit août neuf heures du matin nous Denis Anne Ferdinand hodanger juge de Paix de Versailles arrondissement du sud sur l'invitation à nous faite par Mr le procureur de la commune de Versailles de nous transporter a la maison commune au comité de surveillance, nous sommes rendu audit lieu ou étant M1' le procureur de la commune nous a représenté un ordre signé Lounotet, Grangeneuve, Rovère, Ingrand membres du comité de surveillance de l'ass. nat. led. ordre adressé à MrMr les officiers municipaux de Versailles et leur enjoignant de faire arrêter le S1' Rousseau de Versailles Mre d'armes du prince Royal et grenadier affilié des filles St thomas, ajoutant M'- le procureur de la commune que les membres du comité de surveillance signataires dud. ordre lui avaient enjoint de faire interroger led. Sr Rousseau par un juge de Paix, a l'effet de quoi il nous a remis un projet d'adresse au roi présumé écrite de la main dud. Sr Rousseau et trouvée dans son secrétaire lors de l'inventaire fait de ses papiers le jour d'hier après la levée des scellés apposés chez lui.

« Et led. S'1 Rousseau ayant été amené devant nous avons procédé à son interrogatoire de la manière et ainsi qu'il suit.

« Quels sont vos noms, âge, profession, demeure et lieu de naissance ?

« je me nomme Augustin, Bernard, Louis, Joseph Rousseau âgé de quarante quatre ans, maître d'Armes du prince Royal, demeurant au château de Versailles, natif de Versailles.

« Connaissez-vous le projet d'adresse que je vous présente pour être écrit de votre main.

a Oui.

« dans quel tems avez vous fait ce projet d'adresse ?

« avant l'expiration des deux mois accordés aux princes pour rentrer.

« cette adresse a-t-elle été présentée au Roi ?

« non.

« Qui vous a empêché de la présenter?

« la crainte de passer pour un homme qui se mêle d'affaires qui ne le regardent pas.

« Vous en approuvez sans doute les principes?

« je les approuve les regardant comme constitutionnels.

« Qu'entendez vous par les factieux contre lesquels vous invitez les honnêtes gens à se réuni]1.

« tous ceux qui s'opposaient à la marche de la constitution.

« Quel était le jour ou vous deviez prendre votre uniforme et vous mettre à la tête de la garde nationale ?

« c'est une phrase que je mets dans la bouche du Roi que je suppose présent à l'assemblée nationale le jour aurait été le lendemain de cette démarche auprès de l'assemblée ou tel autre qu'il aurait jugé convenable

« L'invitation faite aux honnêtes citoyens de se faire inscrire est elle aussi dans le discours que vous mettez dans la bouche du Roi.

« Oui.

« La dernière phrase de votre adresse est une promesse de votre part au roi qu'il sera entouré de 100 mille hommes, pourquoi ces cent mille hommes.

« Pour composer avec la garde nationale une masse de forces suffisantes afin de maintenir le calme et engager les princes et les émigrés à rentrer dans l'intérieur ou ils seraient alors à l'abri delà fureur et des vengeances auxquelles leur émigration les avait exposés. •

« n'êtes vous pas affilié au bataillon des filles de St thomas?

« oui.

« Etes vous inscrit dans la garde nationale de Versailles ?

« oui, depuis la création.

« Pourquoi servez-vous dans plusieurs compagnies?

« Parceque le Roi ayant témoigné tout haut le désir que tous ceux qui le servent fussent vêtus de l'habit de garde nationale, je n'ai pas voulu porter cet habit à Paris sans être inscrit dans la garde nationale de Paris.

« Mais on peut porter à Paris l'habit de garde nationale de Versailles ainsi votre raison n'est pas plausible.

« je voulais que le Roi me vit monter la garde au château et c'est la l'unique raison de mon inscription dans les grenadiers des filles St th ornas.

« Vous ne pouviez pas vous dissimuler qu'après les desseins hostiles manifestés par les princes et la noblesse, ils ne pouvaient rentrer en france que pour nous donner des fers, pourquoi donc désirer et favoriser leur rentrée ?

