‹ Livre de prièresChapitre 14 sur 57 · EFFETS DU PÉCHÉ · texte numérisé non relu

EFFETS DU PÉCHÉ

ÉLAS! Sire, que de biens,

< combien de miracles tu as

faits pour moi, pourriture

au-dessus de toute ordure, ver deterre, opprobre non pas seulement des hommes mais de toutes les autres créatures! Et ces grâces, et toi-même, qui pis est, j'ai tout perdu, par mes horribles, vils et déshonnèêtes péchés!

O péché, c’est une chose douce et légère que vous commettre; c’est une chose difficile ét épineuse que vous quitter! Car quand un homme est tombé en grands péchés et a ainsi courroucé notre Sire, il ne peut se relever et retourner vers toi, si toi-même,

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doux Dieu, n’agis, et s'il ne te plaît pas de recommencer chaque fois. Ce qui est cause que beaucoup de gens sont perdus.

Péché, je puis bien vous comparer à la morsure d’un chien enragé; car la plaie est petite mais le venin très grand. Celui qui est mordu enfle premièrement, puis après il sent grande douleur, puis il vient en fièvre et en perd le manger et le boire, puis il vient en frénésie et perd la tête, et enfin mort s’ensuit.

C’est bien ainsi qu'est le péché, car quand on le fait il semble petite chose, mais après il enfle, car à peine existe un péché qu'il en appelle un autre ou le même, se répétant, tout ainsi que l'enflure attire les humeurs du corps.

Après, quand on est enflé, c’est-àdire plein de péchés, alors vient la douleur, c'est-à-dire que les besognes de l’homme sont tout à rebours, qu'il ne peut réussir à rien, ce dont il a tristesse et douleur.

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Après la douleur, il perd le boire et le manger, c’est-à-dire qu'il perd le goût de se confesser, de prier Dieu et de faire tout bien.

Après, s'ensuit la frénésie et la folie, c’est-à-dire qu'il délaisse Dieu, pense qu’il n'y a pas de Dieu, et que les bonnes et mauvaises aventuresarrivent naturellement, sans qu’il y ait rien de Dieu.

Après, s'ensuit la mort, c'est-à-dire la mort du corps et de l'âme.

Sire, mon doux Seigneur, je confesse être mordu de cette morsure enragée, et j'ai eu tous les maux ci-dessus, excepté la négation de toi, faute que, parta douce grâce et miséricorde, tu ne m'as pas laissé commettre.

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