‹ Livre de prièresChapitre 13 sur 57 · LA VANITÉ · texte numérisé non relu

LA VANITÉ

IRE, mon méchant et chétif

esprit appelle ton aïde, il

soupire à la vision de ta grâce; car s’il ne te plaît de l'aider vite, il ne pourra plus bientôt venir à toi. Jai trop d'ennemis, comme tu vois, mon très doux Créateur, par la fureur desquels, gravement frappé et battu et épuisé, je souffre de grandes et graves douleurs.

Mais un, entre les autres, s’efforce toujours de me mettre à mort, même quand tous les autres se sont lassés de moi comme s'ils fussent las. Celui-là qui, plus hardi que tous, me court sus,

c’est la vaine gloire. Non seulement

elle tache les gens dans leurs mauvaises œuvres, mais même dans leurs bonnes œuvres. La vaine gloire les fait choir s'ils n’ont garde; en paraissant faire le bien, elle les fait élever en orgueil, par son mortel conseil, empêche la vertu de garder connaissance -de l'amour de Notre-Seigneur.

Car supposez que l’œuvre que l’on fait soit bonne ; elle n’est plus plaisante à Notre-Seigneur par la vaine gloire qu’on en 2, et qu'est-ce qui peut être plus mauvais que de s’enorgueillir de faire bonne œuvre? Car quand on pense s'élever parle bien qu’on fait, on tombe bas par l’orgueil et la vanité qu’on en a. L’orgueil certes etla vaine gloire gisent naturellement au plus profond de lenfer, l'humilité toujours habite les cieux. Je confesse donc, très bénin Dieu, qu’à cause de ce qui est dit ci-dessus, je suis abattu et mené près de la mort, et brisé dans l'âme, de telle façon que si ta souveraine iniséricorde et pitié ne me veulent se-

courir, je serai damné! Hélas! dolent, hélas! chétif en tout temps et en tout

lieu, combien de chétivités et de misères tu as en ton corps!

ET

CAXARALLEXLX)

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