« mon intention était qu'ils fussent soumis comme les autres citoyens à la constitution et qu'ils prêtassent le serment civique je me proposais même de developer cette idée dans mon projet.

« -Avez vous été du diner des filles St thomas ?

« Non parceque tout diner de cette nature pouvoit être regardé comme suspect et dangereux.

« Lecture faite aud. S1' Rousseau de ses réponses a dit icelles contenir vérité y a persisté et signé

[Signé] « Rousseau

[Clôture du présent procès- verbal.]

[Signé] « Hodanger

« Sur quoy nous Membres du comité de surveillance des trois corps administratifs de Vlles Réunis disons que Monsieur Rousseau sera conduit au Comité de surveillance de la

commune de paris afin destre traduit devant le

nouveaux tribunal criminel chargé de cette attribution

Ce dix huit aoust 1792 quatrième de la Liberté premier de Légalité.

« [4 signatures.] »

« Municipalité de Versailles.

« bureau municipal.

« M. Pile appariteur de Police de la municipalité de Versailles conduira M. Rousseau Me d'armes des enfans de france au comité de surveillance de la commune de Paris, pour être

traduit et jugé par devant le nouveau Tribunal criminel chargé de ces attributions

« fait à Versailles le 18 août 1792 « L'an 4e de la liberté et le 1" de l'égalité

[Suivent 3 signatures.] « Le S. Rousseau a été déposé à l'abbaye « 18 août 1792 « Enreg. le 19 dud. N° 126. »

« Municipalité de Paris.

« département de police et garde nationale.

« Ce jourd'hui vingt cinq août mil sept cent quatre vingt douze l'an quatre de la Liberté et premier de l'égalité heure de midi, pardevant nous administrateurs de police au Département membres du Comité de surveillance et de salut public séant à la Mairie est comparu et a été amené des prisons de l'abbaye le S1 Rousseau que nous avons interrogé ainsi qu'il suit.

(Ses noms, âge, qualité et demeure.]

[Interrogatoire sur son projet d'adresse au Roi : comme celui ci-dessus par le Juge de Paix de Versailles. Ensuite : |

« Interrogé s'il sert dans la garde nationale et depuis quelle époque.

« a répondu qu'il y sert depuis la création de la garde nationale sans interruption à Versailles tant en qualité de capitaine que comme commandant de bataillon et maintenant comme volontaire dans la compte de la Bigue sixième section à Versailles, ainsi qu'il l'a prouvé par sa cartouche qu'il nous a représentée.

« Interrogé où il étoit la nuit du neuf au dix courant.

« a répondu qu'il étoit de reserve au château de Thuileries avec les grenadiers du Bataillon des filles St Thomas, et qu'il a passé la nuit dans la grande Cour d'où il n'a pas sorti et qu'il n'a pas même monté au château de quoi il offre preuve.

|Long interrogatoire sur ce qui s'est passé au Tuileries les 9 et 10 août, interrogatoire destiné surtout à tirer au clair la conduite du Roi et d'autres. Ensuite : ]

« Interrogé s'il connoit quelques personnes qui ont été du

diné des champs Elysées et s'il n'a pas été une desdites personnes.

« A répondu qu'il a entendu dire que quelques officiers de la maison domestique du Roi s'y étoient trouvés et qu'en sa qualité d'homme attaché au Roi il n'avoit pas cru devoir être de ce repas, quoiqu'il y fut invité.

« Interrogé par qui il avoit été invité à se trouver a ce diné et depuis quel tems il étoit prémédité.

« A répondu qu'il y a été invité par presque tous ceux qui s'étoient trouvés de garde avec lui au Château, qu'il fut invité le Samedi pour le dimanche et que cependant le diné fut remis au lundi, que le rendez vous indiqué pour le lieu du repas étoit d'abord l'hôtel Longueville et que lorsqu'on l'a invité il n'a rien soupçonné de suspect.

« Lecture faite au répondant du présent interrogatoire et de ses réponses a dit ses dites réponses contenir vérité y a persisté et a signé avec nous.

