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Pascal, par Ad. HaUfold, I vol. in-8% Paris, Alcan

y a été confiée à un spécialiste, le lieutenant Perrier, dont les observations viennent très heureusement compléter les indications trop brèves du chapitre de Joseph Bertrand sur Pascal géomètre et physicien. Nous y voyons très clairement que si, par son œuvre proprement dite, Pascal n'est que « le premier parmi les seconds d, par la puissance et la capacité du génie il est au tout premier rang des grands savants, et de la race même des Descartes et des Newton*. Quant au travail propre de Hatzfeld, il témoigne, çà et là, peut-être avec quelque excès, d'une double préoccupation. En a soumettant au contrôle des textes les différentes opinions » qui ont cours sur le compte de Pascal, il a été très frappé de Tuaité et de la continuité que lui ont paru présenter la vie et la pensée du grand écrivain ; et c'est cette unité et cette suite qu'il s'est particulièrement efforcé de mettre en lumière. L'idée ne laisse pas d'être assez juste; mais, pour se donner plus complètement raison, n'est-il pas arrivé au biographe d'atténuer un peu ce que nous croyons savoir de « la période mondaine » de la vie de son héros? D'autre part, à l'inverse de

1. Je mentionnerais ici plus longuement les trois articles, d'une érudition aussi trancliante que superficielle, et d'ailleurs erronée, où M. Félix Mathieu (Kevue de Paris des 1" et 15 avril, 1"' mai IDOC), à propos de l'expérience du Puy de Dôme, s'est évertué à convaincre Pascal de plagiat et de faux, si M. Abel Lefrnnc (lievuc bleue des 11 et 18 août, 8 septembre), M. Brunschvicg (Correspondance» (le VUnion pour la vérité^ n" 2), M. Michaut [Revue latine du 25 septembre), M. Duhem {Rcoue générale des sciencesy 15 et 30 septembre : cf. du même écrivain dans la même Revue, 15 juillet 1905, un remarquable article sur le Principe de Pascal) n'avaient pas fait entièrement justice de ces singulières accusations.

M. Souriau, Hatzfeld a cru voir entre les idées des jansénistes et celles de Pascal plus d'oppositions que de ressemblances, et il essaie d'établir l'entière « conformité de Y Apologie à la doctrine de rÉglise ». Dût-on trouver que, sur ce point encore, il exagère quelque peu, il y a lieu de tenir compte de ses observations, qui sont d'un homme très informé des questions religieuses. Et d'ailleurs, si Pascal revenait au monde, lui qui se proposait, au témoignage de Nicole, d'adoucir et d'humaniser la dure doctrine janséniste de la grâce, il est vraisemblable qu'il approuverait mieux cette interprétation que celle de M. Souriau.

Le livre d'Adolphe Hatzfeld fait partie, avonsnous dit, de la Collection des Grands Philosophes. On a, de nos jours, une tendance, parfaitement justifiée, selon nous, à considérer l'auteur des Pensées comme un « grand philosophe », et c'est sans doute pourquoi l'on voit des philosophes de profession s'y appliquer si volontiers. C'est un éminent philosophe, M. Emile Boutroux, qui nous a donné le Pascal de la Collection des Grands Écrivains français, M. Boutroux est, comme l'on sait, l'auteur de remarquables et profondes Études d'histoire de la Philosophie^ et, surtout peut-être, d'un petit livre sur la Contingence des lois de la nature qui a fait date dans l'histoire de la pensée contemporaine. Son livre sur Pascal^ est sorti d'un cours de deux années professé à la Sorbonne, et qui a eu

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