FAMILLE DE QUAY
Les de Quay sont d'une ancienne et riche famille de la Gueldres. La branche dont est sortie ma grand'mère était catholique, et dans les temps de persécution contre cette religion heaucoup de leurs terres passèrent à la branche protestante. Ces de Quay firent de grandes alliances en Angleterre et en Suède, les noms de ces familles vous importent peu, la parenté est anéantie par le temps et par la fin de cette branche des de Quay protestans dont la dernière fille épousa un M1 Vanoiën, qui a eu un grand état en Hollande et est très vieux. Je n'ai eu de relations avec lui, qu'à l'avènement d'une de mes élèves au Trône de Hollande; ce brave homme m'écrivit plutôt pour ses intérêts que par attachement pour les descendans de sa cousine Henriette de Quay. — Nous ne sommes donc restés liés qu'avec la branche catholique des de Quay, la seule véritablement existante, moins riche que ne l'était les de Quay protestans, mais très considérés en Hollande. — Le chef de cette famille est le colonel de Quay, propre neveu de ma grand'mère par un frère plus jeune qu'elle.
L'établissement d'un frère de Napoléon sur le trône de Hollande nous a rapprochés de cette famille que nous estimons et chérissons beaucoup. Le colonel de Quay fut nommé commandant de la ville de Graves, et n'a perdu cette place qu'au rétablissement de la maison d'Orange dans la souveraineté des Pays-Bas. La famille habite encore la maison paternelle de Graves, où est née ma grand'mère, elle possède une jolie terre nommée
la Retraite, située à une lieue de la ville. — Le colonel avait trois fils, Charles, Henri et Rudolfe, cinq filles, Régine, Niss, Charlotte, Adèle, Clémence. Charles était un jeune militaire des plus distingués. — Lorsque Louis Bonaparte fit son entrée à La Haye avec si femme, votre vertueuse cousine Adèle Auguié, femme de Mp de Broc, grand Maréchal du Palais, accompagnait la Reine de Hollande. Elle trouva dans la salle des gardes du Palais de La Haye, un charmant capitaine de la garde du Roi, qui vint à elle et lui dit, que toute la famille de Quay lui faisait exprimer par lui, la joie qu'elle ressentait de ce que les événemens les plus étonnants amenaient dans leur contrée une daine d'une famille à laquelle ils avaient l'honneur d'appartenir, et la bonne Adèle se trouva à l'instant des tantes, des cousins, cousines, dans un pays où elle ne connaissait personne. La Reine Horlense lit inviter M""' de Quay à venir à sa cour, et Régine, sa fille aînée fui amenée chez moi à Saint-Germain par son père et par sa mère. Charles fut ensuite attaché au service de France connue capitaine dans la garde impériale, il fut une des victimes de la trop funeste campagne de Moscou et mourut à Koehitzbërg malgré les soins paternels que lui fit donner le Maréchal Ney qui le regardait comme un bon officier. Henri leur second fils se dévoue à l'état de cultivateur des biens de la famille, Rudolfe est encore fort jeune. Régine, l'ainée de ses filles que j'avais avec moi comme dame institutrice à Eeouen, est mariée à M1 L'Olivier, capitaine au service des Pays-Ras. Niss est de même mariée à un capitaine nommé Paris, les trois autres filles sont encore dans l'âge de l'enfance. Il existe aussi un capitaine de Quay, frère cadet du colonel, il est moins fortuné que lui, son fils aine a été élevé à l'école militaire de S'-Cyr du temps de l'Empereur, son arme était l'artillerie. Dans une des premières déroutes d'une armée
jusque là invincible, ce jeune de Quay qui n'avait alors que dix-huit ans et un de ses camarades de S'-Cyr, aussi jeune que lui, lit gravir une petite pièce d'artillerie sur un monticule; munis de tout ce qu'il fallait pour servir leur pièce, ils firent de là un feu si soutenu qu'ils parvinrent à gêner l'armée ennemie et favorisèrent la retraite de la nôtre. Pour ce fait honorable il reçut la Croix de la Légion d'honneur et fut nommé lieutenant. Il a quitté le service de France avec bien des larmes, mais il est entré dans un régiment des troupes du Royaume des Pays-Bas, sachant que l'on doit appartenir à sa patrie : il s'v conduit très bien.