[Signé] « Leclerc Duffort Rousseau

« Nous administrateurs de police membres du Comité de surveillance et de salut public disons que le Sr Rousseau sera remis à l'instant entre les mains de deux Gendarmes pour être réintégré dans les prisons de l'abbaye jusqu'à ce qu'il en soit plus amplement ordonné par le Tribunal criminel

[Signé] « Leclerc Duffort <>

[Pétition de Rousseau demandant sa mise en liberté. Je ne la reproduis pas.]

« mille pardons, Monsieur, de mon imporlunité; mais c'est une mère et cinq enfants qui vous supplient de ne point oublier un père de famille dont leur existence dépend entièrement.

« J'ai l'honneur d'être, Monsieur, votre très humble et

obéissante servante.

[Signé] n Genest Rousseau »

J'ai trouvé les pièces suivantes aux Archives nationales : W. 414, D. 949. Elles sont dans un dossier portant le titre :

« ROUSSEAU

« Maître d'armes des Enfants de Capet.

« Condamné à mort, le 25 messidor.

« Prévenu de complicité dans la Conspiration de la Cour

contre la Liberté.

« A la maison des fermes. — 5™c dossier-21 pièces.

« Apportée le 19 messidor an deux de la république. »

Voici les pièces que contient ce dossier.

« Copie des pièces justificatives du S. Rousseau

lues à la troisième Section.

« 1» Pièce certificat du S. Caflin garde national de la section de la cité chargé de reconduire le S. Rousseau chez lui.

« Nous Pierre Philippe Gaffln l'ainé garde national dans la section de la Cité cidevant notre Dame, demeurant rue de la licorne N° 3 certifions a qui il appartiendra, avoir été nommé par les juges du peuple pour reconduire chez lui le S. Rousseau garde national de Versailles détenu à l'abbaye et qu'après avoir été témoin de son interrogatoire Par le président et du Jugement prononcé sur son innocence, nous nous sommes acquittés de l'ordre qui nous avait été donné et avons signé Le présent certificat à paris le 3 sept. 1792 le 4c de la liberté le l«r de l'égalité, signé Caflin fils aine.

« 2e Pièce certificat des administrateurs de police et de surveillance de la mairie.

« Municipalité de Paris.

« Département de Police et Garde nationale.

« Je soussigné secrétaire à l'administration de Police certifie m'être trouvé es Prisons de l'abbaye lorsque le peuple a fait justice de ses ennemis, que M Rousseau de Versailles a été reconnu innocent et mis en liberté, que même il a été porté en triomphe aux applaudissements de tous les citoyens, a la Mairie le 5. 7i»« 1792 l'an 4" de la liberté le 1" de l'égalité signé Chaney secrétaire de l'administration de police.

« Le Comité de Sûreté générale à l'Assemblée nationale devant Lequel Augustin Bernard Louis Joseph Rousseau Maître d'exercice du Prince Royal, qui étoit détenu dans les prisons de L'abbaye et que le peuple a mis en liberté dans la soirée du 2 de ce mois, s'est représenté Cejourd'hui 4 septembre; Reconnoissant qu'il n'appartient à aucune autorité constituée de revoir Les jugemens du peuple, Déclare seulement pour rendre hommage à la vérité qu'il applaudit a la détermination qui a été prise par les citoyens en faveur du S1' Rousseau, Contre lequel il n'avoit pas de fortes préventions, mais dont il avoit cru devoir s'assurer dans la crise de la révolution du 10 août, a raison de sa profession et du poste qu'il occupoit à la Cour.

