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A quel âge le jeune Bayard fut-il armé chevalier

peu de temps avant sa mort : il ne faut pas confondre avant et devant. Avant exprime une idée d’antériorité et se rapporte au temps. Exemple : Peu de temps avant sa mort. Il exprime aussi une idée de préférence : Il faut mettre l’honneur avant la richesse.

Devant sert surtout à indiquer la position, la place d’un objet. Exemple : Il ne faut pas mettre la charrue devant les bœufs.

Il demanda à chacun d’eux : il faut bien observer la différence qui existe entre chaque et chacun. Chaque ne peut jamais s’employer sans être suivi d’un nom. Exemple : Chaque pays a ses avantages.

Au contraire, chacun s’emploie seul. Exemple : Ces livres me coûtent cinq francs chacun. La raison de cette différence, c’est que chaque est un adjectif, tandis que chacun est un pronom.

il était prêt à partir pour aller chez le duc de Savoie: le mot

chez est une préposition qui correspond a l’expression à la maison de. Ce mot s’emploie :

Io. Devant les pronoms. Exemple : Je vais chez moi ; il va chez lui ; elle va chez elle ; nous allons chez nous ; vous allez chez vous ; fis vont chez eux ; elles vont chez elles.

2°. Devant un titre , une profession ou un nom. Exemples : Il était prêt à partir pour aller chez- le duc de Savoie. Mon père est malade, je cours chez le docteur. Où allez-vous ? je vais chez Raymond Duflot.

les larmes aux yeux.

Règle. — Quand en français l’idée de possession est clairement indiquée dans la phrase, on fait usage de V article au lieu de V adjectif possessif. Exemple: La mère de Bayard avait les larmes çlux yeux ; j’ai mal aux dents.

fidèlement : beaucoup d’adverbes se forment par l’addition de la syllabe ment au féminin de l’adjectif. En voici des exemples: —

Adj. mase.

Adj. fém.

Adverbe.

Actif

Active

Activement

Beau

Belle

Bellement

Eaux

Eausse

Faussement

Glorieux

Glorieuoe

Glorieusement

Long

Longue

Longuement

Mutuel

Mutuelle

Mutuellement

Net

Nette

Nettement

Nécessaire

Nécessaire

Nécessairement

Tardif

Tardive

Tardivement

Yif

Vive

Vivement

Complet

Complète

Complètement

Régulier

Régulière

Régulièrement

Vingt-huitième Leçon.

Bayard (fin).

Il serait trop long de rapporter toutes les actions d’éclat qui signalèrent la vie du “chevalier sans peur et sans reproche/’ mais il en faut citer quelques-unes.

Un jour, il sauva l’armée française au pont de Carigliano, en Italie; les ennemis allaient s’emparer de ce pont pour se jeter à l’improviste sur l’armée française. Bayard, qui les vit, dit à son compagnon : “ Allez vite chercher du secours, ou l’armée est perdue. Quant aux ennemis, je tâcherai de leur tenir tête jusqu’à votre retour.” En disant ces mots, le bon chevalier, la lance au poing, alla se poster au bout du pont. Déjà les ennemis allaient passer, mais, comme un lion furieux, Bayard s’élance, frappe à droite et à gauche, et en précipite une partie dans la rivière. Ensuite, il s’adosse à la barrière du pont, de peur d’être attaqué par derrière, et se défend si bien que les ennemis se demandaient si c’était bien un homme. Il combat-

Vingt-huitième Leçon.

bit ainsi jusqu’à l’arrivée du secours. Les ennemis furent chassés et l’armée fut sauvée.

Après une vie remplie de hauts faits, Bayard reçut dans une bataille un coup d’arquebuse au moment où. il protégeait la retraite de l’armée française. Il faillit tomber de son cheval, mais il eut l’énergie de se retenir, et appelant son écuyer: “ Aidez-moi, dit-il, à descendre, et appuyez-moi contre cet arbre, le visage tourné vers les ennemis : jamais je ne leur ai montré le dos, je 11e veux pas commencer en mourant.” Tous ses compagnons d’armes l’entouraient en pleurant, mais lui, leur montrant les ennemis qui arrivaient, leur dit de l’abandonner et de continuer leur retraite.

Bientôt en effet, les ennemis arrivèrent ; mais tous avaient un tel respect pour Bayard qu’ils descendaient de cheval pour le saluer.

A ce moment un prince français, Charles de Bourbon, qui avait trahi son pays et servait contre la France dans l’armée espagnole, s’approcha comme les autres de Bayard : “ Eh ! capitaine Bayard, dit-il, vous que j’ai toujours aimé pour votre grande bravoure et votre loyauté, que j’ai grand pitié de vous voir en cet état! — Ah! pour Dieu, Monseigneur, répondit Bayard, n’ayez point pitié de moi, mais plutôt de vous-même, qui êtes dans les rangs des ennemis et qui combattez à présent votre patrie, au lieu de la servir. Moi, c’est pour ma patrie que je meurs.”

Le duc de Bourbon, confus, s’éloigna sans répliquer.

Peu de temps après, Bayard adressait tout haut à Dieu une dernière prière. La voix expira sur ses lèvres : il était mort. Les ennemis, emportant son corps, lui firent un service solennel, puis le renvoyèrent en France.

Questions.

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