« Au Comité de Sûreté générale à l'assemblée nationale à Paris ce 4. 7l",e 1792 L'an Ie'' de L'Egalité

[7 signatures, que je lis : C. Basire secrétaire, Lomont, Ruileb (?), Vabdon, Bordas, Claude fauchet, Grangeneove.] »

[Sorte de bordereau ou liste de pièces, suivi de la note que voici : ]

« Nous Maire et officiers Municipaux de la Commune de St Rémi Canton de Chevreuse District de Versailles département de seine et oise Certifions que le citoyen Rousseau âge de Quarante Quatre ans taille de 5 Pieds 8 pouces cheveux et sourcils châtains, visage Rond et dégarni, yeux gris, né Carré, bouche moyenne, menton allongé habite la maison de Beauplan

sise dans notre commune, qu'il y réside sans interruption depuis le six septembre et qu'il s'y est conduit en bon citoyen en foi de Quoi nous avons signé le présent pour lui servir autant que Besoin sera délivré à la maison commune de St Rémi le dix huit mars mille sept cent Quatre vingt treise l'an deuxième de la Republique françoise et scellé du cachet de la municipalité.

« [3 signatures.] »

(Rousseau a été arrêté à St-Remy-lez-Chevreuse le

21 septembre 1793 au matin par ordre du Comité de salut « publique ». Le 22, pétition du maire et de nombreux autres habitants de la commune, demandant sa mise en liberté. |

[Le 3 octobre 1793, an 2e de la république une et indivisible, nous commissaires et membres du Comité de salut « publique » de Versailles : Lèvent les scellés apposés sur les papiers du nommé Rousseau maître d'armes des Enfans du cy devant capet a beauplan paroisse de St Remy Les Chevreuse. Ils lisent tout.) « Nous n'avons Rien trouvé de suspect, ny aucun papier qui puisse faire soupçonner d'incivisme. »

a Comité de surveillance du District de Versailles.

« Du neuvième jour de la première décade du quatrième mois de l'An second de la République Française.

« Le comité, vu la décision des Représentans du peuple après avoir délibéré arrête que le gardien placé auprès de Rousseau se retirera et qu'il restera sous la responsabilité des Citoyens Louis fourneau Jean Baptiste hypolite Chanoine et Jean le Petit Divier et ce suivant l'engagement par eux souscript.

« Les membres du Comité

|8 signatures, que je lis : Movnet, Naudet, Jobart,

Devienne, Medry, Lhermite, Le Noble, E. P. Clemendos S1'6.] »

Rousseau habitait alors à S' -Remi -lez -Chevreuse, Seine-et-Oise. Voici un certificat en sa faveur :

<t Nous soussignés membres de la commune et du Conseil général de la commune régulièrement assemblés.

Il a donné des preuves de son civisme et de son patriotisme en habillant un volontaire lors de la première réquisition, en donnant quatre fusils à cette commune, en prouvant par ses discours et par ses actions, son respect pour la représentation nationale, sa soumission à nos loix et ses sentiments vraiment Républicains,

[Pas daté, mais visé 14 pluviôse an 2.] »

« Extrait du Registre des délibérations de la société populaire des sans culotte séante à Chevreuse.

« Séance du 15 pluviôse an 2^ de la république une et indivisible.

« Le C. rousseau domicilié à beauplan commune de Saint remi, canton de chevreuse a demandé à être admis dans le sein de la Société, et a exhibé un certificat de civisme a lui délivré par le conseil général de la commune de Saint remi.

« La société ayant procédé au scrutin épuratoire le C. rousseau a été admis à l'unanimité et a prêté le serment d'être fidèle à la république une et indivisible après quoi il a pris séance au milieu des applaudissetnens universels.

« signé baron président et Gautier secrétaire. »

« Aux Représentants du Peuple Composants le comité de sûreté générale près la Convention Nationale.

« Représentants du Peuple.

« La Municipalité de Remi lès chevreuse canton de

Chevreuse l'an 2eme de la République française une et

indivisible le Dixième jour de Prairial en séance publique renouvellée par la loi révolutionnaire et le Conseil général assemblé a pris le présent arrêté à l'unanimité pour attester aux Représentants du Peuple que la liberté à rendre au nommé Augustin, Bernard, Louis, Joseph Rousseau cultivateur en

cette commune, lui est indispensable pour faire subsister sa nombreuse famille. Cet arrêté addressé aux Représentants du Peuple est fondé sur ce que depuis le 3 septembre 1792 vieux style le dit nommé Rousseau a été Jugé innocent par le Peuple dans les prisons de l'abbaye à Paris, qu'il a donné continuellement depuis cette époque des preuves successives du plus ardent et désintéressé Patriotisme ainsi que de son respect pour la représentation nationale de son amour pour la liberté et l'égalité et enfin de sa reconnaissance pour le peuple dont il se regarde et se dit l'enfant assurons que depuis le Jugement du Peuple en septembre 1792 ledit Rousseau a habité sans interruption cette commune

| Liste de nombreuses signatures ]

« Certifié conforme à l'original

[Signé] « femme Rousseau i

La malheureuse Julie Genêt, épouse de Piousseau, a sans doute sollicité — et payé — ce certificat et beaucoup d'autres.

« Citoyen Représentant

(< Le nommé Rousseau jugé par le Peuple, depuis ce temps a mené dans notre commune la conduite la plus pure et la plus patriotique, ayant Joui de sa liberté d'après le Jugement respectable du Souverain il ne pouvoit l'avoir perdue que par des délits nouveaux et notre commune dans laquelle il réside depuis le trois septembre 1792 sans interruption n'a cessé d'avoir la plus grande surveillance sur sa conduite et par ses réclamations réitérées la commune a prouvé la Justice Quelle rend à la conduite civique de Rousseau remis en liberté par une décision des Représentants du Peuple et l'arrêté du Comité de Surveillance de Vllc's |Versailles| le neuf nivôse dernier Rousseau vient encore d'être réincarcéré par ton ordre ce Père de famille ne fesant subsister sa femme et ses cinq enfants que par sa culture nous te demandons de le laisser revenir dans sa commune sous le cautionnement de trois Patriotes

domiciliés en cette commune jusqu'à l'époque où i) sera rappelé par les commissaires du Peuple ce que nous te demandons a déjà été accordé à difîérens détenus.

[A été signé par le Maire et tous les membres assistants à l'assemblée de la commune.]

« Certifié conforme à l'original [Signé] « femme Rousseau »

« Copie de l'attestation de la société Populaire de remi lés Ghevreuse pour rendre Justice à la conduite de Rousseau.

« Citoyen Représentant

« Le nommé Rousseau propriétaire en cette commune depuis vingt ans, ayant été arrêté le dix floréal par un ordre signé de toi ; la Société de Remi lès chevreuse dnt de seine et oise a nommé un commissaire pris dans son sein pour faire parvenir à ta Justice les faits suivants relatifs à sa conduite dans laditte commune.

« La société atteste que le civisme et la conduite de Rousseau l'a engagée à réclamer plusieurs fois pour lui pendant sa détention qui a eu lieu depuis le vingt deux septembre jusqu'au six décembre dernier vieux style, qu'à cette époque Le nommé Rousseau ayant été élargi par décision des Représentais du Peuple, les preuves réitérées et reconnues du civisme de Rousseau et de son respect le plus profond pour la loi ont engagé la Société à l'admettre dans son sein et quelque temps après d'après la bonne opinion et la certitude de son civisme la société l'a nommé Président.

[A été signé par le Président, le vice-président et les membres de la société populaire.]

« Certifié conforme à l'original.

[Signé] * femme Rousseau »

Au dos de cette pièce, est écrit ce qui suit, de la main de Rousseau. C'est écrit au crayon. C'est écrit d'une manière irrégulière, preuve que Rousseau ne disposait pas d'une table pour appuyer son papier. Je pense que

c'est la défense de Rousseau, écrite sur ses genoux, pendant la séance du Tribunal révolutionnaire.

« Rousseau père d'une nombreuse famille invite les Citoyens jurés a observer qu'il a refusé d'assister au repas des champs élisées.

« qu'il a refusé de signer toute pétition Liberticide

« et qu'après avoir été jugé par le peuple il s'est représenté de lui-même au Comité de sûreté g'« qui l'avoit fait arrêter.

« qu'il est prouvé que ses boutons n'avoient pas de signe de Ralliement

« et qu'il n'a pas été arrêté le 10 août mais le 17 par ordre du Comité de sûreté gle

« victime de mes ennemis, ils n'ont jamais pu me reprocher qu'un l'ait controuvé pour lequel j'ai été jugé trois fois. »

Liberté Egalité fraternité

« aux Representans du peuple composant le Comité de Sûreté Générale à la Convention nationale

« Rousseau arrêté par ordre de Crassous, transféré le 27 Prairéal Par ordre du Comité de sûreté générale maison des fermes rue de grenelle honoré à Paris

« Citoyens Representans.

« victime des persécutions amoncelées contre moi ; Je dois l'exposé de ma conduite civile et politique ; J'y satisfais.

« fils d'un altiste maitre d'armes des enfans de Capet, J'habitai Versailles depuis ma naissance; Je succédai a mon père dans son employ, il ne nie laissa pour héritage que son talent.

Le 6 septembre 1792 Je Quittai Versailles pour faire valoir une Chétive propriété que J'avois depuis 18 ans. père de famille chargé de cinq enfans, et un orphelin, je n'avois d'autres moyens de subsistance. Le Régime de la servitude avoit excité des haines contre moi, Le Règne de la Liberté Les a vu s'accroitre.

« en juillet 1789 Zélé partisan de la Liberté et de L'égalité J'entrai dans la garde nationale de Versailles sans calculer les

effets de la haine que la ci devant cour avoit vouée a L'uniforme de la nation. Je fus nommé Capitaine.

« en août, et septembre chargé du Commandement du poste de la Gabelle pour la distribution du sel aux prix fixés par les décrets; La loi fut exécutée, et ma Conduite Louée par mes Concitoyens. Le 23 novembre suivant Le scrutin me porta a la place de Commandant de Bataillon.

« Je me suis montré dans toutes les occasions ou il s'agissoit de deffendre Les droits du peuple, mes opinions ont toujours été conformes aux vrais principes de la Liberté ; mes frères d'armes m'en sont témoins; le mémoire revêtu de leurs signatures, mis sous les yeux des représentais Musset et la Croix, déposé au Comité de surveillance de Versailles, atteste ces faits.

« en janvier 1792, Contraint par ma place d'aller a paris du Jeudi au Samedi de chaque semaine donner leçon au jeune Capet; je donnai ma démission de Commandant; je Continuai a servir comme volontaire.

« Le 16 août 1792, dénoncé au Comité de sûreté générale à l'assemblée nationale; Je fus incarcéré par son ordre dans la prison de l'abbaye a paris.

« Le 3 septembre ma conscience ne fut pas troublée par le spectacle que jeus pendant vingt deux heures sous les yeux; a onse heures du matin on m'appelle au Guichet, on m'interroge, on examine Les causes de mon arrestation, on me Juge on me proclame innocent; et bientôt on me porte en triomphe dans les bras d'une famille éplorée, aux applaudissements d'un peuple immense deux Canoniers vainqueurs des thuileries, témoins de mon dévouement pour la cause du peuple se trouvaient alors au Guichet, ils rendirent justice a mes sentiments, et hâtèrent le moment de ma délivrance.

« fort de ma Conscience, le premier usage que Je fis de ma Liberté fut de me représenter au Comité de sûreté G'e a L'assemblée nationale; J'y subis un nouvel interrogatoire mes papiers, Les motifs de mon arrestation furent scrutés de nouveau, et le Comité applaudit à mon Jugement et le Confirma par la déclaration que je produis.

« que mes ennemis cherchent a atténuer La franchise de ma conduite dans cette importante circonstance, je ne leur répondrai pas. Je Continue.

« Le 5 septembre suivant je retournai a Versailles; je me présentai aux trois corps administratifs réunis en comité de

surveillance, par l'arrêté que je produis ils reconnurent et publièrent mon innocence.

« C'est alors que couvert, si je puis ni'exprimer ainsi, des lauriers de L'innocence; Confiant dans ma conduite, je me retirai dans la Commune de Rémi, Canton de Chevreuse, district de Versailles; Je continuai de faire valoir ma propriété ; Je le repette, Je n'avois que ce moyen pour faire subsister ma nombreuse famille.

« en février 1793, vieux stile, sur une fausse dénonciation, la force armée vint faire une perquisition Chez moi. L'on me trouva au milieu de ma famille, occupé de la Culture, ma maison fut surveillée pendant plusieurs mois, et ceux qui en furent chargés rendirent justice à ma conduite.

« Le 21 sept, suivant, je fus arrêté par ordre du Comité de surveillance, alors du district de Versailles. Je n'avois pas quitté ma commune un seul instant. Le 23 la Municipalité son Comité de surveillance, Le Conseil Général, la société des sans culottes, dans une réclamation en ma faveur attestèrent mes principes d'humanité, et de fraternité avant la révolution, la pureté, et la franchise de ma conduite, mon sincère dévouement a la cause du peuple, depuis L'établissement de la république, cette pièce est déposée au Comité de sûreté G1" a la convention lre région départ. Seine et oise.

« Le 10 frimaire, d'après le jugement des représentans la Croix et Musset, je recouvrai ma Liberté; J'en consacrai tous les moments a affermir mes concitoyens dans le respect du a la représentation nationale, J'excitai chez eux la surveillance contre les ennemis de L'intérieur, Je stimulai leur courage contre ceux de L'extérieur, et je fis tout enfin pour nourir dans leur âme L'amour de la Liberté, et de L'égalité.

« Le 10 floréal un ordre de Crassous représentant, me met encore en arrestation, et toujours pour la même Cause, ce fut alors que ma commune que je n'avois pas Quittée, vivement affectée des persécutions dont elle me voyoit Constament L'objet, se hâta d'addresser de nouvelles réclamations au Comité de sûreté G|e a la convention elles y sont déposées sur reçu.

i J'attends de la Justice des Représentans du peuple, qu'ils rendront a sa famille un père Longtems persécuté, c'est dans le moment de la récolte, ou lui seul peut par la vigilance lui procurer de quoi subsister, je ne dirai plus qu'un seul mot, il sera ma profession de foi.

« L'on ne me prouvera jamais aucune Liaison avec des intriguans; les procès verbaux de la levée de mes scellés attestent que Je ne me suis souillé d'aucune correspondance d'aucuns papiers suspects, j'ai refusé de me trouver dans des repas qui eussent L'air de rassemblement, J'ai également refusé ma signature a des pétitions anticiviques, rien en un mot, rien, ne peut me faire soupçonner d'incivisme et je ne crains point de le dire; il n'existe pas d'ami plus chaud de la Liberté, de deffenseur plus franc des droits du peuple, que celui qui reconnoit lui devoir une nouvelle existence.

[Signé] « Rousseau »

« Note du Comité.

« Rousseau, Maître d'Escrime de Capet et sa famille.

« Aristocrate reconnu en août 1792 il fut arrêté avec un habit d'uniforme de garde Nationale dont les boutons portaient district de, et laissaient une place pour mettre le nom du district, lors de l'examen de ses papiers on trouva chés lui une lettre qu'il avait écrite au tiran pour l'inviter à se mettre à la tète des soi disant honnêtes gens, il a été sauvé des prisons au deux septembre, il arriva en poste de Paris le dix août 1792 à neuf heures du soir avec antoine fils son ami et fut arrêté au château. »

|5 signatures, que je lis : Jop.art, Naudet, Thiriot, Cabanin ('?), Tiekcelin (?). Ce Comité est le « Comité de Surveillance du District de Versailles », car j'ai vu deux de ces signatures au bas d'une pièce portant cet en-téte.] »

« 1781. Payement à faire

par M d harvelay garde du Trésor royal

« A M. Rousseau Maitre d'Exercices et d'armes des Enfans de France, pour remise de la moitié du droit de Confirmation de Noblesse, par lui dû en exécution de PEdit d'avril 1771 3.000 livres

« Sur M1' Bertin

« du fonds des Revenus Casuels provenant des droits de Confirmation des Annoblis 3,000 livres

« Fait à Versailles le 29 Juillet 1781. [Signature illisible. | »

|Ordre du Roi, signé Louis, octroyant la susdite remise de 3.000 Livres.]

Les pièces suivantes sont aux Archives nationales : W. 414, D. 949.

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